Quartier lointain - Taniguchi - Casterman

13 novembre 2002 0 commentaire
  •   C'est notre fantasme à tous: revenir dans le cocon familial de quand l'on était petit, et retrouver le sentiment de sécurité que l'on pouvait ressentir, protégé par des parents aimants. C'est ce qui vient d'arriver à Hiroshi Nakahara qui, après une nuit de libations, se retrouve à l'âge de 14 ans dans son village natal. Un saut dans le temps de quarante années, qui lui permet de revoir sa mère, décédée depuis 23 ans, et son père, qui disparut mystérieusement cette année-là. Parviendra-t-il à modifier le cours du temps et à l'en empêcher?

Qui n’a jamais rêvé de retourner en enfance ? C’est exactement ce qui arrive à cet homme mûr, qui de retour d’un voyage d’affaires, fait un détour par sa ville natale, pour se recueillir sur la tombe de sa mère.

Il est alors projeté dans le passé, où il revit une journée de son enfance, tout en gardant son caractère et son expérience d’adulte. Pour la première fois, il verra ses parents avec le regard de quelqu’un à même de les comprendre.

Entre nostalgie, souvenirs et magie de la mémoire, les œuvres de Jiro Taniguchi sont toujours des invitations à la rêverie d’une grande sensibilité. Maître du manga, il en détourne les codes pour mieux se rappeler le monde de son enfance, qui constitue le cœur de son inspiration graphique.

Jiro Taniguchi a reçu plusieurs prix d’excellence pour ses œuvres dans son pays. Cet auteur et son univers bien particulier, ont été découverts par Casterman avec "L’homme qui marche" et "Le journal de mon Père".

En 1995, Jirô Taniguchi réalisait les trames de l’album "Tokyô est mon jardin", de Frédéric Boilet et Benoît Peeters. Aujourd’hui, c’est au tour de Boilet de mettre son expérience au service d’une œuvre de Taniguchi. Afin de conserver au mieux l’esprit originel de bande dessinée, Casterman a en effet décidé de confier à l’auteur français, qui vit au Japon, la traduction et la réalisation de l’adaptation graphique du sens de lecture, un travail que ce dernier a eu à cœur de mener en étroite collaboration avec Jirô Taniguchi.

La priorité a été donnée à la lisibilité, mais aussi à la cohérence graphique. Boilet a, dans certains cas, inversé l’ordre des cases, et dans d’autres, pour conserver la dynamique d’un mouvement ou d’une composition graphique, retourné les pages. Soucieux du détail et de l’exactitude du dessin, il a retouché tous les textes japonais qui le nécessitaient pour qu’il apparaissent dans le bon sens, mais aussi tous les boutons de vêtements, emplacements des poches de chemise, des sonnettes sur les vélos, la raie des coiffures, etc. Au finalm, la version occidentale est aussi fluide que la version japonaise.

(par Patrick Albray)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

La nouvelle collection "Ecritures" qui fait à son tour honneur au roman graphique (après la collection "Tohu-Bohu" des Humanos), démarre dans le grandiose avec, d’un côté, "Breakfast after noon", de l’anglais Andi Watson, et ce très beau livre de Taniguchi. Emouvant, sensible et terriblement humain. L’idée est excellente, le traitement remarquable de finesse et de subtilité, et le résultat bouleversant. Les dessins de Taniguchi sont d’une rare élégance, tant dans les personnages, particulièrement réalistes, que dans les décors, souvent sublimes. Un livre magistral, à lire absolument. Et l’on applaudit Frédéric Boilet pour son travail prodigieux d’adaptation !

Lire un extrait

  Un commentaire ?