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Que pense ActuaBD du 39e album, Astérix et le Griffon ?

  • C’était un album très attendu. Surtout de la part des médias qui s’acquittent ainsi, quasi automatiquement, de parler de bande dessinée une fois tous les deux ans en dehors du festival d’Angoulême. Case cochée. Astérix, c’est facile : tout le monde connaît. Des millions de ventes, des traductions en pagaille, un parc d’attraction, des films, des dessins animés, et tout le prestige d’une marque, d’un « produit d’appel » en librairie. Avec ça et le Passe Culture bouffeur de mangas, pour les libraires, c’est Noël avant l’heure. Alléluia, les amis !

Hachette et Albert-René se sont donnés beaucoup de mal à teaser semaine après semaine, là le titre, ici une vignette (qui ne figure d’ailleurs pas dans l’album, bien joué…), là une couverture et nous, les médias, en bonnes pâtes, de suivre le mouvement, parce qu’Astérix c’est notre enfance, c’est notre famille, c’est la fête après la période maussade de la pandémie, et qu’on ne gâche pas une fête.
Alors comment est-elle, cette fête ? Elle tient ses promesses, elle pétille. Le scénario de Jean-Yves Ferri figure parmi les meilleurs, non seulement des derniers cinq titres, mais aussi des précédents albums. Il a acquis le rythme particulier à René Goscinny dont les intrigues sont finement organisées autour des gags. il réussit ici parfaitement la caractérisation de ses personnages, principalement des Amazones qui ne s’en laissent pas conter, clou du spectacle de cet album truffé de jeux de mots et de patronymes aux petits oignons (y croûton). Albert Uderzo a eu le nez fin en recrutant l’auteur de De Gaulle à la plage

Que pense ActuaBD du 39e album, Astérix et le Griffon ?
Jean-Yves Ferri. Repéré par Albert Uderzo.
Photo : Laurent Melikian.

Son récit porte nos héros chez les Sarmates, un peuple à l’Est qui parle avec des « Ǝ » inversés, une sorte de cyrillique avant la lettre. C’est un peuple matriarcal. Ce sont les hommes qui y font le ménage et la cuisine. De son côté, César, abusé par son géographe Terrinconus (un clone de l’écrivain Michel Houellebecq), envoie son armée à la recherche d’un animal inconnu, le Griffon, dont un ancien chroniqueur grec, Trodexès de Collagène (ce n’est qu’un des truculents patronymes de l’album), parle dans une ancienne chronique.

Le centurion Dansonjus. Dans son jus, en effet.
Dessins de Didier Conrad.
De magnifiques paysages de neige.

Le résultat est une aventure parfaitement astérixienne avec ce qu’il faut d’humour, de poésie et de dépaysement. Et sur ce point, Conrad fait merveille. Ses chevaux, dessinés en connaisseur, ses paysages de neige et ses nouveaux personnages qui viennent enrichir un catalogue déjà riche, il tient de mieux en mieux l’univers en mains.

Alors, peut-être que, par nostalgie, vous considérez que les premiers albums restent les meilleurs et vous n’aurez sans doute pas tort, mais Astérix et le griffon a conservé l’étoffe et la magie d’une collection Astérix irremplaçable. Vous pourrez sans rougir le mettre dans votre bibliothèque à côté des autres.

Les dessins du teasing ne figurent pas dans l’album ordinaire.
Cette édition en grand format (26 x 36. 5 cm) de l’album comprend 128 pages, avec dos carré toilé et tranchefile. L’album est en couleurs, complété par l’intégrale des crayonnés originaux, et un dossier de 30 pages avec de nombreux dessins et documents de travail inédits de Jean-Yves Ferri et Didier Conrad.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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11 Messages :
  • Que pense ActuaBD du 39e album, Astérix et le Griffon ?
    21 octobre 17:12, par jacques langlois

    Sacré Pasamonix !

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  • Celui-ci j’ai pu le lire jusqu’au bout. Ce qui n’était pas le cas des 2 précédents.
    C’est bon signe.

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  • Entièrement d’accord, c’est une réussite. Ferri signe un scénario foisonnant et truffé de brillants jeux de mots (les Scythes de voyage, le légionnaire complotiste Fakenius...), Conrad s’écarte imperceptiblement du style Uderzo pour imposer le sien et enrichit magnifiquement ses plans d’ensemble (il a passé deux mois de plus à dessiner cet album et ça se voit). Astérix, privé de potion et un peu moqué par les amazones, reste tout de même héroïque, Obélix rencontre son alter ego féminin, Idéfix découvre que le chien descend du loup, pour la première fois des Romains sont tués (on le devine)... des innovations dans un esprit préservé, la reprise parfaite !

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    • Répondu par rené-louis sauger le 22 octobre à  20:14 :

      Bonjour,
      je viens de lire cet album, et je trouve que le dessin de Conrad est génial. Par contre, je ne comprends pas le scénario. J’ai même l’impression qu’il manque les premières pages, car je ne comprends pas le contexte, que font les Gaulois chez les sarmates, je ne m’attache pas aux personnages, et même une bonne idée, comme le fait que Idéfix sympathise avec les loups, ne suscite pas en moi d’empathie.En fait, les personnages sont posés, mais pas développés. Je dirais même qu’ils sont jetés, mais sans qu’on aie l’idée de s’y attacher. Un bon sujet, mais pas d’histoire.

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      • Répondu le 23 octobre à  09:44 :

        C’est voulu. La page inédite, hommage à Tintin au Tibet, est parue dans la presse au printemps en bande-annonce de l’album. Elle explique la raison du voyage des gaulois au pays des Sarmates.

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      • Répondu le 23 octobre à  10:07 :

        "que font les Gaulois chez les sarmates"

        Réponse page 9.

        La structure fonctionne mieux que celles des scénarios précédents. En revanche, je suis d’accord avec vous, les personnages et leurs relations ne sont pas développés. Il y en a trop pour un 44 planches ce qui donne un ton léger à cette aventure. On survole mais on n’entre pas dans les détails. Dommage.

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  • Que pense ActuaBD du 39e album, Astérix et le Griffon ?
    25 octobre 06:03, par Martial de Calbiac

    Petite frustration... Je n’ai pas vu les pirates... (mais j’ai peut-être lu trop vite). Oui ! Les nouveaux patronymes sont une réussite !

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    • Répondu par PATYDOC le 1er novembre à  07:17 :

      Les pirates apparaissent dans une vignette marrante à la fin !

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  • Bonjour !
    Je n’ai pas du tout apprécié cet album. Quelle déception ! Autant, j’avais aimé "Le papyrus de César" et "Astérix et la transitalique", (déjà beaucoup moins "La fille de Vercingétorix"), autant celui-ci est particulièrement navrant. L’histoire est tirée par les cheveux. Le dessin est assez éloigné de celui d’Uderzo mais plutôt bon. J’ai aussi été agacé par la police de caractère (déjà depuis plusieurs albums) et les E inversés quand le peuple visité par les gaulois s’exprime. Bref, à oublier au plus vite et ne gaspillez votre argent.

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    • Répondu par Lorenzaccio le 8 novembre à  08:59 :

      Bonjour,
      Comme Sébastien, je suis très déçu. J’ai fait confiance à DP et quelques autres critiques de BD présentant ce tome 39 comme le meilleur depuis pas mal de temps. Vu que j’avais bien aimé le Papyrus de César, je me suis dit pourquoi pas ? Mais j’ai eu un mal fou à le lire. Le scénario est navrant et on s’ennuie malgré quelques jolis jeux de mots sur les patronymes en effet et quelques situations assez drôles. Ça ne suffit cependant pas à sauver l’histoire. Les auteurs sont coincés entre ces femmes guerrières qui expliquent que les hommes sont trop nuls pour mener une guerre et la nécessité de garder Astérix comme le moteur de la bagarre avec les romains. Du coup, ça flotte complètement et ça se traîne. Et d’ici à ce que l’on ait droit à un spin-off d’Idéfix, il n’y a pas loin au vu de l’essai de créer une histoire parallèle autour du chiot. Les E retournés n’ont pas beaucoup d’intérêt et le fait que les protagonistes passent leur temps à souligner que les E sont à l’envers (ce qui n’a pas beaucoup de sens pour un échange oral, au passage) est très lourd. A noter la présence de Seccotine parmi les guerrières. Les autres guerrières sont plutôt caricaturales à part leur cheffe (des amazones telles que les rêvent les hommes ?). Ça manque de subtilité. Je regrette fortement cet achat et j’ai la désagréable impression d’avoir été victime d’un bourrage de crâne médiatique. Bref, je me suis fait piéger par la publicité...

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      • Répondu par Lorenzaccio le 14 novembre à  16:21 :

        Ah, et je viens de voir qu’en effet une aventure d’Idéfix vient de sortir. Rien à voir avec les auteurs actuels, juste une coïncidence "au moment de Noël" sans doute mais on voit que l’idée était clairement dans l’air. Je ne me fais pas de souci pour Astérix. Il a beau être mauvais, il s’en est déjà vendu plus d’1 million d’exemplaires, à comparer aux 40.000 exemplaires du Goncourt...

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