Quelques jours en France - Collectif - Casterman

16 novembre 2009 0 commentaire
  • Le tour d'horizon interactif France/Asie orchestré par Casterman et Nicolas Finet se poursuit avec une série d'histoires courtes rassemblant ici auteurs français et coréens. Et devinez qui y parle le plus de l'hexagone ? Les Coréens évidemment.

Un match retour, en quelque sorte. Après la visite d’auteurs français en Corée pour le volume intitulé Corée, et donnant lieu à un album collectif paritaire, voici venir les plumes et pinceaux du Pays du matin calme. Le principe reste identique : créer une BD courte, inspirée d’un séjour en France, réaliste ou fantaisiste.

Côté français, l’inspiration est variée : Vivès (lui arrive-til de dormir ??) livre une fable nocturne quasi-muette, innovant graphiquement une fois de plus ; Max de Radiguès évoque la naissance d’une amitié à la campagne avec beaucoup de finesse et un dessin naïf plutôt radical ; Gabrielle Piquet est à la limite du hors sujet en illustrant un fait divers inspiré du procès d’Outreau, et dessiné d’un trait aérien quasi-transparent ; Anne Simon elle aussi s’appuie sur des faits réels pour relater l’histoire -incroyable aujourd’hui- d’une femme sud-africaine exploitée à Paris au XIXème siècle tel l’Elephant Man de David Lynch.

Quelques jours en France - Collectif - Casterman
Bastien Vivès, dans un récit hypnotique

Les auteurs coréens ont plutôt choisi pour le part de s’appuyer sur des souvenirs de visite avec des saynètes qui respirent l’authentique : Suk Jung-Hyun met en scène une véritable battle France/Corée entre dessinateurs à Montmartre ; Kim Soo-Yong présente un récit similaire ou deux bandes qu’on imagine d’abord prêtes à se démolir mutuellement alternent sur un quai de métro des poses hip hop de haute volée : naïf mais diablement dynamique ; Oh Sé-Young évoque Van Gogh avec des planches aux décors rutilants (comme quoi, même en Asie, on peut s’y intéresser) ; le récit de Lee Hyeon-Sook nous emmène à Versailles, l’occasion de découvrir des prouesses graphiques empreintes de délicatesse exquise mais dont la trame brille par son indigence ; quant à Doha, (Catsby, Romance Killer), il raconte sa (?) rencontre pleine de charme avec un ébéniste dans un petit village pas si éloigné des clichés pour touristes.

Quelques jours en France ne cherche pas le consensus, ni à valoriser des noms reconnus. Ce recueil ambitionne, pour les Français, de mettre en avant de nouveaux auteurs.
Côté asiatique, les visiteurs coréens présents ici font la preuve, une fois de plus, de la grande variété de styles qui existent dans ce pays, et dont les non-initiés n’ont probablement pas idée.

(par David TAUGIS)

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