Quelques jours ensemble - Par Alcante & F. Montgermont - Dupuis (Aire Libre)

15 décembre 2008 1 commentaire
  • {{Alcante}} s’associe avec {{Fanny Montgermont}} pour signer un drame intimiste, une histoire sensible et émouvante. Un jeune trentenaire égocentrique, à qui tout réussit, apprend sur le tard qu’il est le père d’un enfant de treize ans. Ce jeune garçon fera basculer la vie de Xavier qui, jusqu’alors, ne pensait qu’à faire la fête et séduire les femmes.

En août dernier, sur ActuaBD.com, Alcante confiait à Charles-Louis Detournay à propos de Quelques jours ensemble : « Cette histoire met en scène Xavier, un jeune patron d’une PME dans l’infographie, qui apprend l’existence de son fils caché Julien, un garçon de 13 ans. Sacré choc, d’autant plus que celui-ci est atteint d’une maladie génétique dégénérative, la progéria, qui lui donne l’aspect d’un vieillard de 75 ans ! ».

Xavier est obligé de s’occuper de son fils car sa mère, son ancienne maîtresse, est atteinte d’une maladie lourde qui l’oblige à être hospitalisée pendant quelques jours. Xavier n’avait jamais envisagé la paternité. Il est abasourdi par cette nouvelle et ne considère pas Julien comme son fils. Il continue à vaquer à ses occupations quotidiennes, laissant à sa petite amie prodiguer des soins à Julien.

« Toute l’histoire se joue entre Xavier qui est un fêtard invétéré aimant être le centre de toutes les attentions, et sa rencontre forcée avec ce fils qui, d’un certain point de vue, a beaucoup plus de maturité que lui continue Alcante. Ils n’ont rien en commun… si ce n’est que l’un est le père de l’autre. ». Xavier prend peu à peu conscience de la gravité de l’état de santé de l’enfant. Les patients atteints de la progéria ont le cœur qui lâche généralement vers quatorze ou quinze ans. Xavier et Julien vont apprendre à s’apprivoiser, prenant conscience des peurs et des désirs de l’autre.

Scénariste de Pandora Box et de Jason Brice, Alcante signe ici une histoire linéaire et simple, d’une efficacité redoutable. Le lecteur est rapidement happé par le destin de cet enfant, confronté à l’absence de son père, à son rejet par celui-ci, ayant à subir l’état de santé de sa mère en plus de sa propre maladie. L’émotion atteint le lecteur en quelques pages. La thématique et ses ingrédients sont maniés avec une maîtrise extrême qui en fait une œuvre forte. La simplicité est dit-on l’une des choses les plus difficiles à atteindre dans la bande dessinée. Rares sont les BD qui arrachent une larme. Quelques Jours Ensemble en fait partie.

Ce livre doit évidemment beaucoup au talent de dessinatrice et d’aquarelliste de Fanny Montgermont [1]. Elle joue formidablement du contraste physique entre le père, aux traits d’adolescent vieilli, vaguement androgyne, et son enfant aussi frippé qu’un vieillard. Ses mises en couleur directe à l’aquarelle sont d’une tonalité peu lumineuse, comme pour faire écho à la gravité du propos.

Une réussite !

(par Nicolas Anspach)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Lire une interview d’Alcante : "Van Hamme est pour moi le Ronaldinho du scénario" (Août 2008)

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[1Elle avait signé auparavant « Elle » aux éditions Paquet.

 
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