Ragemoor, le grand retour de Richard Corben et Jan Strnad

11 février 2014 18 commentaires
  • Delirium continue son formidable travail de publication des œuvres de Corben en France. Après [l'excellente anthologie de ses récits pour Eerie et Creepy->art15679], voici la publication d'un inédit qui signe le grand retour de Corben et de Jan Strnad, son scénariste-fétiche, dans un récit horrifique magistral.

Le château de Ragemoor est un lieu maudit, perché sur un rocher escarpé, dans les entrailles duquel des forces obscures se tiennent en respect dans un équilibre de terreur.

Le châtelain, Machlan Ragemoor, semble pris de folie, vivant nu parmi une société de babouins dans la jungle inextricable qui entoure le château. Son fils Herbert essaie tant bien que mal de maintenir l’héritage à l’aide d’un vieux majordome, Bodrick, qui connaît bien des secrets de la sombre bâtisse. Ce lieu terrifiant reçoit la visite de l’oncle du jeune homme, un escroc libidineux qui voit dans la folie de son frère l’occasion de faire main basse sur un château et sa propriété qui recèle potentiellement d’infinies richesses. Il est accompagné d’une magnifique créature qu’il fait passer pour sa fille, la ravissante Anoria, en réalité une catin aussi cupide que lui, dont Herbert tombe irrémédiablement amoureux.

Ragemoor, le grand retour de Richard Corben et Jan Strnad
Ragemoor par Strnad & Corben - Traduction de François Truchaud - Ed. Delirium
(c) Richard Corben & Jan Strnad

La trame est en place : le château de Ragemoore peut déployer ses maléfices dans un récit à la Edgar Allan Poe mâtiné de Lovecraft. À 74 ans, Richard Corben a conservé toute sa maîtrise. Naguère, il confectionnait lui-même ses films, agrémentant ses sélections couleurs de retouches au ben-day, ce qui fait de ses éditions originales des princeps irremplaçables. Aujourd’hui, l’outil informatique lui permet de d’élaborer des glacis de gris veloutés qui construisent un décor proprement organique, au sein duquel ses personnages (pour lesquels il utilise souvent des modèles qu’il photographie et qu’il réinterprète en leur enlevant tout effet de réalisme) évoluent péniblement, pétris d’une indicible terreur.

Ragemoor par Strnad & Corben - Traduction de François Truchaud - Ed. Delirium
(c) Richard Corben & Jan Strnad

Il n’y a pas une échappatoire dans le récit de Jan Strand. Ses récitatifs rythment les séquences comme les stances d’un oracle et les dialogues sont rares et hachés : le lecteur en a le souffle court. On remarquera au passage l’excellent travail de traduction-adaptation de François Truchaud qui signe par ailleurs la préface.

L’ouvrage se termine par une rarissime interview croisée entre les deux auteurs où ils expliquent leurs intentions, tout en rapportant quelques précieux renseignements sur leur biographie.

Ragemoor par Strnad & Corben - Traduction de François Truchaud - Ed. Delirium
(c) Richard Corben & Jan Strnad

Pourquoi Corben, auteur majeur de ces trente dernières années, n’est-il pas élu au Grand Prix d’Angoulême ? Sans doute parce que, comme les membres d’une certaine Académie, ses électeurs sont composés de gens "qui-n’y-connaissent-rien".

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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18 Messages :
  • Ragemoor, le grand retour de Richard Corben et Jan Strnad
    11 février 2014 09:49, par Jean-Luc Cornette

    Richard Corben faisait bel et bien partie de la liste des auteurs éligibles pour le grand prix du FIBD d’Angoulême cette année, et je pense pouvoir dire que nous sommes nombreux (mais pas suffisamment hélas) à avoir voté pour lui au premier tour.

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  • Ragemoor, le grand retour de Richard Corben et Jan Strnad
    11 février 2014 09:49, par Laurent Queyssi

    Euh, Corben était dans la liste. J’ai voté pour lui au premier tour...

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    • Répondu par Oncle Francois le 11 février 2014 à  13:09 :

      Oui, c’est vrai, il l’était pour cette année, mais il n’a pas fait partie des gagnants du tiercé. C’est dommage, il aurait mérité au moins un prix pour un de ses livres. Il convient de rappeler que Richard Corben fut publié par chez nous dans les pages d’Actuel première série (ses premiers travaux undergroundeux), mais aussi dans les Creepy et Vampirella versions françaises (là, il s’agit de matériel Warren, principalement de l’horreur, mais aussi un peu de SF ou d’heroic-fantasy.

      Monsieur Corben (rien que le nom en impose... certains utilisent même l’adjectif corbenoïde) doit une partie de sa renommée dans notre beau pays par le travail de Fershid Bharucha, qui le publia dans les pages de L’écho des savanes spécial USA, et dans de multiples maisons d’éditions sous forme de compilations (triton, Neptune, etc). Mais le fait important reste sa participation à notre Métal Hurlant national. Il y est publié en couleurs dés le premier numéro, à l’époque il partage ce privilège avec Moebius. Pour les deux premiers numéros, il s’agit de traductions d’histoires parues aux Etats Unis dans des comix (donc sexe, violence et défonce, dans la grande tradition californienne, San Francisco apparaissant comme la Mecque du genre ; d’ailleurs les mecs en question y allaient nombreux). Mais dans le numéro 3 apparait un culturiste nudiste bien membré qui fera longtemps parler de lui : Den en personne. Je crois qu’il s’agissait d’une demande spécifique de Monsieur Dionnet qui avait commandé à Corben une BD à suivre pour son magnifique magazine.

      Tout cela ne nous rajeunit pas, mes bons amis. Monsieur Corben a du fermer sa propre maison d’édition Fantagor, mais il a depuis travaillé pour Marvel, DC, Dark Horse. C’était la minute internationale et pédagogique de François Pincemi !

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  • Ragemoor, le grand retour de Richard Corben et Jan Strnad
    12 février 2014 14:23, par Stephane Beaujean

    Didier, contrairement à ce qui est affirmé dans ton article, Richard Corben était bien dans la liste des 25 auteurs éligibles au titre de Grand Prix cette année. Je l’y ai moi même inscrit. Il a reçu moins de vote que Watterson, Otomo et Moore, mais tout de même, il en a reçu un paquet.

    Et pour ton information, il ne se déplacera pas à Angoulême pour le moment. Il n’a plus envie de voyager. En tous cas c’est sa réponse à mon invitation de septembre dernier.
    Cordialement
    Stéphane

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 12 février 2014 à  16:13 :

      Mon article n’affirme pas que Corben n’est pas dans la liste des nominés, contrairement à ce que tu prétends. Cette erreur a été corrigée par nos correcteurs dans les deux minutes qui ont suivi la publication de l’article. Ne fais pas semblant que tu n’as pas vu cette correction.

      Ainsi, c’est donc Stéphane Beaujean dans le secret de son petit bureau qui fait les listes, qui a rajouté Corben ? Bravo, cela méritait d’être écrit, on comprend mieux comment ça marche, maintenant.

      Puisque Corben ne vient plus, on le retire, alors ? On remet Posy Simmonds qui était là l’année d’avant ? (T’énerves pas, j’ai vérifié ce coup-ci) Ou on a là la liste immuable pour les 25 prochaines années, Cosey et Edika garantis d’être élus pour leur 90e anniversaire ?

      Quels sont les critères d’éligibilité des Grands Prix ? Sont-ils ou non "monétisés" (contre une participation, une prise de stand,...) en amont avec les éditeurs ? La notoriété prime-t-elle sur la qualité ? Si c’est cette dernière, sur quels critères ? Je pense que les auteurs votants ont le droit de savoir : toute élection se fait sur un programme... Les autres partenaires aussi, pour qu’ils arrêtent de s’illusionner sur un palmarès qui serait joué d’avance.

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      • Répondu par Geraud le 12 février 2014 à  18:44 :

        Salut,

        Là, va falloir des précisions.

        Je lis :

        dans l’article :

        Pourquoi Corben, auteur majeur de ces trente dernières années, n’est-il pas dans la liste des 25 candidats éligibles au Grand Prix d’Angoulême ?

        dans la réponse de Stephane Beaujean :

        Didier, contrairement à ce qui est affirmé dans ton article, Richard Corben était bien dans la liste des 25 auteurs éligibles au titre de Grand Prix cette année.

        dans la réponse suivante de Didier Pasamonik :

        Mon article n’affirme pas que Corben n’est pas dans la liste des nominés, contrairement à ce que tu prétends. Cette erreur a été corrigée par nos correcteurs dans les deux minutes qui ont suivi la publication de l’article.

        ... Ca surprend un peu.

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        • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 12 février 2014 à  18:52 :

          Vous avez raison. Il y a eu comme un bug, là. C’est corrigé.

          Cela m’oblige à manger mon chapeau sur ce point et je dois des excuses à Stéphane Beaujean. Dont acte.

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      • Répondu par Stephane Beaujean le 13 février 2014 à  06:36 :

        Cette liste est le fruit de la concertation entre les trois membres du comité de programmation et l’académie des Grands Prix. Corben, par exemple, est un des artistes que j’ai défendus. Bill Watterson aussi, si tu veux savoir.

        Quant à la venue des Grands Prix ou non, ça ne rentre pas en ligne de compte dans notre sélection. Un Grand Prix, à partir du moment où il ne parle pas français, ne pourra de toute manière pas diriger le jury. Ouvrir sur l’étranger obligeait naturellement à un changement de statut. Evidemment, on peut critiquer cette envie de s’internationaliser. Comme tout choix de direction artistique, il va fatalement faire des mécontents. Ici ceux qui veulent une incarnation au mieux Française, au pire francophone, du Festival.

        Pour Posy Simmonds, on l’a retiré car elle était dernière du suffrage l’année d’avant. Nous retirons chaque année de cette liste le Grand Prix élu, les auteurs qui nous demandent de ne plus les inscrire pour motif personnel, et les deux auteurs qui ont reçu le moins de suffrage.

        Cette liste reflète la direction artistique du Festival, son programme pour la défense de la bande dessinée. C’est donc forcément une liste subjective, et donc critiquable.

        En espérant avoir répondu à tes questions
        Cordialement
        Stéphane

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  • Ragemoor, le grand retour de Richard Corben et Jan Strnad
    13 février 2014 18:38, par laplume occulte

    Corben grand prix à Angoulême ?Sûr que ça aurait de l’allure !Et ce serait une suite logique à l’élection de spiegelman et Crumb à ce même grand prix.Peut être même une nécessité.Comme un juste et salutaire retour de balancier.Un rééquilibrage.Avec celui qu’une foultitude considère comme le vrai pape de l’underground !En inlassable démiurge de la vraie contre-culture.Celle honteuse et sale , montrée du doigt,pleine de sang,de muscles ,de sueur ,d’épée et de gros nichons. En face:les éructations fanzineuses sexo-shootées façon publications d’ étudiants temporairement en rébellion contre papa sont on ne peut plus dans les clous du culturellement correct.

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    • Répondu par la plume occulte le 14 février 2014 à  12:37 :

      Corben modelait aussi des figurines qu’il utilisait comme référence en plus de ses modèles photos.

      Corben est grand:quelques liens à partager pour le confirmer.

      Une interview :http://www.planetebd.com/interview/richard-corben/333.html.

      Des heures de réjouissances en perspective :http://berniewrightson.fr/corbenaccueil.html

      Cliquer sur "liens" à droite.

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      • Répondu par Michel Dartay le 15 février 2014 à  20:03 :

        On trouvera également de nombreuses infos utiles en googlisant corbenstudios.com et muuta.net

        Maintenant, une grande partie (mais pas tout !) de l’oeuvre de Corben a été traduite en français depuis bientôt quarante ans. Certes, ces albums sont épuisés, mais je ne me souviens pas que Corben ait jamais récolté un prix à Angou. Et si ça se trouve, aucun de ses albums n’a d’ailleurs jamais figuré sur la fameuse liste.

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  • Ragemoor, le grand retour de Richard Corben et Jan Strnad
    22 février 2014 14:01, par la plume occulte

    Le fait que l’insolence du talent de Corben n’est été que peu ou pas mis en avant par le très officiel festival d’Angoulême -comme justement fait remarquer par le commentaire de Michel Dartay plus haut- est la plus belle preuve que le dit Corben ,est bien le prince de la dépravée contre-culture.

    Il n’empêche,et avec Angoulême on n’est plus à une contradiction près : c’est un lourd oubli à réparer.

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    • Répondu par Alex le 23 février 2014 à  22:46 :

      J’aime la formulation de votre message : Corben, prince de la contre-culture. Trop souvent Corben est homonyme d’Underground, alors qu’il ne le fut pas. Il fréquenta certes les artistes de cette époque mais ne fit jamais partie du "mouvement" Underground. Comme Bodé il navigua entre les expériences d’auto-production et les publications mainstream. Contre-culture, c’était le mot approprié.

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      • Répondu par la plume occulte le 24 février 2014 à  11:04 :

        La vraie question est :qu’est-ce que l’underground ?Parce que comme pour le rock,ça va être touffu à étalonner !

        Pour vous qu’elle serait une définition acceptable ?

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        • Répondu par Alex le 24 février 2014 à  23:15 :

          Je peux en effet essayer de vous en donner ma définition, mais cela n’engage que moi bien sûr. Je considère l’Underground (en bandes dessinées) comme un mouvement créatif historique. Par historique je veux dire un mouvement qui fut pleinement actif sur une période déterminée (1968-1972), lié principalement à un lieu géographique (San Francisco) et marqué par le climat social et politique. La guerre du Vietnam créait son lot quotidien de victimes et d’horreurs et chaque cartoonist de cette génération était un conscrit. Il ne faut pas l’oublier, car cela définit l’urgence des récits, la transgression des thèmes, et le graphisme détournant les poncifs de l’Americana (Crumb, The Air Pirates...) ou revisitant les graveurs de la Renaissance (Justin Green, Bill Griffith...) Quelque chose était sérieusement faux et tronqué dans le discours ambiant officiel pour tous ces candidats à l’abattoir.

          C’est aussi une époque où le "business" change. Il semble incroyable de lire de nos jours que l’idée de la vente directe via la librairie de comics vient de cette époque. C’est le regretté Gary Arlington, décédé il y a quelques semaines, qui ouvrit le premier comic-book store sur le continent américain (et devancé de quelques mois seulement par la Hollande pour devenir la première librairie de bd au monde !) C’est au "San Francisco Comic Book Company", tenu par ce fan de EC Comics que se rencontraient les jeunes Crumb, Spiegelmann, Spain (tiens, tiens EC Comics...Kurtzman, ou les récits d’horreur schizophrènes)

          Dans les thèmes abordés également on voit apparaître des expériences de création sans précédent : Art Spiegelmann qui à cette époque expérimentait avec le médium avec une créativité sans contrainte ("La bd qui réfléchit sur elle-même ? Ce doit être une blague Colonel !!!"). Ou Justin Green qui créa le premier récit autobiographique en bd- combien de récits de ce genre furent publiés cette année ? Qu’on me le rappelle à l’occasion.

          Limité, l’Underground le fut dans le temps. Pas simplement par la fermeture des Head Shops où ces comix étaient distribués, mais par sa popularité grandissante et par la surproduction de copies malhabiles (ça vous est arrivé des expériences de déjà-vu ?)

          En ce qui concerne Corben, aucun diminutif de ma part. Jamais, que des superlatifs ! Mais il ne me paraît pas appartenir à l’Underground, même s’il en a utilisé les réseaux. Il n’est jamais pro-drogue, bien au contraire, (voir Métal Hurlant 1). Il est plus un disciple de l’école Warren à mon avis. Il mène ses récits selon une tradition très classique. Allez, je vais peut-être dire une bêtise du coup, mais j’improvise : je trouve que Corben reprend là où Frazetta nous laissa. Ces corps difformes, sur-musculeux dans des positions exacerbées. Et comme chez Frazetta, pas de turn-back : on progresse, dans le bruit et la fureur ! C’est un immense Artiste, un vrai créateur de mondes.

          L’Underground était aussi, et beaucoup, un système économique. Il a cessé d’exister comme modèle viable. Et ps : je n’ai pas le temps dans l’immédiat de me lancer dans le débat, mais "indé" n’est pas "underground". C’est une autre histoire, à suivre...

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          • Répondu par la plume occulte le 26 février 2014 à  17:30 :

            Merci d’avoir prit la peine d’esquisser une définition de cette "grosse nébuleuse"appelée underground ,où on trouve à boire et à manger,tout et son contraire et, pas mal de récupération.Vous en donnez une définition factuelle et stricte,mais d’autres visions circulent qui placent Corben ,au final, comme véritable "pape de l’underground".On peut légitimement en discuter.Et ça nous mènerait loin.

            Vous signalez justement que c’est " une époque où le business change" et que "l’underground était aussi, et beaucoup, un système économique. Une des appréhensions du mouvement underground est que : c’est la professionnalisation de l’amateurisme ,avec le passage de fanzines "bricolés" au statut de "prozine".Sans les compétences de gestion et autres expertises commerciales .Ce qui en aura fait un géant monté en graine au pied d’argile.L’expérimentation libre et la créativité sans contrainte apparente comme le" style "n’étant que le fruit des carences techniques de talents qui se construisaient.Le tout mâtiné d’utopie versant dans la potacheries tardives ,d’asociaux complexés revanchards.

            C’est radical comme vision pour le coup !!

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            • Répondu par Alex le 26 février 2014 à  22:46 :

              Vous avez raison, mon interprétation est factuelle. Je me place d’un point de vue historique et strictement l’Undergound est mort de tout ses mauvais succédanés en 1972. Mais si strict je n’entends pas l’être : c’est vrai que Corben fut une grande inspiration pour Crumb et Cie, il avait outre son talent une volonté bien affirmée pour s’auto-publier. Sûr que ça a fonctionné comme validation pour nombres d’auteurs. C’est véritablement une époque charnière où les données changent : distribution directe, comic-book shops. Dans une interview de plus de 20 ans sur le tcj Shary Flenniken (Air Pirates Funnies) se souvient de comment ils avaient pensé à distribuer leur comix par ballon dirigeable !!! Ridicule bien entendu, mais le credo de l’Underground était aussi d’apporter "l’art et la culture aux masses via les arts populaires". Votre dernière ligne est amusante et en partie valide pour une certaine partie de la production liée à l’humour mais ne témoigne pas de l’angoisse réelle de toute une génération de conscrits, candidats à l’abattoir Vietnamien. La bd autobiographique est née de là, de cette peur de disparaitre sans laisser de traces, sans avoir raconter son histoire (elle aussi douloureuse cf "Binky Brown" par Justin Green). Ce pas de géant dans l’inconnu se marie mal avec l’adjectif "potache".

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              • Répondu par la plume occulte le 27 février 2014 à  15:21 :

                Juste un peu de provocation affectueuse guère plus.L’underground est plus important et plus grand que les petites cases-et ici le terme prend tout son sens-où les récupérateurs veulent l’enfermer !

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