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Rangaku - T1 - Enoch & di Vincenzo - Les Humanoïdes Associés

25 février 2007 0 Albums par François Peneaud
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  • Le Japon s'est refermé sur lui-même. Seuls les Hollandais y font encore commerce en ce milieu du XVIIème siècle. L'amitié naissante entre un samouraï et un médecin occidental va les emmener sur les traces d'un assassin aux mobiles mystérieux.

Le statut d’outsider dans une société fermée est toujours intéressant, narrativement parlant. Le personnage de Hendrik Van Effen, chirurgien hollandais curieux de tout, fait partie de cette catégorie, qui présente l’avantage d’offrir un identifiant au lecteur ainsi qu’une clé narrative pour pénétrer les arcanes de ce Japon replié sur ses terres.
Le scénariste Luca Enoch (Morgana avec Mario Alberti) a eu en plus l’excellente idée de lui adjoindre Takeda Kenshin, un samouraï vieillissant et désabusé avec qui le « démon roux », comme le perçoivent les Japonais superstitieux, devient ami. Le meurtre du neveu de Kenshin pour lequel est soupçonné Van Effen les lie encore plus : Kenshin se porte garant de l’étranger, mais doit, pour regagner son honneur, se suicider. Le Hollandais décide alors de mener l’enquête pour sauver la vie de son ami.

Rangaku - T1 - Enoch & di Vincenzo - Les Humanoïdes Associés

La plongée dans le Nagasaki de l’époque est tout à fait convaincante, et la peinture que nous en offre le dessinateur Maurizio di Vincenzo est dans la tradition d’un dessin européen détaillé et réaliste, au trait fin et à la narration solide. Particularité du style de Di Vincenzo : une grande partie des visages qu’il dessine sont dotés de sourcils en pointe et de sourires qui les font ressembler à l’Homme qui Rit de Hugo - ou au Joker des comics de Batman, selon les références de chacun.

Le scénariste insiste dès le début sur le contexte culturel de l’intrigue, que ce soit celui de la société japonaise et de ses mœurs (des visites dans le quartier des plaisirs éclairent le lecteur sur celles-ci), ou celui de l’interdit formel de la pratique des religions chrétiennes. Et l’on sait ce qu’il advient quand une pratique, quelle qu’elle soit, est formellement interdite...

En mêlant portraits bien croqués de personnages et problématiques sociétales, les auteurs de ce premier volume de la série Rangaku [1] proposent un album à la fois divertissant et intelligent. Un très bon ajout à la collection de polars historiques des Humanos.

(par François Peneaud)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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[1Ce terme désigne les « connaissances hollandaises » acquises par le Japon pendant cette période d’isolation.

 
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