Ratafia, T.4 : Dans des coinstots bizarres - Pothier & Salsedo - Treize Etrange

17 janvier 2008 3
  • Aventures et douzième degré toujours au menu de ce tome 4. Pour ados ricaneurs et amateurs de clins d'yeux à gogo.

Tout va mal sur le navire de nos aventuriers quelque peu ridicules : le capitaine a sombré dans le coma, et deux marins sont aux fers. La priorité : réveiller le Chef, puisque c’est le seul à connaître l’emplacement du trésor... Parmi l’équipage, la lutte commence pour devenir calife à la place du calife...

Énergie, humour décalé et bon enfant, voilà le programme de la série Ratafia. Destinée avant tout aux ados, elle n’aura aucun mal à séduire leurs aînés, surtout s’ils apprécient les tirades à la Kaamelott. Si ce volume n’en fait pas des tonnes dans les anachronismes, les auteurs parviennent tout de même à citer sournoisement du Bernard Lavilliers page 37.

Certes, l’intrigue finit par n’avoir aucune importance, tellement le rythme de la série reste basé sur les dialogues en folie. Mais le punch dégagé par cette bande de fous du voguant suffit à maintenir l’intérêt. Ratafia, T.4 : Dans des coinstots bizarres - Pothier & Salsedo - Treize Etrange
Pour les amateurs, l’éditeur a sorti un coffret regroupant les 4 premiers tomes de la série.

(par David TAUGIS)

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3 Messages :
  • Toujours très amusant de lire les critiques d’albums humoristiques. Le critique est démuni. On peut gloser sur les intentions nobles des récits romanesques profonds, les ambitions littéraires ou une vocation humaniste mais dès que c’est de l’humour , on replonge dans les formules approximatives " humour décalé, douzième degré... "

    D’abord c’est quoi l’humour décalé ? Il y a toujours décalage. Un humour pas décalé c’est quoi ? Un humour droit ?! Juste ?! Dans les normes ? Comprends pas.
    Douzième degré ?! Cette série raconte des histoires amusantes avec une belle observation, un regard sur le pouvoir, les rapports de force, la quête des humains, le ridicule de nos actes , notre galère en somme. C’est bien écrit, ça joue avec des références( dans la grande tradition Goscinny) ; ça ajoute à la lecture mais ça n’est toutefois pas indispensable, plusieurs niveaux de lecture donc.
    Il y a une bonne humeur et en même temps une mélancolie dans les portraits. Le dessin est original et expressif. Que demander de plus ?

    Comme pour le cinéma et dans une autre mesure le théâtre, si c’est rigolo on ne peut que l’expédier même si on apprécie. On peut négliger d’en faire une lecture approfondie puisque l’auteur lui-même fait preuve de légèreté.

    A ce compte-là , vous seriez passés au-dessus du marsupilami et des schtroumpfs. Pas grand chose à en dire sauf si la bande dessinée a un succès important. On se doit alors de rendre compte du phénomène social, la réussite. Ce qui est juste sympathique devient alors riche, incontournable.

    Le critique , dont j’imagine le désarroi, est pris au dépourvu. Il aurait écrit de longs compte-rendus sur Murnau et Pabst mais n’aurait dit mot de Chaplin et de Laurel& Hardy. Loin de moi l’idée de remettre en cause le talent de ces grands créateurs ou d’établir une quelconque échelle de valeurs mais je suis un peu déçu pour les auteurs eux-même, ceux qui jouent dans la catégorie "clown"... j’ai le même sentiment quand on accueille Benoît Poelvoorde avec respect dès lors qu’il a tourné dans un film dramatique. On a donné un césar à Coluche quand il a joué dans Tchao Pantin, la liste est longue...

    Pour signaler l’existence d’un album intéressant( je veux dire par là un livre qui traite avec plus ou moins de finesse d’un sujet sensible genre les banlieues, la guerre , le racisme, l’inceste) , le critique se serait peut-être fendu d’une interview pour approfondir la démarche, peaufiner la perception, aiguiser la vision.
    Mais pour un album comique, surtout si le succès est relatif, quelle idée ! Allons , soyons sérieux.

    je trouve dommage que vous tombiez dans ce travers .

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    • Répondu par ActuaBD le 21 janvier 2008 à  12:01 :

      Nous demandons à l’internaute qui cite (trop) longuement Deproges de reposter son avis en ne gardant de la citation qu’une douzaine de lignes.

      Au-delà de cette mesure, nous devons en effet payer des droits à l’éditeur et nous n’en avons pas le budget.

      Merci de votre compréhension.

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    • Répondu le 21 janvier 2008 à  12:43 :

      Tout à fait d’accord avec Sergio.

      Dans l’ensemble, la critique de bande dessinée est relativement pauvre, tant au niveau de son vocabulaire que de son analyse technique… Bien souvent cela se résume à des "j’aime / j’aime pas", "un très bon scénario", "un excellent dessin", etc.

      Mais la misère de la critique apparaît de manière encore plus flagrante quand il s’agit de parler de cette bande dessinée qui, en apparence, "n’a pas d’autre ambition que celle de nous faire rire" (pour reprendre cette lamentable sentence vilipendée par l’immense Pierre Desproges que je vous invite à lire ICI).

      Le rire est sans doute l’émotion la plus difficile à déclencher en bande dessinée, au cinéma, au théâtre, etc., car elle réclame la plus grande exigence de la part des auteurs et ne permet pas l’approximation. La critique se doit donc d’être tout aussi exigente. C’est un minimum si l’on veut retranscrire et communiquer aux autres ce moment jubilatoire (sauf bien sûr, si l’on vise à faire rire en enfilant les lieux communs comme d’autres enfilent des perles).

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