Re:Zero - Premier arc T1 & T2 - Par Tappei Nagatsuki & Daichi Matsuse - Ototo

20 mai 2017 0 commentaire
  • Nouvelle adaptation d’un light novel à la mode, qu’est-ce que « Re:Zero » a de nouveau ou d’intéressant à nous offrir ? Un déroulement qui a brillamment assimilé les codes du « visual novel », donnant lieu à l’un des plus grands succès « animé » de l’année 2016 ! Alors que vaut son adaptation manga ?

Spécialisés dans les adaptations manga de light novel [1] ayant donné lieu à des animés à succès, c’est assez logiquement que les éditions Ototo nous propose le grand phénomène du genre de l’année 2016, à savoir, de son titre complet : Re:Zero – Re:Life in a different world from zero !

Re:Zero - Premier arc T1 & T2 - Par Tappei Nagatsuki & Daichi Matsuse - Ototo

Débuté en 2014, Re:Zero est un light novel écrit par Tappei Nagatsuki et illustré par Shinichirou Otsuka, publié chez Media Factory (groupe Kadokawa). Le titre compte pour l’heure onze tomes auxquels s’ajoutent quelques autres livres annexes et d’histoires courtes. Notons que le light novel arrivera en France le 15 juin prochain aux éditions Ofelbe.

Ont suivi assez rapidement les adaptations manga et une série d’animation diffusée entre avril et septembre 2016. En France, la série fut diffusée sur Crunchyroll et reçut un accueil similaire en devenant l’un des plus gros succès de la plateforme de streaming.

Rien n’est plus simple que le pitch de Re:Zero : Subaru Natsuki, lycéen de 18 ans habitué à sécher les cours, se retrouve sans prévenir dans un monde d’heroic-fantasy, alors qu’il revenait des courses d’une supérette.

Notre héros se présente !
© Daichi Matsuse 2014 © Tappei Nagatsuki 2014 KADOKAWA CORPORATION

Notre jeune héros, amateur de jeux vidéo, de mangas et d’animés, n’est guère perturbé et se montre même enthousiaste : il a hâte de rencontrer l’incontournable jolie jeune fille qui l’a invoqué afin sauver le monde et avec qui il connaîtra l’amour !

Malheureusement la réalité va se révéler un plus compliquée même s’il se trouve bien à l’aube d’une grande aventure en rencontrant Émilia, une jeune fille aux longs cheveux d’argent, à qui il va s’empresser d’apporter son aide dans la recherche d’un objet précieux… et cela jusqu’à ce qu’ils se fassent tuer tous les deux !

Puis retour au point de départ pour Subaru et la découverte du pouvoir qu’il a acquis : la mort réversible » qui lui permet après la mort de revenir à un moment donné du passé, afin de « faire mieux ».

Typique du jeu vidéo et du système de point de sauvegarde, le processus développement dans Re:Zero au sens narratif fait plus précisément écho à une catégorie de jeu vidéo typiquement japonais : le visual novel.

Et ce n’est que le début !
© Daichi Matsuse 2014 © Tappei Nagatsuki 2014 KADOKAWA CORPORATION

Le visual novel, rappelons-le, s’apparente à un livre multimédia numérique interactif : il s’agit de lire un texte s’affichant sur des illustrations plus ou moins animées, accompagnées de musique. La plupart des visual novels offrent des choix au lecteur qui aboutissent en cas d’erreur à un Game Over.

Le lecteur n’a alors qu’à repartir d’une sauvegarde pour trouver le choix correct qui lui a échappé. C’est sur ce principe qu’est bâtie la mécanique des arcs narratifs de Re:Zero : trouver les bonnes décisions ou comportements à adopter au moment propice.

Et ces deux tomes forment le premier arc de l’œuvre, Une journée à la capitale, dans lequel Subaru va devoir résoudre l’affaire du vol de l’emblème d’Émilia puis du massacre du repaire du recéleur : d’abord en comprenant qui en est les acteurs puis en trouvant comment sauver tout le monde.

Trois grandes qualités nous semblent s’imposer sur Re:Zero, jouant un rôle certain dans le succès de cette œuvre qui a su nous aussi nous attraper et rapidement nous fasciner.

L’incident fondateur de toute cette aventure !
© Daichi Matsuse 2014 © Tappei Nagatsuki 2014 KADOKAWA CORPORATION

Tout d’abord la dimension « enquête », avec un héros jouant à la fois le rôle de victime et de détective. Et comme toute histoire de ce genre, le lecteur se trouve à égalité pour lui-aussi monter sa théorie sur le crime et la manière de le résoudre, lorgnant parfois du côté du jeu « Point et Click » lorsqu’il s’agit de trouver une utilisation décisive d’un objet ou d’une information anodins.

Le second point fort de la série repose sur une histoire de longue haleine, conçue et préparée à l’avance, avec des arcs s’articulant naturellement entre eux, chacun constituant une étape précise. Ainsi le premier arc, et contrairement à ce qui se fait généralement, ne forme pas une histoire qui se suffit en elle-même, et laisse presque toutes les questions ouvertes, le récit se focalisant dans l’urgence de résoudre le crime du jour.

Enfin il y a son héros, positif et énergique, un peu facétieux, qui conscience d’être dans un récit « cliché », joue avec cette connaissance afin de faire avancer ses « affaires », amusant du même coup le lecteur. Un procédé « meta » plutôt courant de nos jours mais qui fonctionne généralement bien, comme c’est le cas ici.

Sur la partie graphique de cette adaptation, réalisée par Daichi Matsuse, le travail est typique du genre « adaptation de light novel ». Sans être très détaillé, son dessin clair et net saisit bien les scènes et les personnages, avec suffisamment de variété dans les cadres et de dynamisme dans sa narration pour que ça se lise bien et plutôt agréablement.

Avec son univers bien ficelé, ses personnages qui s’impose rapidement en termes de sympathie ou de charisme, comme Elsa la psychopathe, et un principe de narration qui permet de prendre régulièrement le lecteur à contre-pied, parfois avec des idées simples, Re:Zero apparaît assez clairement comme un titre à suivre !

Une tueuse psychopathe bien difficile à vaincre.
© Daichi Matsuse 2014 © Tappei Nagatsuki 2014 KADOKAWA CORPORATION

(par Guillaume Boutet)

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Re:Zero - Premier arc : Une journée à la capitale T1 & T2. Par Tappei Nagatsuki (auteur original), Daichi Matsuse (dessin) & Shinichirou Otsuka (design original). Traduction Yoan Giraud. Ototo, collection "Shônen". Sortie le 21 avril 2017 & le 19 mai 2017. 160 pages & 172 pages. 6,99 euros.

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[1Petits romans publiés en feuilleton illustrés formellement très simples et très populaires, notamment auprès du jeune public.

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