Reconquêtes T1 : La Horde des vivants – Par Miville-Deschênes & Runberg – Le Lombard

8 août 2011 1
  • Dans une fresque historique documentée et subtile, [François Miville-Deschênes->12152] et [Sylvain Runberg->10064] explorent des civilisations peu connues, les peuples scythes, hittites et babyloniens dans une série où l’Histoire se mêle aux mythes fondateurs de notre culture.

Rien n’est plus passionnant, pour un scénariste féru d’histoire comme Sylvain Runberg que l’aube des civilisations : le manque d’information historique tangible confronté à des évocations mythologiques aux développements fantastiques laisse des ouvertures scénaristiques dans lesquelles il s’engouffre avec volupté.

Quelles sont ces mystérieuses populations venues des steppes d’Asie centrale qui poussent trois peuples nomades qui d’ordinaire se faisaient la guerre à former une « alliance scythe » face à un tel péril ?

Quelles sont les intentions de l’empire voisin de Babylone qui envoie un observateur pour mieux évaluer une situation géo-stratégique qui les inquiète ? Telle est la mécanique de cette série passionnante.

Le trait méticuleux de François Miville-Deschênes qui s’inscrit dans une lignée de dessin naturaliste qui va de Paul Cuvelier (celui d’Epoxy dont l’influence est patente) à Jacques Martin, jusqu’à Jean-Yves Mitton, donne un souffle épique non dénué de sensualité à cette saga qui mérite vraiment le détour.
Son apport est fondamental, en particulier dans la restitution particulièrement documentée des décors, des costumes et du bestiaire de ces peuples qui ont fondé notre culture, un travail unique en son genre.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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Lire notre interview du dessinateur (Août 2011)

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1 Message :
  • Assez d’accord avec cette critique, (quel dessin !) à un détail prêt : et ce sera une des comparaisons possibles avec Mitton en dehors de l’aspect purement graphique : il s’agit bien entendu des détails "croustillants" mettant en scène des corps dénudés torturés ou eviscérés. Je ne goûte pas trop Mitton pour cela dans ses "oeuvres" traitant de l’antiquité (On nous dira que l’antiquité était barbare, cruelle, violente...moui, cela doit-il être LE facteur de réalisme d’une histoire ?) Mais là.. même si certaines scènes ne sont pas loin parfois d’atteindre les mêmes limites,le dosage est plus "doux", donc plus buvable. Ce qui fait de "Reconquêtes" un album beaucoup plus intéressant et lisible que .. "Vae victis" ou "Chroniques barbares" par exemple.
    Le scénario est de plus suffisamment intelligent et complexe pour garder toute notre attention.

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