Reflets - T1 - Marco Corona - Coconino Press/Vertige Graphic

12 septembre 2006 0 commentaire
  • Un kangourou boxeur qui sert de madeleine de Proust, et nous voilà partis pour un touchant voyage dans la mémoire d'une femme seule.

Si une bonne partie des albums de Coconino Press présentent un style graphique dépouillé, le Reflets de l’Italien Marco Corona, prévu sur trois albums, suit une toute autre voie, avec une utilisation poussée de hachures, sans ombres et presque sans aplats noirs, et une stylisation plus ou moins importante. Certains visages sont croqués en quelques traits, d’autres rappellent des dessins de Daumier dans le soin apporté à la peinture de leur laideur très humaine. Ajoutez à cela une narration très simple et régulière, entre deux et six cases, loin des expérimentations graphiques de certains artistes publiés par le même éditeur, et vous obtenez un album qui retient l’attention dès le premier coup d’œil.
Reflets - T1 - Marco Corona - Coconino Press/Vertige Graphic
La lecture ne déçoit d’ailleurs pas : une femme d’un certain âge, seule avec ses chats, reçoit l’habituelle carte de Noël de son globe-trotter de frère, cette fois-ci représentant un kangourou boxeur (le frère est en Australie), et replonge dans ses souvenirs d’enfance. Le frère était alors cloué sur un lit d’hôpital, et leur mère perdait la tête. Heureusement que leur grand-mère s’occupait d’eux...
Nul misérabilisme pourtant, dans cette histoire qui pourrait faire pleurer les chaumières. L’auteur trouve un ton légèrement détaché, qui vient en partie de la narration à la première personne par la petite fille - et non par la femme d’âge mûr.

Cette nouvelle série de Marco Corona, dont les lecteurs français avaient pu lire deux albums chez Rackham, il y a quelques années, prouve que la veine intimiste a encore de beaux jours devant elle, que ce soit visuellement ou thématiquement.

(par François Peneaud)

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