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Régine Tillieux : "Je pense que mon père n’était pas conscient d’être un des grands scénaristes de BD de son époque."

Par Thierry Lemaire le 13 mai 2011                      Lien  
L'exposition Tillieux à la galerie Maghen à Paris a été l'occasion de rencontrer Régine Tillieux, l'une des deux filles du créateur de Gil Jourdan. Et d'en savoir un peu plus sur l'homme qui fit les beaux jours des éditions Dupuis.

Après avoir retracé sa carrière et son influence, décrit la biographie qui lui est consacrée, intéressons-nous maintenant un peu plus à l’homme grâce à Régine Tillieux, l’une des deux filles de l’artiste, son mari Alain Buntinx et le concepteur de l’ouvrage, Vincent Odin dans une conversation à bâtons rompus.

Est-ce que vous savez comment le goût du dessin est venu à Maurice Tillieux ?

RT : Je ne saurais vous dire vraiment. En tout cas, c’était quelqu’un qui avait des possibilités artistiques. Il avait été au conservatoire. Sa maman l’y avait inscrit, mais lui il préférait jouer du jazz. Il jouait très bien du jazz au piano. Il a écrit des romans policiers. Il a fait une copie d’un tableau de Picasso que je trouvais très réussie. Bon, après, il a tiré à la carabine dessus parce que sa mère n’en voulait plus (rires). Il était aussi très habile de ses mains. Il pouvait tailler dans du bois. Il réparait tout.

VO : Ce qui est drôle, c’est que ce côté bricoleur, on le retrouve dans ses planches originales. Elles ont été très travaillées. Elles ont été coupées, il y a de la gouache, des papiers collés. On voit tout le travail qui est fourni.

AB : Dans l’exposition à la galerie Maghen, il y a une planche de Marc Jaguar où chaque case a été découpée et la page est reconstituée comme un puzzle.

Régine Tillieux : "Je pense que mon père n'était pas conscient d'être un des grands scénaristes de BD de son époque."
Alain Buntinx, Régine Tillieux et Daniel Maghen couvés des yeux par Gil Jourdan
(c) Jean-Marc Pau

D’ailleurs, comment travaillait-il ? C’était chez vous ?

RT : Oui, il avait une pièce qu’il appelait son atelier. Il travaillait à partir de l’après-midi jusque dans la nuit. On essayait de le déranger le moins possible mais il ne s’enfermait pas à double tour. Il ne recherchait pas particulièrement le silence, et écoutait la radio en dessinant. C’est d’ailleurs ma madeleine de Proust car tous mes goûts musicaux viennent de la musique qu’écoutait mon père en travaillant. Yves Montand, Charles Trénet, Frank Sinatra, et puis le jazz, Ella Fitzgerald

Il y a beaucoup de détails réels dans ses BD. C’était important pour lui cette touche de réalisme ?

RT : Il avait énormément d’images dans la tête. Il a beaucoup voyagé en France. Au début, il ne prenait jamais de photos. Il était dans son atelier et il imaginait. Parce que les lecteurs étaient plutôt des enfants de 9-10 ans qui ne tenaient pas grand compte de la précision et du réalisme. Mais après, des adultes ont commencé à lire de la bande dessinée. Il recevait des lettres qui soulignaient les erreurs. Et ça ne lui plaisait pas. Alors il a commencé à prendre des photos. Ça l’avait piqué au vif. Et inversement, je ne sais plus exactement dans quel album, il avait placé une affiche de Cinzano. Et bien il a reçu une petite caisse de Cinzano pour le remercier de la publicité (rires).

AB : Pour en revenir aux images, c’est vrai qu’il y a des choses qui marquent les gens. Je pense en particulier à un Félix qui est La Disparition de Monsieur Noble, avec tous les squelettes qu’on voit dans l’album. Il avait été gamin avec ses parents du côté de Bordeaux où il semble qu’y ait une crypte où on voit justement des squelettes. Et il a rapporté des photos de ça. Et bien je suis convaincu, même s’il ne me l’a jamais dit, qu’il a été influencé par ce qu’il avait vu enfant.

RT : D’ailleurs, sur sa table de travail trônait une tête de mort en plâtre. Mais il avait aussi deux fémurs qu’il avait été piquer dans un cimetière.

Une partie de l’exposition à la galerie Maghen

Dans le recueil, Tillieux dit qu’avant de connaître le succès, il était considéré comme « le dernier des derniers » par sa famille. Est-ce que vous savez s’il en concevait une certaine amertume ?

RT : Je dois mettre un petit bémol. Le dernier des derniers, c’était un peu exagéré, et en tout cas, pas par ses parents. Mais pour le reste de la famille, il le recevait comme ça. Il avait une cousine professeur de français, une belle-sœur avocate, mariée à un avocat, etc. Je pense qu’il n’avait pas tout à fait tort, même si ça n’a jamais été dit. Malheureusement, il est décédé alors qu’il commençait à être un peu connu. Mais moi, j’en ai une grande amertume, parce que justement il ne l’a jamais su.

En lisant les Gil Jourdan, on a l’impression que Maurice Tillieux était quelqu’un qui aimait plaisanter, qui aimait la vie.

RT : Tout à fait, c’était quelqu’un de très sociable, très agréable, très joyeux. Par rapport à la question précédente, je dois souligner qu’il était très aimé dans sa famille. Lui aimait tout le monde, il ne critiquait jamais. Il faut dire qu’il était très taiseux.

AB : Je ne pense pas qu’on lui connaisse des ennemis.

RT : Il n’a critiqué qu’une seule personne dans son attitude, c’est Hergé. Parce qu’il a été très mal reçu par lui. Ça, je le sais parce qu’il l’a dit à la maison.

AB : Ils se sont vus à New York au début des années 70, lors d’une convention. Il y a tout un avion qui est parti avec des dessinateurs franco-belges.

VC : Il disait aussi qu’il avait une telle admiration pour Hergé qu’il était paralysé et n’osait pas aller vers lui.

RT : Il a été déçu parce que Hergé l’a pris un peu de haut. Et lui, il était tellement admiratif. Ils ne se sont pas compris à mon avis.

L’extérieur de la galerie sur les quais de Seine

Et avec les auteurs Dupuis comment ça se passait ? Dans un gag de César et Ernestine, il représente Morris, Delporte, Goscinny, Peyo, etc. On a l’impression qu’il y a une grande tendresse entre eux. C’était la réalité ?

RT : Il y avait un petit noyau d’auteurs qui étaient devenus à la fin vraiment des copains. Au début, ce n’était pas ça, à cause de l’éditeur qui portait Franquin aux nues. Mais après ça s’est tassé. Il y avait un noyau avec Franquin, Roba, Peyo et Will qui était son grand copain. Morris un peu moins. Il était un peu à part. Ce n’était pas un rigolo. Tandis que les autres, c’était le même genre de déconneurs.

La planche de César et Ernestine. Amusez-vous à reconnaître les auteurs

Est-ce qu’il était conscient qu’il était à un moment un des grands scénaristes de la BD franco-belge avec Goscinny, Greg et Charlier ?

RT : J’espère mais je n’en suis pas persuadée. Parce que c’était trop tôt. Les scénaristes n’étaient pas vraiment considérés. Non, je pense qu’il n’en était pas conscient.

Sa reconnaissance a été posthume.

RT : Oui, c’est pour ça que je suis mal à l’aise. Jusqu’à présent, je n’avais pas accepté les projets comme celui conçu par Vincent parce que j’avais l’amertume que ça arrivait trop tard. Mais bon, c’est comme ça. Mes enfants n’ont pas ce genre de problème. Ils sont contents de voir ce qu’a fait leur grand-père.

Vincent Odin, Régine Tillieux, Daniel Maghen et Didier Pasamonik toujours sous les bons auspices de Gil Jourdan
(c) Jean-Marc Pau

Avec votre sœur, vous conservez les archives qui restent de votre père. Y a-t-il une chance d’avoir un inédit de Maurice Tillieux ?

AB : Il a eu semble-t-il, au moment de son décès, le projet de relancer Gil Jourdan. Il avait probablement des idées, mais pas un scénario. C’est d’ailleurs la première chose qu’on est venue nous demander. Roland Goossens [dont le pseudonyme est Gos], qui dessinait Gil Jourdan à l’époque, a demandé s’il n’y avait pas quelque chose en chantier. Mais d’ailleurs, le scénario du dernier Gil Jourdan dessiné par Goossens [Entre deux eaux] n’était pas achevé. Il l’a terminé seul, d’une manière un peu abrupte.

RT : Mais d’ailleurs, quand il faisait des scénarios pour lui, c’était très succinct. C’était beaucoup dans sa tête. Il se mettait devant sa place, il commençait son découpage, mais il n’y avait rien d’écrit. Il était bien sûr obligé d’être très précis quand il travaillait pour d’autres dessinateurs.

VO : C’est ce qu’il dit dans ses interviews. Dans son histoire, il a quelques clous. Il sait comment ça va finir, il a pensé à quelques cascades qu’il veut mettre.

AB : On a un document recto verso où il y a plein de graffiti. Et c’est la somme de ses idées pour Sur la piste d’un 33 tours.

VO : Il y a quelques Gil Jourdan qui lui sont venus avec une image. Pour L’enfer de Xique-Xique, il voulait dessiner un camion qui chute dans un ravin et toute l’histoire est créée pour mettre cette planche-là.

Contrairement à d’autres séries, Gil Jourdan n’a jamais connu de reprise. Qu’en est-il aujourd’hui ?

RT : Ce n’est pas d’actualité. Le dessin ça ne pose pas de problèmes [c’est Gos qui a dessiné les quatre derniers albums de Gil Jourdan], mais le scénario, je ne vois pas très bien. Ça ne serait plus du Tillieux. Non, on n’en parle pas.

(par Thierry Lemaire)

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17 Messages :
  • Les auteurs visibles sur la planche de César :

    en 2e case Peyo

    en 4e case Jidéhem, Franquin, Morris, Fournier

    en 5e case Roba, Goscinny, Delporte

    en 6e case Deliège, Macherot, Francis, Hubinon

    en 7e case Devos

    en 8e case Morris (mais pas certain)

    on reconnaît également :

    en 1e et 2e cases un Schtroumpf

    en 2e et 3e cases Skip (personnage du Gant à 3 doigts)

    en 5e case Boule

    Allez voir aussi la très belle exposition Gil Jourdan à La Maison de la Bande Dessinée à Bruxelles !

    fd

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    • Répondu par Marcusbrody le 13 mai 2011 à  14:07 :

      et en case 7 Spirou !

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    • Répondu par Denis le 15 mai 2011 à  11:45 :

      en 8e case Morris (mais pas certain)

      Il me semble qu’il y a aussi Walthery avec Morris

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    • Répondu par montron le 25 décembre 2019 à  17:47 :

      Petite erreur dans les n°s de cases : Skip est dans les 3e et 4e cases
      (et non 2e et 3e cases) et c’est un personnage des Trois Taches (et non du Gant à 3 doigts - mais le chiffre 3 est bon).

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  • Je devine qu’avec Régine Tillieux, on est à la source de l’inspiration des deux personnages féminins principaux de l’oeuvre de Maurice Tillieux : Ernestine (dans César) et Queue-de-Cerise dans Gil Jourdan. Quoi qu’il en soit, je la remercie de ne pas avoir donné le feu vert à d’inutiles prolongations de formidables aventures de Gil Jourdan. Petite question pour finir : aura t’on maintenant enfin droit à une véritable intégrale des Félix ?

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    • Répondu par joel le 13 mai 2011 à  19:46 :

      je crois que Walthéry a l’accord pour dessiner un scénar de jaguar ou félix que tillieux n’avais jamais dessiné.

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      • Répondu par Oncle Francois le 13 mai 2011 à  22:12 :

        Cher Joël, merci pour ce commentaire très intéressant !! J’ignorais totalement cette possibilité réelle ! Car après tout, on a retrouvé des inédits d’albums complets de Messieurs Pichard et Pratt, des années après leur décès !! Peut-être s’agirait-il de la seconde aventure de Marc Jaguar "Les camions du diable", interrompue après huit pages de publication de Risque-Tout vers 1957 (ah, nostalgie !! j’étais alors un charmant gamin en culottes courtes !°). Si ce projet se concrétise, cela confirmerait mon hypothèse personnelle selon laquelle les oeuvres des grands auteurs leur survivent. A l’opposé de celles des faiseurs d’instantanéité sensationnaliste, branchée dans le quotidien réel et la mode de l’année qui, passée la hype du moment relayée par des journalistes ayant découvert la BD depuis dix ans au maximum et des jurys de prix BD élitistes, ombrageux de leur propres branchitude nombriliste, qui vont sombrer dans l’oubli, si tôt l’année écoulée.

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    • Répondu par francois d le 13 mai 2011 à  22:38 :

      Je devine qu’avec Régine Tillieux, on est à la source de l’inspiration des deux personnages féminins principaux de l’oeuvre de Maurice Tillieux : Ernestine (dans César)

      Je ne le pense pas ! Dans l’interview de Tillieux publiée dans les Cahiers de la BD (n°34) en 1977, ce dernier précise qu’il s’est inspiré de sa fille cadette (Anne) qui avait 3 ans à l’époque de la création de César, soit en 1959.

      fd

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      • Répondu par Oncle Francois le 14 mai 2011 à  09:55 :

        Merci pour cette précision, Monsieur Denayer : je n’avais pas pris le temps de vérifier, mais en tout cas, vous ne renierez pas un air de famille certain ! Le soeurs se ressemblent entre elles, comme elles ressemblent aussi à leur mère. J’irai bientôt admirer votre expo Tillieux à Bruxelles. Avez vous édité une petite plaquette ? Cordialement

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  • Je m’étonne que personne ne l’ait relevé, mais Régine Tilleux, c’est Queue de Cerise !!

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    • Répondu le 17 mai 2011 à  02:29 :

      Bah lisez le commentaire d’oncle françois du 13 mai ci-dessus :

      "Je devine qu’avec Régine Tillieux, on est à la source de l’inspiration des deux personnages féminins principaux de l’oeuvre de Maurice Tillieux : Ernestine (dans César) et Queue-de-Cerise"

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  • Moi, en revanche, je suis assez déçu sur un point qui, à mes yeux, est également capital en termes de « Mémoire » et je tenais a le faire savoir auprès de la famille.
    En effet, d’après les informations répandues dans ses diverses biographies, Maurice Tillieux reposerait au cimetière communal d’Auderghem. Souhaitant me rendre sur sa tombe, j’ai envoyé un mail au responsable du cimetière pour en connaître l’emplacement exact. Qu’elle ne fut pas ma surprise de sa réponse, je cite : « Monsieur, j’ai le regret de vous annoncer que cette tombe n’existe plus, la concession prise en 1978 était pour une période de 10 ans ». Interloqué, je lui demande davantage de précisions, à savoir s’il s’agissait-il d’une concession temporaire ( et translation des restes dans un autre cimetière ) ou bien simplement d’une reprise de concession liée au non-renouvellement de celle-ci. Nouvelle réponse du responsable du cimetière, je cite : « Il s’agit bien d’une reprise de concession, elle n’a pas été renouvelée en temps utile ». Je pensais, bien évidemment, davantage à une translation des restes de M. Tillieux au cimetière de Huy ( sa ville natale ) plutôt qu’à une reprise pure et simple de la concession surtout pour le motif invoqué après seulement 10 ans !? Voilà, je tenais simplement à vous faire partager ma fâcheuse surprise quant au sort réservé aux restes d’une personnalité comme M. Tillieux.

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    • Répondu par Fr. Levigan le 12 juillet 2012 à  20:08 :

      C’est lamentable. Il est regrettable que la disparition de Tillieux n’ait pas donne naissance a une fondation, comme dans le cas de Jacobs...

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      • Répondu par Cristiano Fandango le 13 juillet 2012 à  12:51 :

        Oui et c’est d’autant plus lamentable que la famille héritière, qui pourtant semble motivée, depuis quelques années, à exploiter disons plus activement le fond paternel, n’aurait pas fait — visiblement — le nécessaire à temps pour renouveler, ne serait-ce que par devoir moral — et c’est un minimum — ( surtout au bout de 10 ans seulement après le décès ) la concession funéraire de la sépulture de leur père qui plus est, se trouve être aussi une personnalité du 9e Art. L’absence d’une Fondation est également regrettable, car elle aurait contribué à valoriser, sauvegarder et pérenniser l’oeuvre de celui qui est considéré comme l’un des grands auteurs de la Bande Dessinée franco-belge d’après-guerres.

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        • Répondu par Christian CADOPPI le 13 juillet 2012 à  18:44 :

          Oui, tout à fait d’accord avec vous, et comment ne pas être choqué et indigné ! Où se trouvent ici les valeurs : Dignité, respect, honneur et devoir ? Je suis particulièrement sensible à cela et c’est la raison pour laquelle je suis peiné de l’extirpation, après une décennie, de la tombe de M. Tillieux. Les cimetières restent le lieu suprême du recueillement, du souvenir, mais aussi le lieu pour matérialiser les hommages. Et ici l’aspect « mémoire » est perdu avec la disparition prématurée de la sépulture de M. Tillieux. Bref, un événement qui donnera, je pense, à réfléchir en son âme et conscience…

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          • Répondu par LC le 13 juillet 2012 à  20:12 :

            Les cimetières restent le lieu suprême du recueillement, du souvenir

            Non, les cimetières ne sont que de tristes jardins sans âmes. Le lieu suprême du recueillement et du souvenir c’est le cœur des gens qui vous ont aimé.

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            • Répondu par Christian CADOPPI le 13 juillet 2012 à  22:31 :

              LC a écrit : « Non, les cimetières ne sont que de tristes jardins sans âmes ».

              Non pas forcément ! C’est une vision tronquée des choses ou une question de point de vue pour ne pas vous être désagréable. D’ailleurs il existe des définitions plus poétiques que la vôtre, comme par exemple : « les Jardins du Souvenir » ou bien « Les jardins du repos éternel ». Certes, on peut toujours s’amuser à philosopher, mais je vous répondrais surtout ceci : la subjectivité est partout présente et elle constitue même une caractéristique propre à l’être humain.

              LC a écrit : « Le lieu suprême du recueillement et du souvenir c’est le cœur des gens qui vous ont aimé ».

              Oui, c’est aussi cela, bien sûr ! Mais l’un n’empêche pas l’autre ; et on peut établir ce parallèle avec le lieu ou repose le défunt. Et puis pour d’autres, plus attachés au site et au symbole, c’est ce lieu qui inspira davantage le recueillement. Mais visiblement vous n’aimez guère les gestes commémoratifs symboliques ! Bref, des valeurs et des usages, visiblement, diamétralement opposés aux vôtres.
              Pourtant, il n’est nullement question de vouloir sanctifier ce lieu. Mais pourquoi alors vouloir briser ces valeurs ?
              De toute façon, cela ne change rien au problème de fond et je crois que nul ne parviendra à convaincre l’autre, n’est-ce pas ? Mais votre opinion vous appartient. Remarquez, la vérité est comme le soleil : elle fait tout voir, mais ne se laisse pas regarder en face !

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PAR Thierry Lemaire  
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