Régis Loisel en colère contre le Festival d’Angoulême

10 décembre 2003 0 commentaire
  • Incroyable! Le soir même de la conférence de presse tenue par le Festival International de la BD, à Paris, au Musée de l'Homme, Régis Loisel confie à la Charente Libre qu'il n'a pas été invité au lancement d'un 31ème Festival dont il est pourtant le président.

« Je ne suis pas à Paris ce soir car je n’ai pas été invité, dit-il au journaliste Stéphane Vacchiani de la Charente Libre du mercredi 10 décembre. Personne du festival d’Angoulême ne m’a joint pour cette conférence de presse, ni pour m’informer ni pour me proposer un billet d’avion ou en parler. J’ai reçu un carton la semaine dernière comme tout un chacun. »

Il ajoute : « Je n’ai plus aucun contact avec le festival depuis mon retour au Canada le 17 juin ! Je n’ai même pas eu un écho, ni favorable, ni défavorable, depuis que je leur ai livré l’affiche ! Et dans le pré-programme, je ne vois rien qui soit inspiré de mes propositions ». Rarement un président aura porté des griefs aussi sévères au Festival. Jean-Marc Thévenet se défend, dit qu’on lui a envoyé des mails. Souligne que ce président est dans la même position que ses prédécesseurs : « Le festival assure une grande partie de la programmation. D’autant que lui est au Canada et qu’il ne voulait pas être contacté avant septembre. » Effectivement, après une année où le président François Schuiten s’était montré particulièrement exigeant, la distance a du permettre à l’équipe du Festival de faire les choses à sa façon.

Jean-Marc Thévenet déplore que le dessinateur le prenne aussi mal. Le dessinateur de Peter Pan est quand même interloqué. A la question de savoir s’il sera effectivement présent au Festival fin janvier, Loisel répond, non sans ironie : « Je viendrai si je suis invité. »

Régis Loisel en colère contre le Festival d'Angoulême
Lors de la présentation du programme
L’équipe de Groland, le pays (?) invité cette année.

Hier soir, dans les couloirs du Musée de l’Homme, les maîtres du Festival s’étaient bien gardé de raconter leur mésaventure. Le raidissement n’était pas que du côté de l’artiste. Il était visible aussi sur l’estrade. Développant ses grands projets de redéploiement du Festival « hors des murs d’Angoulême », Jean-Marc Thévenet se tourne vers le maire de la ville, Philippe Mottet, et lui dit : « J’aimerais vous convaincre, monsieur le maire ». Le moins que l’on puisse dire, c’est que celui-ci n’avait pas l’air convaincu.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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