Rencontres croisées : pour 2014, les jeunes auteurs de BD gardent de l’espoir

1er janvier 2014 9 commentaires
  • Le libraire dépressif de Salma et Libon ("Animal Lecteur" chez Dupuis) a été soulagé d'apprendre par le Rapport Ratier que la production de la BD a enfin baissé en France (-7%). Mais quand il saura que, dans l'ombre, de jeunes pousses s'apprêtent à éclore, il va une fois de plus s'affoler. C'est pourtant peut-être là que se trouvent les talents de demain. Rencontre croisée entre trois jeunes auteurs de BD, d'un genre et d'horizons complètement différents, qui se sont révélés en 2013.

Ahn Zhe est le pseudonyme de Tse-Wei Tu. Né à Taïpei dans l’île de Taïwan en 1985, il fait des études de graphisme avant de travailler dans une société où il fait du graphisme, de l’illustration et storyboard. À ses heures perdues, il réalise des bandes dessinées et cherche à les faire publier.

Pas facile : les éditeurs taïwanais lui réclament de suivre le style dominant leur marché : les mangas japonais. Son dessin ne cadrant pas vraiment avec la demande (il ressort plutôt des influences underground et son inclination pour les objets et le mode de vie du passé ne portent pas ses goûts vers la SF), il a vraiment du mal à être publié dans son pays. Son travail est publié dans des collectifs ou chez des très petits éditeurs. Ni Hong Kong, ni la Chine continentale, ni même la Corée où il remporte le second prix dans un concours de figurines au Festival International de BD et d’animation de Séoul, ne sont des vrais débouchés pour un jeune artiste taïwanais.

Rencontres croisées : pour 2014, les jeunes auteurs de BD gardent de l'espoir
Dessin de Ahn Zhe
(c) Hahn Zhe

Alors il regarde du côté de l’Europe... Il connaît les travaux de Moebius, de Nicolas de Crecy qu’il a découverts au Salon du Livre de Taïpei. Ce qu’il aime dans la bande dessinée européenne, c’est sa grande variété de styles et de sujets. On y est moins formaté que dans les pays des mangas et les comics. Comme pour le cinéma français, il en apprécie le rythme caractéristique d’une narration qui permet vraiment à l’auteur de déployer ses intentions artistiques.

Son premier voyage au pays de la bande dessinée, il le fait à Angoulême, invité par la Délégation de Taïpei à Paris, participant au concours Jeunes Talents dans lequel il termine dans les 20 derniers finalistes en janvier 2013. En mars de la même année, il remporte le Premier Prix au concours de la 22e édition du festival international de la bande dessinée de Lucerne, Fumetto, en Suisse, un des hauts lieux de la bande dessinée alternative en Europe, pour sa bande dessinée The Gift. Quelques mois plus tard, en septembre, il est invité au Festival de la BD de Bruxelles. On le reverra peut-être à Angoulême, fin janvier.

Ahn Zhe au Festival de Bruxelles en septembre 2013.

Il a un projet de bande dessinée dans les cartons : l’histoire d’un petit garçon qui a perdu son sourire. Un homme le retrouve et refuse de le lui rendre... C’est un récit pour enfant. Il comporte une centaine de pages élégantes et poétiques. Les éditeurs intéressés peuvent contacter la rédaction d’ActuaBD en laissant un message au bas de cette article ou en le contactant en anglais directement sur son site (voir la fin de l’article).

Bande dessinée de Ahn Zhe, "The Gift", premier prix au Festival Fumetto à Luzern
(c) Ahn Zhe

Raconter des histoires...

Violette Vaïsse est née à Saint-Cloud (région parisienne). Elle a vécu douze ans au Maroc et se sent davantage casablancaise que parisienne. "À Casablanca, il n’y a pas du tout de BD. Les gens ne savent pas ce que c’est. À seize ans, en autodidacte, j’avais commencé une petite BD qui faisait rire ma famille, mes amis et, de fil en aiguille, j’ai continué parce que cela les faisait rire. Je n’ai jamais vraiment lu de BD, cela ne m’avait jamais vraiment passionnée. Finalement, j’en ai fait 120 pages. J’aimais beaucoup faire cela alors que je n’en avais pas lues tellement, mais cela me plaisait terriblement le fait de mêler le dessin, que j’ai toujours aimé, et l’écriture : raconter quelque chose, faire rire les gens, surtout voir les réactions des autres, une fois qu’ils ont lu votre texte... Comme c’était une BD autobiographique, les gens se reconnaissaient et ils m’ont donc poussée à continuer... "

Une page de bande dessinée de Violette Vaïsse
DR

L’étape suivante, c’est après le bac. Violette envisage d’aborder des études artistiques mais pas d’étudier la bande dessinée : "C’est trop restreint, ça va pas le faire", pense-t-elle. Et c’est pourtant ce qu’elle choisit de faire finalement : "Parce que c’était comme une évidence !" Et comme il fallait faire une école... : "C’était moi qui avait besoin de cela, ce n’est pas mes parents qui m’auraient dit de faire une école de bande dessinée ! Mais à 18 ans, qu’est-ce qu’on sait ? On a envie de faire les choses mais on ne sait pas de quelle manière. J’avais tenté les Arts Déco à Strasbourg sans obtenir le concours d’entrée, parce que c’est extrêmement difficile. J’avais aussi Saint-Luc à Bruxelles dans mes choix d’école, j’ai fait leur concours qui, de toute manière, était en septembre et cela a marché. Je ne savais pas du tout en allant dans cette école dans quoi j’allais me retrouver, et ça a été génial !"

Une page de bande dessinée de Violette Vaïsse
DR

Face à elle, dans cette école de Bruxelles fondée en 1968 et qui a révélé bon nombre de grands noms de la bande dessinée comme François Schuiten, Philippe Francq, le dessinateur de Largo Winch, ou Frédéric Bézian, Violette Vaïsse a comme profs :Thierry Van Hasselt, Denis Larue et Éric Lambé, le gratin de l’avant-garde belge, mais aussi Marc Sevrin, Philippe de Pierpont, Cédric Manche...

Comme lectrice de romans graphiques, elle connaissait un peu L’Association, mais pas du tout Frémok ou Dominique Goblet, qu’elle découvre en arrivant en Belgique. "Je ne connaissais pas grand chose, en fait. Pour moi, Thierry Van Hasselt, lorsque j’arrive là-bas, c’était juste un professeur... Et leurs conseils à tous m’ont toujours parus très pertinents."

Aujourd’hui, son parcours scolaire est fini et elle a plein de projets qui attendent des éditeurs. Mais comment se faire connaître ? Elle s’inscrit, comme Ahn Zhe, au concours du festival international Fumetto à Luzern, en Suisse, une manifestation créée en 1992, un festival "purement culturel dénué d’ambition commerciale", connu pour son exigence artistique. Le festival présente les artistes "les plus influents et les plus innovants des dernières années, ainsi que les tendances qui se dessinent pour l’avenir."

Sa caractéristique est d’inscrire sa programmation aux convergences de différents domaines artistiques : bande dessinée, arts plastiques, installation, théâtre, peinture, performances, illustration, graphisme, art urbain, animation... dans une optique avant-gardiste. En 2013, Violette Vaïse propose un projet et emporte le troisième prix ! "C’est impressionnant de voir son travail exposé en grande dimension et de le voir lu par des milliers de gens."

Ahn Zhe et Violette Vaïsse, respectivement 1er et 3e Prix du concours du Festival Fumetto de Luzern en 2013 devant le stand du collectif Jean Guichon éditeur, composé essentiellement d’anciens étudiants de Saint-Luc.

Quelle attitude face à l’avenir ? "Si on n’a pas d’espoir, on ne fait rien. Il faut absolument être motivé et avoir de l’espoir car c’est comme cela que cela va marcher ! Avec d’autres artistes, nous avons monté un groupe : Jean Guichon éditeur, un collectif qui regroupe les travaux d’entre dix et vingt créateurs sortis de Saint-Luc et qui publie des fanzines."

La voie de l’autodidacte

Né à Pont-à-Mousson près de Nancy, le 4 septembre 1987, Mikl Mayer est complètement autodidacte. "J’ai toujours aimé l’écriture et le dessin, et la bande dessinée me permet de faire les deux", nous dit-il. Il quitte l’école à 16 ans pour faire un apprentissage dans le domaine de la publicité. Des petits travaux de manutention sans intérêt qu’il abandonne pour devenir... caissier de supermarché, un travail qu’il assure avec constance depuis bientôt sept ans. Il s’inscrit dans un atelier de bande dessinée à Saint-Orens près de Toulouse dans l’atelier de bande dessinée Mogambo fondé voici dix ans par André Sanchez et Éric Peral : "Cela me permettait de faire ce que j’aime et d’être entouré de personnes qui ont la même passion", nous dit-il.

Mikl Mayer à Paris en septembre 2013.
Les d’jeunes Tome 4 - L’Art de la dérive - Par Mikl Mayer

La vie des "d’jeunes"

Il cherche des idées de scénario, en apporte une chaque semaine, et puis un jour, il arrive avec "Les Djeun’s" : "Je voulais raconter mes petits soucis sans trop d’idée de scénario, puis celui-ci s’est installé progressivement ; tout ce qui m’entoure me stimule, la série « Desperate Housewives » notamment. Je ne lis pas tellement de bandes dessinées, finalement. Je suis surtout influencé par les séries et les films américains. Cela raconte la vie d’adolescents qui avancent vers l’âge adulte et qui se posent des questions, comme on s’en pose tous. Il y a aussi des parents qui sont confrontés à ces enfants et qui sont quelquefois un peu perdus. Ma vie m’a beaucoup influencé. On constate à la fin du tome 2 un changement très brutal au niveau du scénario. Avant, tout est coloré et joyeux, puis cela s’est vraiment assombri. " Il y a effectivement un vrai souffle scénaristique dans cette série qui en est actuellement au quatrième tome. Le dessin n’est pas d’une grande sophistication, il faut vraiment aller au-delà d’une certaine apparence, mais il est clair et expressif. Pas de palette graphique, si ce n’est à l’étape du lettrage et de la mise en couleurs.

En 2009, Mikl Mayer propose son projet à cinq ou six maisons d’édition, comme on fait d’habitude quand on est débutant. La réponse est standard : "cela ne correspond pas à notre ligne éditoriale...". Cet échec le pousse à retravailler complètement le premier album. Pourquoi ne fait-il pas, comme tant d’autres jeunes dessinateurs un blog qui lui permettrait de poster ses dessins, de se créer un communauté ? "Cela ne m’intéresse pas de raconter ma vie, je suis timide. J’aime surprendre les gens quand le bouquin sort. Et puis, j’ai ma page sur Facebook si les gens veulent savoir comment ça progresse. " avance-t-il.

Mais cela n’empêche pas une démarche volontariste : puisque les éditeurs ne veulent pas de lui, il va se publier lui-même ! Le déclic est la rencontre avec un journaliste de La Dépêche du Midi qui s’intéresse à ce caissier de supermarché qui fait des BD dans son coin. Il lui dresse son portrait alors qu’il n’a pas une case de publiée ! Le retour est extrêmement positif et le rassure : il veut aller plus en avant. Sans même consulter un libraire, il décide de se publier : "Ça passe ou ça casse !", se dit-il. Les nouvelles techniques d’impression l’aident à faire ce choix : le premier tirage est de 100 exemplaires ; il est de 200 aujourd’hui. Inutile de dire qu’il n’apparaît même pas dans le radar du rapport Ratier !

La bande dessinée de Mikl Mayer publiée par Jeremstar

Le coût d’impression unitaire est important : "Personnellement, je ne gagne rien sur mes bouquins, avoue notre jeune auteur. Les bouquins sont vendus 15€ au public, à part le T4 qui vient de paraître en décembre 2013 et qui est à 20€, car il a un nombre de pages plus conséquent. Ce que j’encaisse m’aide à imprimer le bouquin suivant, c’est tout. C’est juste pour la satisfaction d’avoir sorti un livre ! Je distribue directement à quatre libraires de Toulouse qui ne me prennent pas beaucoup : seulement 2.5€. Ils ont testé, et comme cela se vend et que j’y fais des séances de dédicace, ils en reprennent...."

Le premier tome vend 450 exemplaires, l’ensemble de la collection atteignant les 1000 ex. en cumul. "J’ai continué comme je le sentais, sans me poser de questions. Je n’ai pas changé mon livre en fonction des résultats de vente. Si je commence comme cela, cela ne devient plus mon livre, mais le bouquin de tout le monde ! Je peux faire ce que je veux." Cela n’empêche pas de produire quatre volumes, plus un making of, "Dans l’ombre des d’jeunes" où il raconte son parcours, reproduit les articles de presse, ajoute des dessins inédits. Notre jeune dessinateur ne s’intéresse pas trop à la BD actuelle. Il confesse aimer Tintin, et "c’est tout".

En mai 2013, le prompteur de Jean-Marc Morandini s’agite : "Jeremstar lance une bande dessinée avec Nabilla et toutes les stars de la télé-réalité !", et c’est Mikl Mayer qui en serait le dessinateur !

Jeremstar ? Le journaliste de l’émission de Jean-Marc Morandini "Vous êtes en direct" sur NRJ12 s’est fait connaître en se mettant nu sur Internet et s’est créé son personnage en faisant des interviews de stars de la téléréalité... dans son bain.

"Je le connais depuis longtemps, en fait, nous dit Mikl Mayer. Il a toujours été présent pour moi. Il m’a publié dans un magazine people. J’ai voulu lui faire ce cadeau en retour et j’ai répondu favorablement à sa proposition de faire sa biographie. Je me suis laissé prendre au jeu, finalement. C’est amusant de parler de cette réalité de ces médias, que l’on voit partout et qui, finalement, ne sont que du vent. Il m’a laissé une entière liberté. La seule chose qui m’ait posé problème, c’est qu’il insistait pour y mettre Nabilla avec qui il est ami, mais elle n’apparaît que sur deux pages. Il a publié lui-même l’album et le diffuse sur sa boutique Internet." L’album est sorti le 11 septembre sans provoquer d’attentat...

Les d’jeunes Tome 4 - L’Art de la dérive - Par Mikl Mayer
Mauranne et Mikl Mayer
DR

Le 9 décembre suivant, le quatrième volume des d’jeunes sort. Il est soutenu par quelques célébrités, car c’est un autre moyen que le jeune homme moderne a trouvé pour se faire connaître. La première d’entr’elles, c’est la chanteuse belge Mauranne, actuellement jury dans La Nouvelle Star, elle est rejointe par l’animateur radio (MFM Radio) Laurent Argelier, et les jeunes chanteurs Valentin Marceau et Romain Ughetto. "Je l’ai contactée en répondant à un de ses messages sur Twitter, on a commencé à dialoguer, je lui ai demandé si elle acceptait d’être dans ma BD, et ça s’est fait comme cela. Vincent McDoom était déjà présent dans le troisième tome des d’jeunes. C’est une démarche amicale de soutien, avant tout."

Le titre de ce nouvel ouvrage ? L’Art de la dérive. Le scénario est déjà mieux construit, avec une véritable intrigue, des décors (Paris, Toulouse...), déjà plus aboutis. On retrouve Justin et quelques-uns de ses amis, et le personnage de John, au profil très complexe, qui vient révéler le terrible secret de la maman de Justin.

Quand on lui signale que plus de 5 000 BD paraissent chaque année aux côtés de la sienne, et que son style pourra faire reprocher à certains de "polluer" les rayonnages, notre jeune auteur a sa répartie toute prête : "- Et pourquoi les autres, ils ne pollueraient pas ? On peut voir les choses comme cela, aussi."

Effectivement.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

- Le site Internet de Ahn Zhe

- Le Tumblr de Violette Vaïsse

- La page Facebook de Mikl Mayer et son site Internet

Photos : Sauf mention contraire : D. Pasamonik (L’Agence BD)

 
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9 Messages :
  • Il n’est pas dépressif ! Il est juste débordé !

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    • Répondu par Fred le 2 janvier 2014 à  17:38 :

      En même temps, il y a de quoi devenir dépressif si l’avenir de la bd c’est un album sur un obscur bloggeur exhibitionniste par un dessinateur amateur (merci Morandini).

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      • Répondu le 2 janvier 2014 à  20:51 :

        Mais enfin, il est soutenu par des célébrités comme...Mauranne ! Que voulez-vous de plus ?

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      • Répondu par Sylvain le 4 janvier 2014 à  09:50 :

        Il y a souvent + de créativité chez les bloggeurs que chez les travailleurs à la chaine de la bd classique, certains scénaristes ont plus de 30 ou 35 séries par an !!!!!!!!!!! Bon, c’est sur les métiers mais enfin, comment gérer ça ??

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        • Répondu par Oreste le 4 janvier 2014 à  16:26 :

          certains scénaristes ont plus de 30 ou 35 séries par an !

          J’aimerai avoir au moins un nom de scénariste qui a plus de 35 séries par an .

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          • Répondu par sylvain le 5 janvier 2014 à  13:06 :

            Ses albums ( il y a plus de 35 série là, non ?? )

            LES ANIMAUX MARINS EN BD

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            • Répondu le 6 janvier 2014 à  01:26 :

              Fascinant... votre altruisme et l’alignement surréaliste de ces titres improbables. Très drôle !

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            • Répondu par Phil le 6 janvier 2014 à  08:32 :

              AH oui, quand même !!!

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            • Répondu par Oreste le 6 janvier 2014 à  15:31 :

              Je parlais de Bande Dessinée moi.

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