René Hausman - Les Chasseurs de l’Aube - Tome 1

10 juillet 2003 0 commentaire
  • Stupéfiant Hausman : depuis {Saki et Zuni} -et cela ne date pas d'hier- il avait cette définition graphique constituée d'un mélange de gouache et d'aquarelle où les gris dialoguent avec les bruns, sur fond de mélopée des grands vents des plaines, profondes comme ces tourbières des Fagnes, landes sauvages d'où semble issue la vie toute entière, qu'elle soit végétale, animale ou humaine. Sa palette est proche des illustrateurs anglais, Arthur Rackham en tête, dont la tradition fut importée dans nos contrées par les peintres Laudy et Huens. Force est de constater que les as de l'illustration numérique -{Le Seigneur des Anneaux} en témoigne- s'en inspirent à profusion.

Homme de la campagne, Hausman a toujours su rendre culte à la nature. Il sait de quoi il parle. Le journal de Spirou constitua naguère, grâce à lui, un bestiaire fabuleux. Cette nature sauvage que l’homme affronte comme n’importe quel animal avec sa force prédatrice, Hausman la restitue à nouveau ici. Ses personnages sont patauds, courts sur pattes , comme écrasés par leur condition. Leurs dialogues ne sont que borborygmes. C’est l’humanité version Guerre du Feu, à une époque où l’homme n’est pas encore sorti de sa gangue animale. Mal dégrossi encore, il est en quête de sens. Kanh et Gaït sont comme deux enfants dans les landes du monde. Ils font la connaissance d’un univers rude, sans pitié. Ce faisant, ils découvrent une raison de vivre : la justice et, pour résister, une force : la colère. Qui a dit qu’elle était mauvaise conseillère ?

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(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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