"Requiem" ou la fin annoncée du Surfer d’argent.

25 avril 2008 0 commentaire
  • Le surfer d’argent le sait : il est malade et il va mourir. Dès les premières planches, c’est une évidence, pour le lecteur, qui se transforme en certitude tout au long du récit. Il revient pourtant sur terre demander de l’aide à Red Richard, leader de Quatre Fantastiques.

Sur Zenn-la, Norrin Rad est un héros qui s’est sacrifié à Galactus le « dévoreur de planètes » pour l’empêcher d’anéantir son peuple. Ce dernier le dote du pouvoir cosmique du Surfer d’Argent lui permettant de traverser l’univers à la recherche de mondes à conquérir.

Sur terre, c’est donc en héraut de Galactus que le Silver Surfer fait son apparition. Touché par la volonté des Terriens de ne pas mourir, il s’attache et décide de les aider à combattre l’envahisseur. Il y réussit avec l’aide notamment des Quatre Fantastiques mais se geste ne suffit pas à le réhabiliter complètement aux yeux des humains.

Ici, son retour sur terre a un tout autre sens. Mais lequel ? Vient t-il dans l’intention de trouver de l’aide en Red Richard au mal incurable qui le ronge, du réconfort au près du premier super-héros rencontré en chemin - en l’occurance Spider-Man, ou de sauver une énième fois la terre de la folie meurtrière de ses habitants ? Selon son humeur, le lecteur prendra le récit par son côté optimiste ou son côté mélancolique.

Tout finit où cela avait commencé et en présence des mêmes protagonistes : Zenn-la, Shalla bal, Galactus. La Fin, vraiment ? ...

Requiem se rapproche, par sa structure en récit complet hors série, des volumes du Silver Surfer publiés chez Marvel, en tant que Marvel graphic novel (parus en France chez Lug puis chez Semic, dans la collection « Top bd »).

Le caractère non conventionnel de la mise en images rappelle, lui, l’épisode co-réalisé par Stan Lee himself et Moebius édité en premier chez Casterman. Le trait pictural maintenant reconnaissable d’Esad Ribic (Loki), à cheval entre l’hyperréalisme d’Alex Ross (Justice) et le fantastique suggéré de Scott Hampton (Batman : cris dans la nuit), rend le Surfer aérien et tangible à la fois. On ressent sa dégénérescence signifiée par des craquelures sur sa « carapace ».

À l’instar du graphisme, le style narratif elliptique de Straczynski amène le sujet sur le ton du sérieux, parfois tragique, sans le rendre pesant. La présence des Quatre Fantastiques, de l’Homme-Araignée et du Dr. Strange permet de nous rattacher à l’univers marvélien, alors que l’introduction de personnages et de mondes extraterrestres -et extra marvéliens- nous rappelle le rôle originel du Silver Surfer : un être errant au service du néant, un voyageur cosmique, une étoile filante.

(par Thomas Huteau)

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