Requiem pour un Shadok.

2 mai 2004 0 commentaire
  • Le temps d'une soirée, Claude Piéplu avait invité les Shadoks à Angoulême. C'était en janvier 2000, lors de la présentation des prix. Le narrateur de la célèbre série télé avait illuminé la soirée avant de jouer Panoramix dans le film live d'Astérix. Hélas, le créateur de cette série télévisée , Jacques Rouxel, a cassé sa pipe le 25 avril dernier à l'âge de 73 ans.

Les nouvelles générations ont peu idée de la révolution qu’a constitué cette courte série semi-animée dans l’ORTF en avril 1968, en pleine Pompidolie triomphante. La série était inspirée, de l’aveu même de son créateur, par les Peanuts de Charles Schultz. A l’époque, l’animation Flash n’existe pas et c’est un animographe inventé par Jean Dejoux qui fabriquait rapidement et pour pas cher cette production de deux minutes quotidiennes. Le graphisme était coloré, anguleux, une sorte de mix entre Mirò et Jiři Trinka.

Requiem pour un Shadok.
Jacques Rouxel
Photo : DR

Inutile de dire que la série déclencha des passions. Ce dessin animé d’avant-garde participait à la révolution ambiante et obtint sa survie davantage parce que le pouvoir avait à ce moment autre chose à faire que par les vertus de l’audimat. Pompant avec allégresse, les Shadoks faisaient face aux Gibis, dans un univers absurde qui faisait penser aux frasques du Père Ubu d’Alfred Jarry. Il en reste quelques formules magiques passées dans le langage courant, comme celle-ci : «  Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? » Eh, oui, c’était du Shadok. Inoubliable.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

  Un commentaire ?