Retour gagnant de la BD à Roland-Garros

24 mai 2009 2 commentaires
  • Quel meilleur endroit que Roland-Garros pour proposer une exposition sur le tennis et la BD ? Avec la collaboration du Centre Belge de la Bande Dessinée, le Tenniseum (pour les néophytes, le Musée du tennis) propose à partir du 10 juin et jusqu'au 31 décembre "Bulles et balles", une présentation de ce sport à travers le 9ème art.

Les liens entre le tournoi de la porte d’Auteuil et la bande dessinée ne datent pas d’aujourd’hui. Les fans de tennis se souviennent peut-être qu’en 2004, carte blanche fut donné à Loustal pour illustrer les pages centrales du livre officiel du tournoi. Cette année, la boucle est bouclée puisque l’artiste amoureux de la petite balle jaune et né à deux pas de Roland-Garros, réalise l’affiche de "Bulles et balles".

On pouvait craindre une exposition courte et anecdotique, comme parfois lorsque le thème paraît assez éloigné du 9ème art. Il n’en est rien. Même si la part belle est faite aux BD à tendance didactique, toujours très datées, les 800 m² de l’exposition sont suffisamment variés pour ne pas s’adresser qu’aux seuls passionnés de tennis.

Retour gagnant de la BD à Roland-Garros
1er chapitre de l’exposition

Le parcours du visiteur est divisé en huit chapitres qui vont des origines du tennis (qui remontent beaucoup plus loin que le jeu de paume, comme le souligne René Goscinny) jusqu’aux champion(ne)s, en passant par les règles, la gestuelle, les blessures, les tournois, l’entrainement et la solitude du joueur.

Une case d’Astérix légionnaire
(c) Goscinny-Uderzo-Dargaud

Pour illustrer toutes ces étapes dans la vie d’un(e) sportif(ve), la série Jari (l’histoire d’un jeune orphelin amateur de tennis), du belge Raymond Reding, et le Yannick Noah dessiné par André Chéret en 1984 sont particulièrement mises à contribution. Fort heureusement, le fonds utilisé ne se limite pas aux dessinateurs d’Eric Castel et de Rahan. On retrouve avec plaisir des cases et des planches de Léonard, Cubitus, Bécassine, Boule et Bill, Babar et Jo de Derib.
Eparpillées au milieu des reproductions, ce qui les met d’autant plus en valeur, quelques planches originales ponctuent la visite. Taka Takata, de Vicq et Azara, Mademoiselle Louise, de Geerts, mais surtout un Snoopy de 1975 et un gag du Marsupilami dessiné par Franquin (celui où le Marsupilami, spectateur d’un tournoi, attrape la balle avec sa queue en plein milieu d’un point décisif).

Tournois et spectateurs

La scénographie ménage également quelques espaces thématiques, comme ces deux petites pièces, réservées au Rendez-vous de Sevenoaks, bande dessinée réalisée par Rivière et Floc’h dont l’intrigue se déroule en partie dans un club de tennis, et à Yannick Noah, dont la victoire à Roland-Garros en 1983 est illustrée par la BD de Chéret.

L’espace réservé au Rendez-vous de Sevenoaks

Après les huit chapitres décrits plus haut, le visiteur débouche tout naturellement dans les vestiaires. Les placards en fer font le point sur le tennis dans les mangas, dans les comics et dans la bande dessinée franco-belge récente (l’occasion de retrouver des planches de Blacksad, de La guerre d’Alan et de Tout seul de Chabouté). Les vestiaires mettent également à l’honneur Raymond Reding et son goût pour le sport.

Le coin du vestiaire réservé à Raymond Reding

D’autres surprises attendent le visiteur. Comme par exemple "le supplice de la planche", qui n’en est pas un et dont le titre aurait certainement mieux trouvé sa place dans une exposition sur les pirates et la BD, au Musée de la Marine. Une table en forme de gomme géante sert d’écran de projection horizontal à quatre artistes (Chéret, Geerts, Juillard et Loustal) filmés pendant qu’ils dessinent un sujet, en rapport avec le tennis bien entendu. Le nombre des auteurs augmentera au fil des mois (le nom d’Enki Bilal est déjà pressenti).

Jacques de Loustal, filmé en pleine action

La réalité dépassant souvent la fiction, c’est à un véritable tournoi des célébrités du 9ème art que le visiteur peut assister en sortant des vestiaires. Commentés de manière très techniques par deux journalistes, les matchs mettent aux prises Snoopy, Babar, Bécassine, Donald, Pif et bien d’autres sur la terre battue de Roland-Garros. L’illusion est parfaite, et on se prend à encourager Babar, "un peu lent dans ses déplacements mais qui possède une bonne défense".

Les images du tournoi des célébrités

Il convient alors, avant de se rendre vers la sortie, de s’arrêter un moment devant le dernier écran pour visionner un documentaire sur le grand champion Jimmy Torrent, qui apparaît dans les aventures de Jari. La rétrospective de sa carrière s’achève par les témoignages de Patrice Dominguez et Pierre Darmon qui l’ont, paraît-il, bien connu. Un faux palmarès prenant en compte les trois victoires à Roland-Garros du tennisman est même malicieusement accroché à côté de l’écran.

On le voit, "Bulles et balles" est étoffée, cohérente, ludique et chaleureuse. Curieux toutefois que les spectateurs du tournoi ne puissent pas profiter de cette exposition puisqu’elle débutera le 10 juin, soit trois jours après la finale homme.

Une bulle de champion

(par Thierry Lemaire)

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Bulles & balles - Le Tennis en bande dessinée
Musée de Roland-Garros
Porte des Mousquetaires
2 avenue Gordon-Bennett
75016 Paris
Accès Métro : Porte d’Auteuil

Photos : (c) Thierry Lemaire

 
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2 Messages :
  • Retour gagnant de la BD à Roland-Garros
    29 mai 2009 20:01, par franck k. lehodey

    Cher monsieur Lemaire,

    une petite précision : les spectateurs du tournois sont évidement les bienvenus en tant que visiteurs de l’exposition et du Musée de Roland Garros, en avant première jusqu’à l’ouverture officielle au grand public le 10 juin prochain...

    F. k. lehodey, (commissaire)

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    • Répondu par Thierry Lemaire le 30 mai 2009 à  13:07 :

      Alors c’est parfait.
      Précision méritait d’être faite.
      Merci.

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