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Rhââl-Han - Le Fils des âges des filles pas farouches - Par Howard McCock - Tabou

  • Plus qu'un pastiche, c'est un hommage à la bande dessinée préhistorique auquel s'adonne avec réussite cet "Howard Mc Cock". On y retrouve Rahan bien entendu, mais aussi Tounga, Blake et Mortimer, et même le Concombre masqué de Mandryka !

On vous le concède, la couverture ne paie pas de mine : un dessin stylisé présentant cet ersatz de "Rahan" tentant de sauver une jeune fille pratiquement nue poursuivies par des crabes géants, le tout surmonté du titre de l’album imitant le râle du rut. Cela ne fleure pas la délicatesse. Et puis ce pseudo : Howard McCock présage d’un humour assez graveleux pour que cet album paraisse dans collection "Tabou Pastiche".

Pourtant, on change rapidement d’avis dès les premières pages : non seulement l’auteur maîtrise parfaitement l’univers de Rahan, qu’il détourne avec subtilité, mais il multiplie les audaces de mise en pages, ce qui permet de conjuguer lisibilité et intérêt au gré de sa lecture. Bien entendu, l’auteur s’inspire clairement des pages de Rahan et de certaines cases emblématiques pour réaliser son album.

Rhââl-Han - Le Fils des âges des filles pas farouches - Par Howard McCock - Tabou

Précisons tout d’abord que cet album de 46 pages se compose de trois récits. Dans le premier, intitulé Celle qui tenait la vie dans sa mort, on y découvre notre héros (fils de Crado !) rencontrant Gébobo-Hou. S’ensuit une belle histoire d’amour, ponctuée par quelques surprises et autant de dangers. Si elle est gentiment érotique, cette histoire permet surtout de se moquer respectueusement de quelques canons de la série Rahan : son phrasé particulier, son esprit inventif, sa course vers le soleil, etc.

« Je suis parti de l’épisode racontant les origines de Rahan paru dans Pif Gadget N°261 daté de février 1974, explique l’auteur dans son introduction. Les cases 3 et 4 de la planche 16 de Rhââl-Han sont d’ailleurs des répliques de cases [originelles], desquelles j’ai en outre tiré les textes. »

Le récit bénéficie également de beaucoup d’allusions à notre époque, ce qui le rend particulièrement drôle, et l’on profite vraiment d’un bon moment d’humour, surtout lorsque l’auteur égratigne la politique et quelques-uns de ses ténors. Une double-page très graphique lui permet aussi de glisser des références à quelques bandes dessinées qui semblent lui tenir à cœur : Le Grand Mort, ainsi que Le Concombre masqué du regretté Mandryka qui vient de nous quitter.

Rencontre avec les personnages d’Aidans

Toujours dans cette introduction, l’auteur explique avoir découvert au gré de ses recherches une autre série préhistorique, Tounga d’Aidans et l’avoir beaucoup apprécié, au point d’inclure deux nouveaux personnages aux mœurs délurés dans son pastiche : Bounga et Lolohama.

Changement de mise en page pour l’arrivée d’un étrange vaisseau

La seconde histoire imagine la rencontre entre Rhââl-Han et le professeur Backe Morte-Himer, un pastiche aussi graphique que narratif du passage du héros de Jacobs dans le Crétacé (devenu ici le Crétinacé) au sein du Piège Diabolique. Ceux qui ne connaîtraient pas cette mythique aventure du 9e art, ne comprendront pas les multiples allusions ciselées par l’auteur, dont le découpage en quatre bandes pour laisser la place ensuite à des pleine-pages, ressemblant aux hors-textes des premiers albums de Jacobs. Non sans oublier de rendre hommage autant aux injures du Capitaine Haddock qu’aux célèbres exclamations anglophone de Blake et Mortimer.

Durga Rhâni devient Elgébétéh

Un peu plus Seventies dans ses couleurs, la dernière aventure de cet album rend hommage aux gadgets de Pif et au personnage de Durga Rhâni dessiné par Pellos et paru dans le magazine Fillette dès 1946. On y retrouve également des versions parodiés de Boum-Boum ainsi que des plus célèbres Pierrafeu.

Que cela soit dans la longue et passionnante introduction de cet album, ou les plus multiples références glissées tout au long des trois récits, on comprend que Monsieur Mc Cock est un grand passionné de bande dessinée. Une passion contagieuse car son Rhââl-Han nous a autant diverti que passionné, et l’on espère qu’il remette rapidement le couvert !

(par Charles-Louis Detournay)

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