Riad Sattouf et "L’Arabe du futur" couronnés à Angoulême 2015

1er février 2015 43 commentaires
  • Créant un "Prix Charlie Hebdo pour la liberté de la presse, ce 42e palmarès du Festival International de la BD d'Angoulême couronne un excellent livre et une sélection assez convenue.

La cérémonie a commencé par la création d’un "Prix Charlie Hebdo pour la liberté de la presse". "Nous l’avons créé en accord avec Charlie Hebdo" précise d’entrée le directeur du FIBD, Franck Bondoux. Ce sont Gwen de Bonneval et Blutch qui viennent chercher le prix décerné, comme il se doit, aux auteurs de Charlie Hebdo assassinés le 7 janvier. La remettante était ni plus ni moins le ministre de la culture Fleur Pellerin.

Prenant le micro, le dessinateur Blutch, dans un discours d’une touchante éloquence, expliqua à la ministre pourquoi -il s’excusait pour cela- il ne pouvait lui dire merci. L’État ayant renoncé au courage et à la responsabilité, ce sont les dessinateurs de Charlie Hebdo qui ont eu à l’assumer. Voilà pourquoi il est impossible de marquer la moindre reconnaissance.

Riad Sattouf et "L'Arabe du futur" couronnés à Angoulême 2015
En présence du directeur du Festival, Frank Bondoux, la Ministre de la Culture Fleur Pellerin et Gwen de Bonneval (à droite), Blutch fait un discours cinglant.
Le Festival d’Angoulême crée un Prix Charlie Hebdo pour la Liberté de la presse. Les victimes de Charlie Hebdo en sont les premiers récipiendaires.

Le reste de la cérémonie, ponctué par une projection des Unes de journaux satiriques français publiés depuis 200 ans, fut moins polémique.

FAUVE D’OR

Que Riad Sattouf, fauve d’or d’Angoulême 2015, ce n’est pas une surprise. "L’Arabe du futur - Une jeunesse au Moyen-Orient (1978-1984)" paru au mois de mai 2014 est déjà un best-seller qui frise les 200 000 exemplaires vendus. "Il faut dire qu’il s’agit à d’une œuvre maîtresse pour l’auteur, écrivions-nous en septembre dernier. Au travers des pérégrinations de sa famille au Maghreb et au Moyen-Orient, il dresse le portrait émouvant de son père d’origine syrienne marié à sa mère d’origine bretonne. Un père universitaire déchiré entre la France des années 1970 et un idéal arabe incarné par Nasser et Kadhafi, écartelé entre l’Islam et l’Occident, trouvant avec difficulté sa place entre des dictatures dont les pratiques et les mentalités restent pour partie ancrées dans le moyen-âge et cette France faraude mais encore profondément xénophobe.[...] Du pain bénit pour le jeune éditeur Guillaume Allary, 40 ans, qui a déjà bien roulé sa bosse dans l’édition (il avait été l’un des premiers éditeurs de Sattouf chez Hachette) et dans la réalisation de films documentaires, et qui publie là sa première bande dessinée devenue d’entrée un best-seller."

Riad Sattouf, Fauve d’or pour le Prix du meilleur album.

Les autres ouvrages honorés, à quelques exceptions près, ne sont pas sans étonnantes non plus, les voici sans plus attendre :

Florent Chavouet, Prix Polar SNCF pour "Petites Coupures à Shioguni".

PRIX SPÉCIAL DU JURY

- Building Stories par Chris Ware (Ed. Delcourt)

Buildings porte bien son nom, écrivions-nous : il s’agit de constructions. De maisons où habitent les personnages : projections et plans, perspectives cavalières, reconstitutions spatiales...Des histoires qui figurent dans cette boîte, lesquelles sont publiées sur divers supports et formats différents, quatorze en tout : carton, petits strips, faux journal, parodie de livre de premier âge pour les enfants, bandelettes... Chacun raconte une histoire qui s’emboîtent aux autres dans un projet commun et prédéfini, comme les pièces énigmatiques d’un puzzle, de moins en moins raccord à fur et à mesure que le récit progresse.
Les séquences temporelles s’organisent en histoires-gigognes qui jouent avec le passé et le présent. Il n’est pas jusqu’aux personnages qui ne doivent se construire, en dépit des accidents de la vie. On suit l’héroïne, handicapée portant prothèse, et Phil, son mari qui, tous les jours, rentre tard à cause d’un travail à l’avenir précaire. Ils ont une fille, Lucy, qui trouve que les garçons devraient s’intéresser un peu moins à l’amour et un peu plus à la vie
..."

PRIX DE LA SÉRIE

Lastman par Balak, Mickaël Sanlaville et Bastien Vivès (Ed. Casterman)

Une des réussites de Lastman, écrivions-nous sur ActuaBD, tient dans la surprise constante qu’elle entretient. Si le cadre initial semble nous placer dans de l’Heroïc-Fantasy léger, l’aspect médiéval tombe dès le deuxième tome avec l’apparition de motos. Le troisième opus opère un renversement en nous plongeant dans un monde post-apocalyptique, version Mad Max assumé. Le quatrième album nous ramène dans un monde moderne, qui flirte entre contemporain et légèrement anticipatif, où certains codes sociaux sont poussés à l’extrême.
On pourrait croire que la série manque de fil conducteur et ne trouve pas son rythme en sautant d’une influence à l’autre : que du contraire ! Les trois personnages principaux installés solidement dès le premier tome continuent de diriger l’orchestre. On les suit, souvent interpellés par leurs rencontres, mais toujours dans un mélange d’action, de tension et de décontraction qui pousse à l’admiration. Puis, le combat semble le meilleur moyen d’expression : dans les trois « mondes » traversés respectivement, cet art intime le respect, rend la justice et apporte la renommée.
"

Bastien Vivès, Michaël Sanlaville et Balak, Prix de la série.
Clément Xavier et Lisa Lugrin, Prix Révélation pour Yekini, le roi des arènes.

PRIX RÉVÉLATION

Yekeni, roi des arènes de Lisa Lugrin et Clément Xavier (Ed. Flbflb)

"Comme son nom l’indique, écrivions-nous, nous suivons le parcours de Yakhya Diop dit "Yékini", un surnom qu’il s’est attribué en hommage au footballeur nigérian Rashidi Yekini. Ce colosse d’1m95, pesant 135 kg, est aussi qualifié de “roi des arènes” car il est resté invaincu pendant 15 ans. Il possède un palmarès de 21 combats, 19 victoires, 1 nul et 1 défaite. Sportif très respecté, il est décrit dans le livre comme un homme de tradition, ne se passionnant pour rien d’autre que son sport et la performance.
Yékini n’est pas le seul lutteur à être mis à l’honneur dans ce roman graphique de 404 pages. Les auteurs ont eu la bonne idée de suivre les parcours de deux autres personnalités importantes de ce sport : Tyson, le lutteur-businessman et Bala Gaye 2, le jeune surdoué insolent. Ces trois champions représentent trois facettes de la lutte sénégalaise au XXIe siècle, qui tente de concilier tradition, modernité et star-system.
"

PRIX DU PATRIMOINE

le fils du créateur de San Mao, Zhang Weijun et son éditrice Ge Fei Xu des éditions Fei.

San Mao, le petit vagabond de Zhang Leping (Ed. Fei)

Nous avions salué à sa juste mesure ce classique : " San Mao appartient à la famille des « manhua », ce terme qui se traduit par « image libre » regroupe strips et dessins de presse. Les histoires de ce petit personnage qui n’a que trois poils sur le caillou (San Mao veut dire trois cheveux) étaient à l’origine publiées sous forme de feuilleton quotidien. Créé par Zhang Leping, San Mao est un personnage attachant, un monument de la culture populaire chinoise."

PRIX DU PUBLIC

Les Vieux Fourneaux T1 - Ceux qui restent de Wilfrid Lupano & Paul Cauuet (Ed. Dargaud)

Là encore, ce n’est pas une surprise.Voici ce que nous écrivions de cet album : "Tout commence par les retrouvailles de trois septuagénaires, anciens compagnons de combat social dans une grande entreprise pharmaceutique. Antoine pleure la disparition de Lucette. Mimile et Pierrot viennent soutenir leur vieux camarade, et se remémorer le temps de leurs quatre cents coups. Lorsque le notaire révèle une dernière lettre de la défunte qui avoue une aventure extraconjugale avec un sbire du grand capital, le sang du veuf ne fait qu’un tour ! Il embarque ses amis carte vermeil et sa petite fille (enceinte de 7 mois) pour une voyage-vengeance en Italie…"

Wilfrid Lupano et Paul Cauuet reçoivent le Prix du Public pour "Les Vieux fourneaux".

Mais aussi

PRIX FAUVE POLAR SNCF

Petites coupures à Shioguni Par Florent Chavouet (Ed. Philippe Picquier)

PRIX DE LA BANDE DESSINÉE ALTERNATIVE

Dérive urbaine - Collectif- (Ed. Une autre image)

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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43 Messages :
  • Très déçu en général par la couverture de cet évènement par votre site. Pour un site d’actualités vous vous êtes faits devancer de loin par les médias généralistes, et même les médias étrangers. Les réseaux sociaux bien sûr nous donnent une actualité brûlante. Mais sans la réflexion que d’autres que vous ont pourtant eu le temps de formuler. Je suis pour le moins surpris par votre abscence.

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 2 février 2015 à  09:02 :

      Vous avez tout à fait raison, nous sommes déçus aussi. Nous avons nos limites et nous en sommes conscients.

      Nous vous remercions de nous comparer à CNN, France Télévisions et Facebook, mais nous ne sommes pas cela. Nous sommes une équipe de bénévoles qui vous offrons gratuitement notre temps pour votre plaisir et pour le nôtre.

      Vous dites une contrevérité : nous n’avons pas été absents. Nous l’avons prouvé et nous vous le prouverons encore dans les prochaines heures en vous racontant ce festival, en dépit de votre manque de discernement anonyme.

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      • Répondu par pierre le 2 février 2015 à  09:27 :

        En tout cas, moi, je vous félicite pour votre travail quotidien sur le site, vos coups de gueule ou vos avis...

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      • Répondu le 2 février 2015 à  23:10 :

        "Manque de discernement anonyme" autorisé par ce site et qui génère par ailleurs plus de "trafic", donc plus d’annonceurs. Il ne tient qu’à votre équipe d’opter pour une registration. Votre argument sur l’anonymat commence sévèrement à s’user -surtout que vous le brandissez dès la moindre critique. L’option de l’anonymat c’est vous qui l’avez établi à Actua Bd. Après bien entendu on peut prier que les intervenants signent. D’autres attendent les Cloches de Pâques.

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        • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 3 février 2015 à  08:18 :

          Vous êtes vraiment con, vous. Penser que nous cherchons à générer du trafic pour vendre de la pub, ce n’est vraiment pas connaître comment fonctionne notre site, et le Net en général.

          Autre ignorance : croire que parce que l’on signe d’un nom, en mentionnant une adresse, qu’il serait impossible de les trafiquer, d’empêcher toute dissimulation,... Il faut être bien naïf.

          Par ailleurs, cet anonymat que vous pratiquez avec délectation, permet parfois d’exprimer des choses qui peuvent alimenter le débat, même vivement. C’est cela qui nous intéresse, même si l’expression est un peu rude.

          De toute façon, tout ce qui est de l’ordre de l’attaque personnelle, de la diffamation, de l’insulte ou de la calomnie, ou tout simplement du trollisme caractérisé est filtré. Parfois même, nous ne nous laissons pas mettre en cause avec des allégations fausses (comme les vôtres ici), juste pour vous rappeler que vous êtes ici chez nous et que nos chroniqueurs méritent un peu de respect. Pas qu’eux d’ailleurs : nos lecteurs aussi. Aujourd’hui si vous voulez vous exprimer, il vous est loisible d’ouvrir un blog ou d’intervenir sur d’autres forums en toute liberté sans que vous ayez à déverser votre rancœur de façon systématique sur notre forum. Alors,oui,on filtre.

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        • Répondu par PhilC le 5 février 2015 à  11:50 :

          La bande-dessinée est donc devenue si sérieuse au point qu’il faille donner tout son pedigree certifié conforme pour publier un mot sur un forum ? Allons ! détendez-vos ! Il y a des choses plus graves.

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  • Sattouf, Vivès, c’est toujours la même caste, la même hype qui s’autocongratule dans un entre-soi écoeurant.

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    • Répondu par PhilC le 2 février 2015 à  11:15 :

      Un Vivès dans un registre plutôt inhabituel dans une narration assez jubilatoire. Vous devriez le lire. Ces commentaires creux deviennent lassants !

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    • Répondu le 2 février 2015 à  11:43 :

      On ne va quand même pas leur reprocher d’être super bons, si ? Et puis Last Man ce n’est pas que Vives. C’est une bd à 3 ( avec Balack et Sanlaville ) avec une pêche, une invention et une générosité qu’on ne trouve quasi nulle part ailleurs en ce moment, surtout dans ces proportions.

      Allez-y voir, nom d’une pipe !

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      • Répondu par Herv le 2 février 2015 à  15:37 :

        On ne va quand même pas leur reprocher d’être super bons, si ?

        Non, ils ne sont pas super bons, il y a plein d’auteurs bien meilleurs, mais qui ne sont pas dans les petits papiers du festival, mais c’est la même chose au festival de Cannes ou aux César, et même d’autres festivals bd où ça fonctionne entre copains.

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        • Répondu par Fabrice Tarrin le 3 février 2015 à  02:33 :

          Des noms ! ça m’intéresse ! Sérieusement, si vous connaissez d’autres jeunes auteurs aussi drôles, innovants et talentueux que Vives et Sattouf (mais dans l’ombre), éclairez-moi…
          La BD, c’est tout le contraire du cinéma : le piston ne marche pas !
          Sattouf et Vives ont démarrés comme tout le monde, sans relations particulières (hormis celle qui s’est construite très rapidement avec le public).
          La presse a suivi ce public et non l’inverse.
          ps : DES NOMS !!!

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          • Répondu par mougli le 3 février 2015 à  12:05 :

            La BD, c’est tout le contraire du cinéma : le piston ne marche pas !

            Fabrice Tarrin joue les innocents ou bien c’est de la mauvaise foi pure jus ???
            Il n’y a pas de Piston dans la BD ?
            On commence par quoi ? Les auteurs issus des blogs et qui sont copains avec Trondheim ?
            La bande d’atelier de Sattouf que l’on voit en permanence dans les journaux culturels Bobo ou coqueluche du cinéma et de la pub. Les nanas d’auteurs (ou de directeur de collec) qui se revendiquent soit scénaristes, soit coloristes ? Les fils de (voir des fratries entières... ).
            Les potes de directeurs de collec’ qui ont un métier mais qui veulent absolument faire de la BD (et il y en a un paquet !). Les starlettes des médias et de la TV qui s’improvisent scénariste.

            Vous n’êtes pas bien au courant...

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            • Répondu par Fabrice Tarrin le 3 février 2015 à  13:34 :

              Vous confondez tout.
              La BD est un tout petit milieux où tout le monde se connait rapidement et se regroupe ENSUITE par affinités.
              Le succès d’un auteur dépendra UNIQUEMENT du public.
              Un crayon, du papier et du talent suffisent, les relations viennent APRÈS.

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              • Répondu par mougli le 3 février 2015 à  15:05 :

                Parce que vous pensez que Philippe Vallet,Davy Mourier, Kek etc ...ont un talent si incroyable pour être édité chez Delcourt ? Tenir un crayon semble pour certain bien difficile mais ça ne les empeche pas de faire des albums.
                Et c’est ça qui est malheureux, la surproduction a fait place à des gens sans talent qui, pour certains, jouissent d’une médiatisation ahurissante.
                C’est un exemple.
                On pourrait s’amuser à jouer à lister la profession pour se pencher sur le talent réel ou bien le talent d’un carnet d’adresse...Il y a des perles, et beaucoup !
                Vous le dites vous même, le milieu est petit mais ce qui est parfois dérangeant pour ne pas dire injuste c’est de voir la médiatisation que certains auteurs ont à longueur de temps.
                Je pense que Sattouf et Vives (que j’aime beaucoup lire !)sont surévalués et qu’à chaque Opus, on en fait des tonnes.Des prix en veux-tu en voilà...
                Et les autres ? Et vous même !
                Vous avez un incroyable talent et on vous voit finalement assez peu dans les médias, pas du tout dans les prix...
                Etes-vous plus mauvais qu’eux ??

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                • Répondu par Sergio SALMA le 4 février 2015 à  09:31 :

                  Pour vous le niveau de médiatisation devrait être proportionnel au talent que VOUS accordez à une personne ? Ce devrait être mécanique ?! Pas encore compris qu’il n’y a rien de rationnel ? Que tout cela est accidentel et improvisé ? Basé sur des émotions et des suites d’événements et de circonstances incontrôlables ? De la part du public, de l’auteur, de l’éditeur. De plus, évidemment, selon vous, votre appréciation est absolument objective et correspond bien sûr au seul bon sens commun, à la seule réalité palpable . En tant que personne faisant partie d’un groupe social , vous n’avez aucun talent.

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                  • Répondu par mougli le 4 février 2015 à  12:50 :

                    Sergio sergio.
                    Si ça ne vous dérange pas qu’on vous serve toujours la même soupe c’est votre problème.
                    Si ça vous paraît naturel que l’on parle que d’une vingtaine d’auteurs BD,vu le nombre de sorties d’album annuelles, je ne peux rien pour vous .
                    Un éditeur a sa responsabilité sur la visibilité d’un album.
                    Un éditeur comme Delcourt qui a en plus Delsol comme diffuseur dans sa panoplie, oriente comme il le souhaite l’album dont on doit parler.
                    Dans les maisons d’éditions, il n’est pas rare d’entendre l’attaché de presse dire qu’ils ne sont pas assez nombreux pour accompagner un album médiatiquement et qu’ils se concentre sur une vingtaine d’albums par an...
                    Au point que maintenant on sollicite même les auteurs eux-mêmes à faire ce job en gérant d’une main de maitre les réseaux sociaux, voir même de contacter eux-même la presse, envoyant à leurs frais leurs albums persos...
                    Je vous rappelle également que la Fnac, Cultura etc fonctionnent avec des centrales d’achats qui s’orientent sur les indications des grosses boites.

                    Un public ne trouve que ce que l’on lui met sous les yeux.
                    Si un album qui sort se retrouve au mieux à 2 exemplaires à la Fnac et plus encore dans les étagères (voir dans la reserve...), donne-lui-t-on une chance d’exister ?
                    Désolé de vous contredire mais il n’y a pas de hasard et de circonstances incontrôlables ...

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                    • Répondu par Sergio SALMA le 4 février 2015 à  14:03 :

                      Donc selon vous, un éditeur, un(e) attaché(e) de presse + une chaîne de magasins décident si oui ou non un auteur va connaître le succès ? Comment expliquer que Allary éditions , débutant ou presque, fasse ce carton ? Je vais faire le naïf après 45 bouquins et vous poser des questions.

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                      • Répondu par mougli le 4 février 2015 à  14:35 :

                        Je ne dis pas que ça donne un succès, je dis juste que ça donne une visibilité qui peut amener au succès. Quand un titre est mis par pile de 50 en nouveauté, quand un plan com est fait(affiches,flyers,prépublication dans la presse, TV, Radio etc...),il a plus de chance de marcher que celui dont on ignore presque la sortie et qu’il faut débusquer au coin d’une étagère ou d’un carton.
                        Un lecteur orienté sera plus tenté de le chercher et de le feuilleter.

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                        • Répondu par Sergio SALMA le 4 février 2015 à  15:31 :

                          Pourquoi et quand un éditeur décide-t-il d’investir de l’argent sur un auteur, un livre ou une série ? Savez-vous comment et pourquoi les piles aboutissent dans les points de vente ? Savez-vous qui décide dans les journaux, les sites internet, les radios de mettre en avant un livre et pas un autre ? Eclairez-nous.

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                      • Répondu par Peckart le 4 février 2015 à  21:23 :

                        Comment expliquer que Allary éditions , débutant ou presque, fasse ce carton ?

                        Parce qu’Allary n’est pas du tout un débutant, il bossait depuis des années chez Hachette, il connait le boulot.

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                        • Répondu par Sergio SALMA le 5 février 2015 à  09:44 :

                          Placer 200 exemplaires d’un livre dans 1000 points de vente, ce n’est pas seulement le résultat du travail de l’éditeur. Si les magasins n’en veulent pas , l’éditeur pourra faire toutes les campagnes marketing , les livres n’y seront pas. Donc il aura fallu un premier succès de cet auteur, ou une presse positive ou une publication régulière qui a assis une réputation.

                          Puis , comme pour Allary , des rencontres de personnes et aussi une belle conjonction d’événements. Sattouf est pour moi un des plus talentueux mais observons comme il s’inscrit en plus dans une actualité pointue. Il a fallu aussi que d’autres auteur(e)s avant lui investissent ce genre de récits. Il a fallu que la bande dessinée sorte de certains canevas.

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                          • Répondu par Marie-Anne le 5 février 2015 à  17:06 :

                            mais observons comme il s’inscrit en plus dans une actualité pointue.

                            Bien avant lui la Boite à bulles a investi ce secteur, mais sans l’expérience et les moyens d’Allary les bouquins sont introuvables et on n’en parle pas à la télé (pourtant les auteurs de Kaboul Kitchen ont surement lu Kaboul disco).

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                            • Répondu par Sergio SALMA le 13 février 2015 à  12:49 :

                              La question n’est pas de savoir si Sattouf parle d’actu mais de la conjonction de plusieurs éléments qui en font un incontournable et un succès (tant critique que public d’ailleurs ). Si on parle de Kaboul, F’murrr avait publié il y a bien longtemps le char de l’état sur l’Afghanistan .

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              • Répondu par Laurent Colonnier le 3 février 2015 à  18:26 :

                La BD est un tout petit milieux où tout le monde se connait rapidement et se regroupe ENSUITE par affinités.
                Le succès d’un auteur dépendra UNIQUEMENT du public.
                Un crayon, du papier et du talent suffisent, les relations viennent APRÈS.

                Ce n’est pas si simple Fabrice, ça fonctionne vraiment par réseaux et par copinage. Le succès dépend du public, mais encore faut-il que le public ait l’occasion de vous lire.
                Un crayon, du papier et du talent ne suffisent pas à décider un éditeur de vous éditer, il y a plein d’autres paramètres.

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                • Répondu par mougli le 3 février 2015 à  23:20 :

                  La désillusion est là.
                  Je vais passer pour un vieux con mais lorsque les auteurs en devenir passaient les portes d’un journal comme Pilote, les ronds de jambe ne servaient à rien.
                  On avait beau cirer les pompes, faire la courtisane ça ne marchait pas. On attendait un minimum de talent pour faire ce métier.
                  De nos jours, la production devenant folle, on voit que le curseur a changé.
                  On fait travailler sa meute de potes, tant pis si le talent n’est pas vraiment là, du moment qu’on se marre bien entre soi...
                  Le curseur a beaucoup bougé chez les éditeurs aussi.
                  Quand on suis certains parcours de nos chers directeurs de collections, on s’aperçoit qu’il y a des ascensions curieuses : un libraire qui devient éditeur, un commercial qui devient éditeur, une secrétaire de direction qui devient éditrice, un webmaster qui devient éditeur, bloggeur devenant éditeur...
                  Peu à peu on a oublier que faire un livre, un album c’est un métier avec un savoir faire.
                  Maintenant, ce qui compte c’est de produire du papier pour occuper le terrain des librairies, peu importe la qualité.

                  Fort heureusement, il y a encore des bouquins de qualités qui sortent mais je trouve désolant de voir que souvent,ils sont boudés par des éditeurs qui ne les défendent pas (au profit de grosses mer...) et totalement invisibles médiatiquement.

                  Finalement,l’édition est à l’image du paysage audiovisuel.
                  On surmédiatise des gens sans talent particulier, qui sont connus pour avoir fait une émission de télé réalité et qu’on a trouvé sympa sur les plateaux TV... Ils n’ont aucun talent particulier mais ils sont là eux.
                  Pour Sattouf et Vives, je ne dis pas qu’ils n’ont pas de talent, je ne les classe pas dans cette catégorie.
                  D’ailleurs je pense que c’est vraiment des bosseurs.

                  Mais il n’y a pas qu’eux bordel* ;-)

                  *Y a Colonnier aussi !

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                  • Répondu par Laure le 6 février 2015 à  14:57 :

                    "Fort heureusement, il y a encore des bouquins de qualités qui sortent mais je trouve désolant de voir que souvent,ils sont boudés par des éditeurs qui ne les défendent pas (au profit de grosses mer...)"

                    Bon alors qui auriez vous aimé comme livre cette année, vos prix pour Angouleme, quels titres ? Quels auteurs d’après vous n’est pas assez défendu et devraient avoir des prix a Angouleme ?

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                • Répondu par Sergio SALMA le 4 février 2015 à  14:27 :

                  Le copinage non plus.

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    • Répondu par balak le 3 février 2015 à  09:26 :

      punaise c’est clair, toujours les memes. Vives a eu 12 prix a angouleme... Ah, on me fait signe que non, il a eu UN (1) prix revelation il y a 6 ans. Depuis, il a sorti ou participé a plus d’une quinzaine d’albums. Perso je trouve que ca fait un goal average de merde.

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  • cette bd sûrement est chouette mais je l’ai vue déjà dans un bac il y a 4 mois dans une solderie.
    alors,un scoop, non...

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  • Le "Fauve d’or" de Riad Sattouf sonne comme un "erratum"après celui obtenu en 2010 dans la consternation générale à "Pascal Brutal", BD résolument potache dans l’esprit Fluide Glacial et franchement pas exceptionnelle. Cette fois, c’est amplement mérité pour un livre abouti qui de plus a rencontré le public et fait un beau succès de librairie. Un petit regret pour "Blast" qui repart sans prix et qui est quand même un "monument".

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  • Vives, Sattouf...
    C’est bien, on a toujours l’impression d’avoir 20 auteurs de BD en France ...
    Mais comment font les 1600 autres pour être toujours aussi mauvais ???

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    • Répondu le 2 février 2015 à  16:29 :

      vous avez mille fois raison.

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      • Répondu par PhilC le 2 février 2015 à  18:33 :

        Vous avez à la fois tort et raison. Vivès, Ware, Oubrerie, Lupano et Sattouf ont déjà eu des prix à Angoulème, donc peu de nouveautés cette année. Peut-être que Mezzo (4 sélections officielles en 10 ans), Harambat ou Catherine Meurisse aurait mérité un premier prix. De ce coté là, je suis d’accord, le festival 2015 s’est une peu raté. Mais depuis 1974, il a déjà primé dans diverses catégories plusieurs centaines d’auteurs et est bien plus éclectique que les Eisner Awards que certains auteurs et autres coloristes enfilent comme des perles.

        Par ailleurs, on ne peut par faire le reproche à Angoulème de ne primer que des oeuvres obscures : la moitié des prix sont des succès populaires (LastMan, les vieux fourneaux, L’arabe du futur et Les royaumes du Nord notamment).

        Quant au grand prix d’Otomo, tout le monde se souvient de l’énorme succès d’Akira dans les années 90.

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  • Les prix d’Angoulême me font penser au festival de Cannes avec toujours les mêmes frères Dardenne, frères Cohen, Michael Haneke, Tarantino, Jane Campion etc...

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    • Répondu par Oncle François le 3 février 2015 à  12:01 :

      Vous avez raison, comme au festival de Cannes, les livres récompensés ont comme principal mérite d’être dans l’air du temps. Ils sont soutenus par toute une presse parisianniste intellobobo, dont la plupart survit surtout grâce à la philanthropie de généreux mécènes (Niel, Pigasse, Berger, etc), plutôt qu’à leur abondant lectorat. Mais le grand public n’est pas dupe,il suffit de voir le top ten des ventes de l’année où l’on trouve de nombreuses séries éditées par la sainte trilogie Dupuis Lombard Dargaud. Je suis toutefois obligé de constater que les livres de Lupano, Vivès et Sattouf se vendent très bien, donc on peut dire que le FIBD a plutôt évolué de façon favorable dans le choix de ses Prix.

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      • Répondu par Polo le 4 février 2015 à  09:43 :

        Le Saint Commerce comme religion. Ah le paradis du lecteur. Plus de discussions, plus d’échanges, plus de contestations. Le monde est simple. Un livre acheté par 10 000 personnes est INÉVITABLEMENT deux fois mieux qu’un livre acheté par 5000 personnes. L’arithmétique au service du débat d’idées. Et chaque année, Angoulême relève les comptes et attribue son Fauve au champion des caisses-enregistreuses. Comment n’y avons-nous pas pensé plus tôt ?

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        • Répondu le 4 février 2015 à  11:24 :

          Vous vous fatiguez pour rien...des dizaines de lecteurs de ce site ont essayé d’expliquer ça à "Oncle François", en pure perte.

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          • Répondu le 4 février 2015 à  19:49 :

            Pas grave. Il faut essayer. Encore et encore. On ne sait jamais.

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      • Répondu par Christophe le 7 février 2015 à  17:28 :

        Cher Oncle François, Les Vieux Fourneaux a reçu le Prix du PUBLIC. Pas le prix d’un jury. C’est un succès de librairie de qualité, il a le prix attribué par le... PUBLIC.

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        • Répondu par Oncle Francois le 9 février 2015 à  12:29 :

          Cher Christophe ; tant mieux pour les Vieux fourneaux et pour Lupano (auteur spécialisé dans le troisième age et l’amour : deux sujets importants et qui toucheront tout le monde si Dieu leur prête vie) ; qui s’est également offert le prix Fnac pour son Océan d’amour. Si j’étais auteur de BD, je prefèrerai être apprécié par un vaste public de plusieurs dizaine de milliers de lecteurs que par la petite dizaine de jurés d’un grand prix décerné de façon opaque, et qui me semble pratiquer la lecture assidue des revues soporifiques pleines de branchitude prétentieuse, qu’il fait très chic de poser sur la table basse du salon quand on habite prés de St Germain des Prés. Si les élections partielles d’hier ne suffisaient pas à montrer le danger d’une classe dirigeante totalement coupée de la réalité, qui ne voit pas que son électorat préfère se reporter vers des solutions populaires plus concrètes, mais dangereuses...

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  • Quelqu’un peut-il m’expliquer le rapport entre Gwen de Bonneval et Charlie Hebdo ? A part se mettre en avant.

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    • Répondu par Joe le 4 février 2015 à  11:19 :

      Peut-être que le fait que Gwen de Bonneval soit président du jury aide ? Ne soyez pas parano, ne voyez pas le mal partout !

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  • Riad Sattouf chez Drucker
    8 février 2015 16:04, par René

    Riad Sattouf est même invité chez Drucker pour parler de son bouquin (et de ses films et de Charlie hedbo), je ne connais pas d’autres dessinateurs qui ont une telle surface médiatique.

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