Robert Crumb, une biographie

16 février 2012 12 commentaires
  • Jean-Paul Gabilliet est professeur d'histoire et civilisation américaine à Bordeaux 3, chargé de cours à l’École du Louvre et à l'ESI à Angoulême, mais surtout passionné de comics : on lui doit une remarquable histoire culturelle des comic-books aux États-Unis ("Des Comics et des Hommes", Ed. du temps, 2005). Il nous livre aujourd'hui la première vraie biographie de la grande figure de la BD Underground aux USA : Robert Crumb.
Robert Crumb, une biographie
Crumb était le "pape" de la BD Undergroiund des années 1960
(C) Crumb / Lora Fountain Agency

Dans un aimable format de poche, à un prix modique (15 euros), découvrez tout ce que vous avez voulu savoir sur Robert Crumb, graphiste de génie et "pape" de la bande dessinée Underground américaine. Ce Baby Boomer, né en 1943, se trouve au cœur de la révolution contre-culturelle qui frappe l’Occident au lendemain d’une Seconde Guerre mondiale prolongée par la Guerre froide.

Aline Kominsky et Robert Crumb, vers 1974
Extrait de Jean-Pierre Mercier, "Qui a peur de Robert Crumb ?" (Angoulême : Musée de la Bande Dessinée, 2000), p. 26

Face à un gouvernement conservateur, anticommuniste, ségrégationniste, puritain et dominé par les vieilles badernes en uniforme, il est une des figures qui va faire passer la société américaine dans la modernité, au même titre que ces créateurs qu’il croisera au cours de sa carrière et qui eux-aussi laisseront une trace dans l’histoire culturelle : Allen Ginsberg, Janis Joplin, Jim Morrison, Charles Bukowski, Milton Glaser...

Crumb, c’est une esthétique qui peut tout appréhender (de Kafka à la Bible), surtout ce qui scandalise le bourgeois : une liberté sexuelle décomplexée, une vision du monde personnelle et sincère transformée en autofiction à laquelle les romans graphiques contemporains et la nouvelle BD s’abreuvent aujourd’hui de façon permanente : de Daniel Clowes à Charles Burns en passant par Joost Swarte, une pertinence politique enfin aux accents "écologiques" et "indignés" qui n’oublie jamais de privilégier l’humain face à toute idéologie aliénante.

Cet idéalisme individualiste a profondément marqué le petit monde de la bande dessinée depuis les années 1960 et, bien au-delà, car Crumb fait partie de ces auteurs cultes qui sont lus par un public pas forcément bédéphile.

Pour son propos et pour sa personnalité que Gabilliet nous restitue de façon précise et documentée, puisant ses informations aux meilleures sources, parmi lesquelles Crumb lui-même, sans jamais oublier de contextualiser l’œuvre, ce qui est la marque du bon historien.

Mr Natural, l’un des principaux personnages de Crumb
(C) Crumb / Lora Fountain Agency

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Robert Crumb par Jean-Paul Gabilliet - Presses universitaires de Bordeaux.

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12 Messages :
  • Robert Crumb, une biographie
    16 février 2012 23:43

    Dans un aimable format de poche, à un prix modique (15 euros)

    Tout est relatif, pour un livre de poche 15€ ce n’est pas rien.

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  • Robert Crumb, une biographie
    17 février 2012 10:28

    C’est vrai qu’en règle générale, j’ai l’impression que les gens qui sont dans la bd tout le temps ont tellement l’habitude de voir des bds à 12, 17 ou 20 € qu’ils ne se rendent plus compte que pour un divertissement qui se lit en 1/4 d’heure c’est horriblement cher ! Surtout que pour faire une bd faut vraiment pas grand chose non ?

    Ca m’est arrivé il y a peu. En passant chez mon libraire je trouve un truc de Morvan, "Zaia" je crois. Pas mal, chouette dessin, pas encré, bon mélange d’inspirations, bref, ça me plait bien ...je commence à lire et pouf, 10 minutes après j’ai fini ! Et quoi, 16 € ! Et la suite quand , dans 6 mois, un an ? C’est idiot. Il y a juste quelques scènes et hop, salut.

    Quand je pense que pour quelques euros de moins on peut se lire plusieurs centaines de pages d’Akira, je me marre...

    Franchement, pour le même prix je préfère me payer une saison d’une série HBO sur un site où on trouve du neuf pas cher...là j’en prends pour des heures...

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    • Répondu le 17 février 2012 à  16:39 :

      Surtout que pour faire une bd faut vraiment pas grand chose non ?

      Oui, rien du tout, juste une année de la vie de l’auteur.

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      • Répondu le 17 février 2012 à  17:43 :

        Rhaaaa mais bien sûr ! Je parlais d’investissement matériel comparé à n’importe quelle autre forme de divertissement, série télé, film ou jeu vidéo...ou que sais-je encore.

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      • Répondu par Oncle Francois le 17 février 2012 à  18:53 :

        Le temps est important,mais ne suffit pas.Il faut aussi surtout avoir du talent, ou alors l’astuce de transformer ses faiblesses en style affirmé. Ou encore profiter de l’engouement du public pour un thème à la mode, si possible de façon astucieuse (car il ne faut quand même pas avoir l’air trop opportuniste, sinon cela ressemble à de la récupération !)

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      • Répondu le 17 février 2012 à  23:45 :

        Cela coûte aussi beaucoup plus cher à fabriquer qu’un livre de littérature qui, lui, se vendra paradoxalement plus cher... Cherchez l’erreur.

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        • Répondu le 18 février 2012 à  01:50 :

          Certes, mais pour les bouquins, il y a les poches qui permettent de lire pas cher de très nombreux titres...y’a pas ça en BD...

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          • Répondu le 18 février 2012 à  09:34 :

            En BD, il y a le marché des occasions et surtout les bibliothèques. Je crois qu’il y a aussi quelques BD en "poche", sans doute moins chères donc.

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            • Répondu le 18 février 2012 à  13:38 :

              On ne peut tout de même pas comparer les millions de titres disponibles en poches et les quelques tentatives disparates et pas toujours heureuses en bd...

              Le numérique changera peut-être les choses en redonnant à la bd une place de divertissement bon marché....

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              • Répondu par GPoussin le 20 février 2012 à  16:55 :

                Euh… c’est un article sur un bouquin sur ROBERT CRUMB ! A part vos problèmes de quantité de lecture et de pognon, personne n’a rien à dire sur ROBERT CRUMB ? Non ? Pfftt…

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  • Robert Crumb, une biographie
    17 février 2012 16:23

    Vous chroniquez un ouvrage sans jamais en donner l’éditeur. Voilà qui est curieux : les références d’édition de l’ouvrage concerné sont pourtant nécessaires au lecteur.

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 17 février 2012 à  17:24 :

      Vous avez raison, c’est une omission, bien que les liens internet vous offrent une réponse. Nous modifions les articles en conséquence.

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