Roco Vargas : Promenade avec les Monsters - par Daniel Torrès - Editions Norma

26 février 2006 0 commentaire
  • Lorsque Daniel Torrès arrive dans le paysage éditorial francophone au début des années 1980 avec {Opium} ou {Sabotage}, il est déjà coutumier des ces albums référentiels au scénario si habilement enchevêtré qu'ils avaient tapé dans l'œil d'Alan Moore, pourtant un maître du genre.

Cette alliance entre la simplicité de la ligne claire et la complexité des meilleurs scénarios de SF, qui est la marque de l’auteur espagnol, se retrouve dans son dernier opus. Après un début de carrière chez Casterman, la série Roco Vargas continue depuis 2002 à être traduite sous le label Norma, une collection francophone de l’éditeur Catalan.

Il faut entrer dans l’univers de Torrès, à nul autre pareil. Atypique, mystérieux, empreint de poésie et d’étrangeté, il se joue des apparences dans un écheveau d’intrigues aux fils extrêmement bien noués. Ce disciple d’Yves Chaland a réussi un mix entre Adolphus Claar et La Guerre des Étoiles.

L’écrivain Mistral, le pseudo littéraire de Roco Vargas, est venu lancer son dernier livre aux confins de la galaxie. Il est à un tournant de sa vie créative. Il raisonne sur le futur d’un genre dans lequel il exerce son art, la science-fiction : « la science-fiction aspire à distraire les mondes et finit par découvrir le mécanisme qui les fait avancer » se dit-il, mais il se pose cette question fondamentale pour un créateur : « Croyez-vous aux choses que vous écrivez ? ». Elle en entraîne une autre : « Pourquoi écrivez-vous ? »

Pourquoi écrire, il est vrai, pour ce monde peuplé de consommateurs anonymes qui se comportent comme ceux qui pourraient bien être leurs frères inférieurs, les robots ? Cette question va lui être posée par un robot précisément, un robot aux mille visages, qui l’oblige à remettre en question le confort des apparences.

La création comme définition de l’humain, tel est l’enjeu de cet album qui délivre un message qui, sous ses aspects anodins, est d’une modernité bien plus prégnante que certains produits actuels qui prétendent à ce statut.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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