Rodrigue & Aucaigne : « Nous suivons les traces de Dupa »

18 septembre 2006 0 commentaire
  • {{Michel Rodrigue}} s'est distingué avec la reprise de {Clifton} et de {Cubitus} pour le compte du Lombard. Pour cette dernière série, il s'est associé à l'humoriste {{Pierre Aucaigne}}. Un travail respectueux de l'œuvre de Dupa, qui ajoute néanmoins une touche de modernité à cette série classique. Ils se confient à actuabd.com

Michel Rodrigue, vous devenez un spécialiste des reprises...

R : Je suis effectivement le cinquième dessinateur de la série Clifton ! Cette reprise s’inscrit dans la continuité. Mais concernant Les Nouvelles Aventures de Cubitus, il s’agit plus d’une succession, voire d’un héritage. Cette reprise ne fut pas évidente à assumer car ce personnage a un passé conséquent. Pour paraphraser Patrice Dard, je dirai que nous avons chaussé les pantoufles de Dupa et nous nous sommes aperçus qu’il s’agissait plutôt des bottes des sept lieues.
Le public de Cubitus est très fidèle. Nous nous obligeons à rester sincère à l’univers créé par Dupa...

Pierre Aucaigne, est-ce facile d’adopter l’humour d’un autre ?

A : Je n’ai pas eu de difficulté à m’acclimater et les pages sont tombées naturellement. Cet humour correspond à ma personnalité, à mon esprit, et à ma manière de travailler sur la scène. Je n’ai donc pas eu d’effort particulier à faire pour le retranscrire sur papier et dans les bulles...

Rodrigue & Aucaigne : « Nous suivons les traces de Dupa »

Vous n’aviez aucune expérience dans le domaine de la BD...

A : Effectivement, le premier Cubitus, En Avant, toute !, est mon premier album de bande dessinée. Michel Rodrigue et moi-même avons travaillé en étroite collaboration. Nous nous connaissions depuis une dizaine d’année.

R : Tu oublies de dire que tu es un lecteur de BD. La construction d’un gag pour la bande dessinée est relativement proche de ceux que tu destines à la scène. Et puis, nous avons l’habitude de nous parler pour nous échanger des idées. Pierre m’envoie un story-board pour chacune des planches. Nous remanions ensuite l’ensemble. En fait, nous sommes devenus complémentaires.

Avez-vous l’impression que votre Cubitus a évolué par rapport à celui de Dupa ?

R : Graphiquement, non ! Je suis rigoureux et j’apporte une importance primordiale à rester fidèle à son graphisme. Quant aux histoires, nous nous continuons dans la même lignée que le créateur de Cubitus. Ce sont avant tout des personnages du quotidien et leurs aventures ont toujours évolué en fonction des usages technologiques ou de nos habitudes de vie.

A : Nous avons donné de la fraîcheur à cet univers. La série s’est malheureusement arrêtée durant quelques années. Nous avons donc dû repartir sur de nouvelles bases sans dénaturer le personnage...

Vous marquez le coup en changeant le nom de la série et en apportant une nouvelle numérotation pour les albums.

R : C’est une volonté commune entre les auteurs et les éditions du Lombard. Trente-neuf albums ont été dessinés par Dupa. Ce dernier nous a quittés en Novembre 2000. Ses héritiers relancent aujourd’hui la série. C’est plutôt chouette : nous permettons aux jeunes enfants d’aujourd’hui de découvrir Cubitus. En fait, en dédicace, je m’aperçois que cette série a un public très varié : de la personne au look gothique aux mômes de cinq à neuf ans !

Avez-vous l’impression d’être artistiquement créatif en chaussant les bottes d’un autre auteur ?

R : Chaque gag reflète une situation inédite. Lorsque l’on a réalisé la parodie d’Harry Potter dans le premier album, c’était autant un travail de création que de récréation ... Dans le deuxième tome des Nouvelles Aventures de Cubitus, nous reprendrons ce principe et donneront une vision personnelle et loufoque de l’univers de Star Wars ! En fait, nous allons résumer les six films en cinq pages. Quel luxe ! (Rires)

Pourquoi avoir voulu incorporer ces parodies ?

A : Cela correspond à une envie de faire évoluer le personnage dans un autre contexte, hors norme, pour apporter une touche d’originalité.

R : Tout en prolongeant l’humour de Dupa. N’oubliez pas qu’il a réalisé des parodies de Buddy Longway, de Thorgal et d’autres séries dans ses albums. Nous n’avons fait que pousser la porte qu’il avait entrouverte.

Michel Rodrigue, vous avez longtemps accumulé les projets et les séries...

R : Cela fait vingt ans que je travaille dans la bande dessinée, et je n’ai quasiment jamais refusé une proposition. Je suis autodidacte. Chaque projet m’offrait la possibilité d’apprendre ce métier. Et puis, je devais tout simplement subvenir à mes besoins ...

Mais je ne suis pas plus ni moins stakhanoviste que certains qui réalisent un album en une poignée de jours et qui récoltent un prix - voire le Grand Prix - à Angoulême !

Vous n’avez pas l’impression que la BD d’humour est mal considérée par les professionnels ?

R : Pas du tout ! Les rencontres de presse que nous avons eues pour Cubitus se sont bien déroulées. Nous avons été agréablement surpris. Au fait, Pierre, t’ai-je dit que nous avions reçu une lettre de félicitation d’Albert Uderzo concernant notre reprise ? Il a dû acheter l’album. Il a écrit que la bande dessinée franco-belge avait encore de beaux jours devant elle, grâce à nous, notamment ! Et ce, quoiqu’en disent certains !

Un nouveau personnage fait son entrée dans la série ...

R : Oui. Bidule est le neveu de Cubitus et n’est encore qu’un chiot. Il se différencie de son oncle que par sa queue orangée et son langage. Il ne dit que "gazou" et "agazou" ! Bidule a un appétit démesuré, la baffe facile et le pipi tsunamiesque !
Nous l’avons créé pour ouvrir d’autres portes au niveau du scénario et agrandir la famille. Mais Cubitus reste le héros principal !

(par Nicolas Anspach)

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Illustrations (c) Rodrigue, Aucaigne & Le Lombard.

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