Roller Girl : pépite autant que dynamite !

29 octobre 2016 2 commentaires
  • Le roller derby, ça ne vous dit rien? Et bien vous manquez quelque chose! Heureusement "Roller Girl" est là pour combler cette lacune. Par le biais d'une histoire d'amitié ponctuée de coups de gueule autant que de coups en douce. Et surtout marquée par de sacrés coups de hanches dans la dernière ligne droite!
Roller Girl : pépite autant que dynamite !
S’inventer un "derby name", ou nom de guerre, point de départ pour devenir une roller girl !
© Victoria Jamieson

Astrid et Charlotte sont les meilleures amies du monde. Alors que se profile la fin de l’année scolaire, et bientôt l’entrée au collège, rien ne semble pouvoir briser ce lien, pas même le retour de l’épouvantable Rachel, armée de ses chaussons de danse. Mais tout bascule quand que les deux jeunes filles découvrent, grâce à la mère d’Astrid, le Roller Derby.

Deux équipes de filles, en rollers, se disputent la maîtrise d’une piste circulaire, à coups de "hits" assénés aux concurrentes, de cris de guerre et de têtes de tueuse. Un hymne au girl power incarnée, aux yeux de notre héroïne, par Rainbow Fight, l’égérie de l’équipe locale des Rose City Rollers de Portland.

Immédiatement conquise, Astrid supplie sa mère de l’inscrire à un stage estival des Rosebuds, section junior de l’équipe. Mais trahison : alors qu’elle comptait sur la présence de son indéfectible amie, celle-ci lui fait faux bond pour participer à un stage de danse, en compagnie de l’ennemie honnie. Commence pour Astrid une période de doutes et de tâtonnements, jalonnée de mensonges et de transgressions diverses.

Astrid surprend Charlotte et Rachel en pleine conversation. Ou l’amitié en question
© Victoria Jamieson
Le "hit", premier des rudes apprentissages du roller derby
© Victoria Jamieson

Roller Girl, c’est tout bonnement l’énergie de la pré-adolescence, de la complexe sortie de l’enfance, posée à l’état presque brut, dans une sorte de déferlement jubilatoire qui subjugue littéralement le lecteur. Formidable de dynamisme et d’humour, ce volume apparaît d’abord comme un des ouvrages les plus rafraichissants de l’année, tout autant à destination d’un public adulte qu’adolescent.

Mais c’est aussi un récit touchant sur les errements d’une toute jeune fille clairement pas dans le moule des conventions américaines. Et pour qui l’espace de liberté offert par le Roller Derby va constituer une véritablement bouffée d’oxygène. Quête de soi, questionnement sur son identité et mise à l’épreuve de ses relations aux autres, à un moment de bouleversement intime, c’est cela aussi que raconte ce superbe comics - ou roman graphique, si vous préférez - de Victoria Jamieson. Sans oublier un vrai discours, proprement féministe, sur la place des femmes dans la société et sur le rôle qu’on attend qu’elles y jouent.

L’histoire se trouve portée par un dessin que d’aucuns pourront trouver rudimentaire, certainement, mais qui correspond idéalement à son sujet, cette sortie de l’enfance ou se met en place une sorte d’ébauche de l’adolescence. Juste et sans fard d’un bout à l’autre, tout en demeurant attentif et bienveillant vis-à-vis des personnages, on a là une évidente réussite. Tout autant dynamite, par son enthousiasme et son engagement, que pépite, par sa sensibilité et son intelligence, Roller Derby nous apparaît comme l’une des très belles surprises de l’année.

Bonheur d’une vocation !
© Victoria Jamieson

(par Aurélien Pigeat)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Roller Girl. Par Victoria Jamieson. Traduction Chloé Seyrès. 404 Éditions. Sortie le 22 septembre 2016. 240 pages. 9,95 euros.

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2 Messages :
  • Inspiré d’un film ?
    31 octobre 2016 09:32, par Gilles

    Voilà qui donne très envie de lire cet album, bien que (ou d’autant que) le sujet et le traitement rappellent beaucoup le très beau film de Drew Barrymore sorti en 2010 avec Ellen Paige en 1er rôle, lui même adapté d’un roman de Shauna Cross (scénariste du film) : Bliss.

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    • Répondu par Aurélien Pigeat le 31 octobre 2016 à  10:00 :

      Merci pour votre commentaire. Malheureusement je ne vais pas pouvoir répondre à votre question concernant l’inspiration potentielle du volume et son lien avec Bliss de Drew Barrymore. Rien ne l’indique, même si la correspondance de sujet, et de thèmes, est frappante. L’ouvrage de Victoria Jamieson semble toutefois assez autonome et témoigner de sa propre passion pour le Roller Derby, comme le suggère la dédicace du volume :

      "Merci aux joueuses à travers le monde qui m’ont autorisée à utiliser leurs Derby Names pour certaines de mes personnages. Ce livre leur est dédicacé, ainsi qu’à tous les patineurs, les officiels, les bénévoles et les fans qui font vivre le Roller Derby. Je suis extrêmement fière d’appartenir à cette communauté".

      Cordialement,
      ap

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