Roma, T. 2 : Vaincre ou mourir - Par Luca Erbetta, Gilles Chaillet, Didier Convard & Eric Adam & Pierre Boisserie - Glénat

22 octobre 2015 2 commentaires
  • Le second tome de cette saga historico-fantastique sur la Ville Éternelle propose une très intéressante vision de la Rome dans le quotidien de la République et pendant les Guerres Puniques. Une série en phase de devenir une référence de fiction historique !

217 avant Jésus Christ. Rome est devenue l’une des premières puissances de la Méditerranée. Seule Carthage contrarie son hégémonie. Hannibal conduit ses armées en Italie, mais comment expliquer qu’il parvienne à vaincre les légions de la République romaine à plusieurs reprises sur ses propres terres ?

Sans doute car il est aidé par Furius Léo, descendant de Léonidas, qui espère briser la Malédiction qui accable sa famille en remettant le Palladium à Hannibal, avec la promesse que l’icône lui apporterait gloire et pouvoir éternels. Furius est prêt à tout sacrifier pour parvenir à ses fins. Il n’imagine pas que le Palladium retournera son plan contre lui, sur fond de guerres puniques et de luttes de pouvoir, dans un combat opposant les Dieux aux hommes et le Bien au Mal...

Roma, T. 2 : Vaincre ou mourir - Par Luca Erbetta, Gilles Chaillet, Didier Convard & Eric Adam & Pierre Boisserie - Glénat
Roma, T2 : Vaincre ou mourir - Par Luca Erbetta, Gilles Chaillet, Didier Convard & Eric Adam & Pierre Boisserie - Glénat

Comme prévu, la saga entamée en février dernier livre déjà son second opus. Après sa version du siège de Troie, Roma fait un grand bond en avant dans le temps pour mettre en scène les Guerres Puniques. Si on peut s’étonner qu’il ait fallu trois scénaristes chevronnés pour retravailler les bases solides de Gilles Chaillet, il on en constate cependant l’efficacité : le contexte est replacé en une page, avant faire connaissance avec les personnages qui vont rythmer ce tome.

La force du récit tient dans la juste incarnation du propos historique. Le personnage central se permet toutes les trahisons pour tenter de se débarrasser du Palladium, ce qui donne lieu à des tensions très vives entre les protagonistes. La petite histoire vient bien entendu rejoindre la grande, et l’on revit les mouvements de troupes qu’Hannibal fit autour de Rome. Les explications de l’historien Bertrand Lançon en fin d’album permettent d’ailleurs de mettre en lumière les éléments intrigants de la fiction.

Sans verser dans le récit didactique, la Rome républicaine s’étale devant les yeux des lecteurs...
Roma, T2 : Vaincre ou mourir - Par Luca Erbetta, Gilles Chaillet, Didier Convard & Eric Adam & Pierre Boisserie - Glénat

Les amateurs de Rome ne seront pas en reste : les auteurs mettent en scène les croyances, la vie quotidienne et les principaux bâtiments de Rome sans verser dans la visite guidée. On reconnaît ainsi les nécropoles de la Via Appia, le forum, la Via Sacra et en particulier la Curie dans laquelle les sénateurs se réunissaient pour présider la destinée de Rome. On peut aussi bien apercevoir ce que pouvait être le Capitole avec les temples de Jupiter et de Junon avant la construction du Tabularium à la fin de l’ère républicaine. On regrette juste que le cahier final ne donne pas plus d’explications sur la vie de Rome et de ces illustres bâtiments, car cela aurait pu se révéler passionnant de marquer album après album l’évolution de la Ville et de son architecture qui inspira le monde occidental. De quoi donner envie de se replonger Dans la Rome des Césars, le magnifique livre illustré de Chaillet !

Dernier élément marquant de ce second opus, le fait que les éléments moteurs de l’intrigue ne viennent pas uniquement des protagonistes ou du Palladium. Les scénaristes laissent les Romains eux-mêmes s’exprimer et influer sur le cours du récit. Les luttes de croyances entre Mercure et Mars, le quotidien des soldats et la force de la foule en cas de défaite ou de désertion (on se souvient de ce texte expliquant comme un père tua son fils en voyant qu’il avait reçu un coup dans le dos, ce qui prouvait sa couardise face à l’ennemi), sans oublier le statut privilégié des vestales qui allait de pair avec une vie de recluse bien éloignée de la vision idéale qu’on aurait pu en avoir.

Le fantastique demeure un des pivots de la saga
Roma, T2 : Vaincre ou mourir - Par Luca Erbetta, Gilles Chaillet, Didier Convard & Eric Adam & Pierre Boisserie - Glénat
Le tome 3 dessiné par Annabel paraîtra dans quelques semaines...

Après le premier tome dessiné par l’expérimenté Régis Penet, le graphisme descend d’un petit cran avec Luca Erbetta, mais était-il possible de se mettre à niveau ? Si on passe outre quelques expressions peu réussies, ou des effets de cadrage vraiment trop acrobatiques, l’ensemble reste d’une très bonne tenue, de quoi profiter avec beaucoup de plaisir d’une saga historique où le fantastique sait donner une impulsion sans dominer l’intrigue.

Le rendez-vous est déjà fixé pour le troisième tome qui paraîtra en janvier prochain. Tuer César reviendra sur le plus célèbre des figures historiques romaines. De quoi rendre cette série incontournable pour tous les amateurs d’Histoire et de bande dessinée !

(par Charles-Louis Detournay)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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Lire également notre article concernant le lancement de Roma, ainsi que notre interview de Chantal Chaillet & Gilles Convard : « Pour réussir la saga de "Roma", il faut faire preuve d’humilité, afin respecter le projet de Gilles Chaillet »

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2 Messages :
  • Réagissant à votre article, on ne peut pas s’empêcher de penser à Murena qui bien après Alix et avec comme lui beaucoup de succès, ressuscitait un genre aussi passionnant que le western ou le polar, le péplum.
    On ne peut pas s’empêcher de penser à Murena aussi parce qu’une fois encore, les éditeurs, s’observant à la longue vue, font avec cette énième resucée, preuve d’un suivisme navrant, d’une pauvreté créative évidente, faisant croire qu’il y aurait bien une recette au succès en BD et gavant le public, jusqu’a l’indigestion, qui doit dans le même temps gérer la profusion de feuilletons, films, bouquins dans une journée de 24h.

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    • Répondu par Charles-Louis Detournay le 23 octobre 2015 à  07:19 :

      Les éditeurs s’observent, c’est certain.

      Mais la passion de Gilles Chaillet pour Rome n’a rien à voir avec Murena, et son envie d’avancer dans l’Histoire (le cycle antique ne compte "que" cinq albums pour 1500 ans d’Histoire) le particularise. Et attendons de voir la partie contemporaine et futuriste !

      Je vous engage à relire mes articles de présentation (février 2015) pour plus de détails (lien en fin d’article).

      Cordialement

      CLD

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