Room Paradise T3 - Par Aya Oda (Trad. Julie Gerriet) - Soleil Manga

9 juillet 2014 0 commentaire
  • Après une nuit d'ivresse, Saya se réveille dans le lit de Sugiura, son collègue. Comment Kujô réagira-t-il? Troisième et dernier volume de ce {shojo}, ou plutôt {josei}, convenu certes, mais diablement efficace.

Sans certitude sur ce qui s’est passé, ou non, cette nuit-là, avec comme seul souvenir une marque de suçon compromettant dans le cou, Saya hésite entre être franche vis-à-vis de Kujô, son compagnon qui méprise au plus haut point secrets et mensonges, ou lui cacher les faits pour ne pas compromettre leur bonheur actuel.

C’est sur cette base que se déploie l’intrigue de ce dernier volume de Room Paradise, avant qu’un ultime obstacle -celui, annoncé dès le début du manga, de la carrière des deux protagonistes- ne vienne apporter un dénouement à cette romance.

Morale sauve, héros positifs et heureux, épreuves surmontées et dilemmes résolus : on a là le happy end bien évidemment attendu mais aussi habilement ménagé, même si l’épilogue fait le choix d’une forme d’idéalisation [1].

Aya Oda applique sa recette dans une version plus mature que celle de ses premières œuvres, changement de lectorat oblige. En effet, comme elle nous l’expliquait elle-même l’an dernier en entretien, la mangaka a changé de magazine, passant d’un lectorat de jeunes filles à celui des jeunes femmes. C’est cette transformation de la cible éditoriale qui justifierait qu’on classe ce titre plutôt du côté du josei que du shojo. Les protagonistes sont donc plus âgés (la trentaine environ) et les relations nouées recèlent d’autres enjeux que les amours adolescentes qu’Aya Odacontait au début de sa carrière. La sexualité y est aussi plus frontalement abordée, aussi bien dans les propos des personnages que dans les planches elles-mêmes.

Sans réelle surprise dans les événements racontés, Room Paradise se lit néanmoins avec plaisir du fait de sa narration très maîtrisée jouant intelligemment des moments de dramatisation et des phases de détente.

Room Paradise T3 - Par Aya Oda (Trad. Julie Gerriet) - Soleil Manga
Réveil compliqué pour Saya.
Room Paradise T3. KIMI TO RAKUEN ROOM © 2013 Aya ODA / SHOGAKUKAN
Les commentaires de ce tome 3 sont consacrés à la venue d’Aya Oda à Japan Expo l’an dernier.
Room Paradise T3. KIMI TO RAKUEN ROOM © 2013 Aya ODA / SHOGAKUKAN

On regrette cependant que la background très prometteur posé pour cette série ne soit pas davantage exploité. Le milieu de l’architecture sert finalement plus de prétexte que de cadre véritablement exploré.

Le cabinet est avant tout un bureau comme il en existe dans toutes les professions tandis que la résidence dans laquelle Saya emménage au début, avec sa salle commune si atypique, est au final peu développée en tant que telle.

Surtout, une pléiade de personnages secondaires alléchants gravite autour des héros sans que l’on ne voit l’un ou l’autre d’entre eux véritablement en scène. Les deux chapitres bonus du volume font prendre conscience du potentiel de ce personnel à peine ébauché : deux nouvelles autour de deux personnages d’arrière-plan, intéressante pour la première, juste et touchante pour la seconde.

On aurait aimé voir Aya Oda ponctuer sa grande histoire de plus petites construites autour de tous ces personnages que nous n’aurons eu le temps que de croiser durant cette quinzaine de chapitres.

Un léger sentiment de frustration au paradis ? Quoi de plus naturel au fond.

Se dire que l’on s’aime pour résoudre les conflits.
Romme Paradise T3. KIMI TO RAKUEN ROOM © 2013 Aya ODA / SHOGAKUKAN

(par Aurélien Pigeat)

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- Room Paradise T3. Par Aya Oda. Traduction Julie Gerriet. Soleil Manga. Sortie le 4 juin 2014. 192 pages. 6,95 euros.

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- Lire les chroniques du tome 1 et du tome 2, ainsi que l’interview d’Aya Oda réalisée l’an dernier

[1Kujô se voit proposer une promotion sous la forme d’une mutation en Inde pour un projet qui doit durer cinq ans. Il refuse pour rester avec Saya ,mais celle-ci ne veut ni qu’il abandonne ses ambitions pour elle, ni s’arrêter de travailler pour le suivre. Les héros optent donc pour un éloignement géographique, promettant de se marier au retour de Kujô, ce que confirme l’épilogue pour assurer la fin heureuse. La difficulté de la séparation géographique, sur une longue durée, est tout bonnement évacuée du récit pour ne pas briser la dynamique positive de cette romance.

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