Newsletter ActuaBD

SAS T4, Bin Laden : La Traque - Par Gérard de Villiers, Martin Eden & César - Glénat

  • Série à auteurs multiples, certains SAS sortent du lot en apportant un peu plus d'authenticité aux scénarii : c'est le cas de ce diptyque à la recherche de Bin Laden qui se suit avec plus de plaisirs !

Après avoir démasqué le Sabre de Bin Laden (un ancien ‘field officer’ de la CIA qui avait organisé les attentats du 11 septembre), le prince Malko Linge est envoyé au Pakistan pour débusquer l’ennemi public n°1 des USA. A Islamabad, Son Altesse Sérénissime va aller de surprises en attentats contre sa personne : ce qui devait être une formalité se révèle une féroce chasse à l’homme où les Talibans, aidés de certains éléments des services secrets pakistanais font tout pour barrer la route à l’envoyé de la CIA.

Les SAS se suivent … et ne se ressemblent pas. Après un premier tome scénarisé par un auteur plus habitué au département jeunesse, c’est Martin Eden qui reprend les rênes des cette adaptation. C’est un pseudo évidemment. Dans le milieu des services secrets, camoufler son identité est monnaie courante, et derrière cet évocateur pseudonyme dont je vous conseille de lire l’étonnante biographie, se cache un excellent scénariste qui travaille undercover.

Concernant le dessin, deux auteurs travaillent en alternance afin de fournir un album tous les six mois. Ainsi, les lecteurs minutieux auront reconnus dans le trait du dessinateur des SAS 1 et 3, le style d’Andréa Mutti, dessinateur prolixe de Section Financière, du Syndrome de Caïn, de Nero et de Break Point entre autres.

SAS T4, Bin Laden : La Traque - Par Gérard de Villiers, Martin Eden & César - GlénatSi scénaristiquement parlant, le tome 3 paraissait dénué d’intrigue, traitant d’une longue course-poursuite sans queue ni tête (au sens figuré), il est en tout autrement pour les tomes 2 et 4. César, jeune auteur du nord de la France, fait preuve d’un certain talent pour donner vie à ses personnages. Si on fait abstraction des visages aux traits tirés et sombres, les cadrages et les décors sont suffisamment travaillés pour que l’on suive agréablement l’intrigue. À ce niveau, le scénariste fait preuve de son efficacité : récit sans temps mort, doté d’une fin inattendue et de quelques flashes-back pour rythmer l’ensemble, tout en apportant suffisamment de crédibilité à ses personnages. Au-delà de l’enquête, on ‘pénètre’ dans la psychologie des différents protagonistes : Comment un agent de la CIA peut-il être amené à trahir son pays ? Comment Bin Laden parvient-il à rester caché depuis 6 ans ? Comment fonctionne une cellule terroriste et pourquoi est-il si complexe de les démanteler ? Même si chacun des albums de ce diptyque Bin Laden peut être lu séparément, l’ensemble revêt assez d’intérêt pour grouper la lecture, et se lancer à la poursuite de l’Insaisissable.

Évidemment, pas de SAS sans rencontre torride dans le coin crasseux d’un bouge du bout du monde, ou dans la suite luxueuse d’un grand hôtel : l’exotisme est à ce prix ! Peu de surprises sur ce plan-là : la traque de Bin Laden raccourcit les scènes charnelles avec les top-models rencontrées à chaque coin de rue. Moins explicite que dans les autres albums, l’ensemble gagne légèrement en sensualité, tout en restant souvent extrêmement déplacé dans le contexte du récit.

Une série commerciale à double vitesse, mais qui ne manque pas d’intérêt si on sait choisir les bons albums. À lire entre deux romans graphiques de la sélection d’Angoulême, pour se changer les idées !

(par Charles-Louis Detournay)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

 
Newsletter ActuaBD