SRA (Le monde D’Edena, n°5) - Moebius - Casterman

31 octobre 2001 0
  •   Simultanément, Moebius publie, dans une édition toute rafraîchie et avec un tiré à part exclusif, le tome 5 de l'élégante suite du "Monde d'Edena", et un recueil de récits partiellement inédits en albums. Souhaitons bon courage aux hagiographes qui devront remettre tout cela dans l'ordre chronologique d'une oeuvre riche, diversifiée et éparpillée.

Titre de ce cinquième tome du "Monde d’Edena" : SRA.
On avait laissé Stel et Atana séparés. Après des semaines de voyages, Stel arrive à SRA où une nouvelle Papesse est apparue. Stel pense que cela pourrait être Atana. Paradoxalement, il semble que cela soit "La Paterne" qui cherche à les réunir, pour mieux pouvoir les détruire ? Maître Burg arrivera-t-il à temps pour aider Stel ?

Après sept années d’absence, Moebius retrouve le chemin des "Mondes d’Edena". Il reprend à nouveau la série avec un plaisir manifeste. Pour le lecteur qui découvrirait la série avec cet épisode, une courte séquence au début de l’histoire rappelle les faits passés. Moebius possède un talent extraordinaire : celui de créer des mondes à plusieurs niveaux, dans lesquels le lecteur et les héros finissent par ne plus faire qu’un, cherchant ensemble à démêler l’écheveau minutieusement embrouillé par l’auteur. Dans la série du "Monde d’Edena", SRA est un bijou d’imagination et de poésie.

Simultanément, paraît un album hors-série, "Les réparateurs". C’est le recueil de quatre histoires courtes dessinées par Moebius entre 1990 et 2000. Si "La planète encore" avait été publiée initialement dans l’édition Casterman de "Sur l’Etoile", et "Voir Naples" dans "Made in L.A.", "Les Réparateurs" et "Mourir et voir Naples" sont deux récits inédits en album.

Chacune de ces histoires met en scène Stel & Altal ou les fameux Pif-Paf, mais aussi l’auteur lui-même ou le major Grubert. Laissant place à l’imagination du lecteur, "Les Réparateurs" est un album qui s’inscrit dans la tradition des oeuvres majeures de Moebius.

(par Patrick Albray)

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De son trait simple et élégant, Moebius nous entraîne dans un récit onirique où toute logique semble s’être définitivement évaporée. On reste admiratif devant la qualité de son dessin, et tout à fait perdu devant une histoire qui n’obéit à aucune loi, mêlant collisions de séquences, innombrables références aux albums précédents, disgressions, ironie et recul par rapport au récit en cours, bref un joyeux meli-melo aux couleurs sublimes mais très déroutant pour ceux qui ne sont pas docteurs ès-onirisme meobiusien.

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