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SVP, pas de Ferraille à la casse !

  • La solidarité entre éditeurs indépendants, ça peut exister. Ainsi, depuis une semaine circule sur le net un appel à l'aide des éditions Cornelius en faveur du magazine albigeois {Ferraille} publié par Les Requins Marteaux.

SVP, pas de Ferraille à la casse !Retour en arrière : en 1996, les Requins Marteaux lancent Ferraille en kiosque. C’est une démarche courageuse qu’aucun autre indé n’a tenté depuis des années. Malgré une diffusion restreinte, un papier bon marché et des auteurs alors inconnu, Ferraille réussi à tenir le coup pendant cinq ans. Au passage, le catalogue des Requins s’étoffe (plus de soixante titres aujourd’hui), et leur présence se renforce dans le paysage de la BD. Au festival d’Angoulême, leurs expositions sont remarquées voire acclamées : Monsieur Pabo en 1998, Supermarché Ferraille en 2002 et Musée Ferraille en 2003. Des auteurs comme Guerse, Pichelin, Bouzard - tout en restant fidèles à Ferraille - sont également publiés patr des structures professionnelles notamment Fluide Glacial et Psikopat. Leurs albums sont par ailleurs nominés aux Alph’Art.

Guerse et Pichelin
deux animateurs de Ferraille depuis ses débuts

Mais fin 2001, le magazine doit interrompre sa publication pour une année, le temps de se remotiver. Il revient en janvier 2003. Et cette fois, il a de l’allure, grand format, dos carré, 100 pages en couleur. La bande albigeoise est rejointe par d’autres pointures : Sfar, Placide, Satrapi, Luz, Blain, Capron et Micol... Dans sa présentation, le Ferraille Illustré (sous titré "le journal de la jeunesse moderne" ou "le journal des chics filles") joue la carte de la parodie commerciale qui avait fait le succès des expositions d’Angoulême. Cependant la formule semble avoir du mal à toucher un public plus large.

En effet, Ferraille N°23, troisième numéro de la nouvelle formule sera bientôt en kiosque. Selon Cornélius, faute d’une poignée de lecteurs, il pourrait être le dernier. Alors, si vous ne connaissez toujours pas le magazine, faites un tour chez votre marchand de journaux, il n’en coûte que 5,50 euros pour l’essayer.

Pour commander Ferraille Illustré

Super marché Ferraille, le site

(par Laurent Melikian)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

La lettre d’information de Cornélius :

Bonjour,

(...)

Le ton peut paraître sentencieux et déplacé mais il s’explique par le fait que nous avons échappé de justesse l’année dernière au dépôt de bilan et que nous apprenons cette semaine une nouvelle particulièrement inquiétante :

La revue FERRAILLE, éditée par Les Requins Marteaux, excellent éditeur albigeois, est menacée d’extinction alors même qu’elle venait de renaître après un an d’interruption !
Cette nouvelle formule, entièrement en couleurs, bourrée de promesses et de talents, va crever d’indifférence si rien n’est fait ! Mal rangée en kiosque, occultée à Angoulême par la prouesse du "Musée Ferraille", elle n’a pas bénéficié de la campagne de presse qu’elle méritait. Deux numéros sont
parus depuis janvier (le dernier sous une sublime couverture de Blanquet), un troisième sortira avec l’été, et ensuite, peut-être plus rien...

Pourtant, il reste un espoir ! Il suffirait que les ventes se redressent un minimum et l’huile de coude pourrait faire le reste. Comprenez bien qu’à l’échelle de la petite édition, la mort ou le salut ne sont qu’à quelques centaines d’exemplaires d’écart ! Le numéro 3, comme les précédents, proposera un sommaire fruité à souhait, avec la présence de Cizo & Winshluss, Morvandiau, Druilhe, Lewis Trondheim, Christophe Blain, Hugues Micol, Guerse & Pichelin, Blutch, Ludovic Debeurme, Morgan, Mathieu Sapin, Witko, Jean-Louis Capron, Fanny Dalle-Rive, Bouzard, etc. Cette revue est belle, excitante, et
surtout pleine de promesses qui ne se réaliseront jamais si elle venait à disparaître ! Alors un seul mot d’ordre : achetez FERRAILLE, offrez FERRAILLE, volez FERRAILLE, montrez FERRAILLE, parlez FERRAILLE, abonnez FERRAILLE, faites comme vous le sentez mais agissez, parce qu’après le prochain numéro, il sera trop tard !

Par ailleurs, nous entendons beaucoup dire ces derniers temps ³qu’il n’est plus nécessaire de soutenir les petits éditeurs". Certains semblent blasés, d’autres ne veulent plus se souvenir que quelques-uns des auteurs qu’ils apprécient tant aujourd’hui chez les gros éditeurs ont fait leurs armes chez les petits.... Ne lançons pas de polémique, ne sombrons pas dans le pathos, contentons-nous de constater que derrière la bonne santé auto-proclamée du secteur, il reste extrêmement difficile de faire vivre des structures comme les nôtres, alors même que l’Histoire récente a prouvé que notre
existence était indispensable à la création et profitable à la bande dessinée dans son ensemble.

Ne nous abandonnez pas. Vous avez besoin de nouveaux auteurs, les nouveaux auteurs ont besoin de petits éditeurs, et les petits éditeurs ont besoin de vous. Il ne s’agit pas d’être militant, juste de se montrer pragmatique.

Nous disparaîtrons un jour ou l’autre, mais vous pouvez repousser cette échéance, en faisant simplement ce que vous aimez faire : lire de la bande dessinée et en parler avec passion.

À bientôt !

Les gens de Cornélius

 
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