Saga T.4 - Par Brian K. Vaughan et Fiona Staples (Trad. Jérémy Manesse) - Urban Comics

10 février 2015 0 commentaire
  • Saga entame un nouveau cycle dans les aventures de Hazel et sa famille. Nouveaux personnages, nouveaux enjeux, l'avenir du couple interdit et le sort de la galaxie semblent plus incertains que jamais...

Après un long périple à travers les étoiles, nos Juliette et Roméo de l’espace, Alana et Marko, posent leurs valises et leur vaisseau sur le monde neutre de Jardinia, dans l’espoir d’y trouver un semblant de paix sous de nouvelles identités et loin des tueurs à gages et autres chasseurs de primes lancés à leur poursuite pour le seul crime de s’être un jour aimé.

Un papa père au foyer qui s’occupe seul d’une petite fille énergique, une maman qui retrouve un semblant de liberté et d’évasion à travers son travail, les amants tentent de faire profil bas et s’installent dans un certain train-train quotidien dans lequel diverses formes de tentation guettent. Et, de ce quotidien banalisé, des menaces plus dangereuses que tous les pistolets laser de certains robots princiers vont apparaître et menacer la stabilité de cette famille, alors que de l’autre côté de l’univers, au cœur du royaume Robot, des affaires politiques et terroristes secouent l’actualité.

Comment ces deux intrigues entreront-elles en collision ? C’est ce que cet album et ce nouveau cycle de Saga se propose de nous conter.

Saga T.4 - Par Brian K. Vaughan et Fiona Staples (Trad. Jérémy Manesse) - Urban Comics
© Urban Comics

Brian K. Vaughan parvient une fois de plus à toucher son lectorat en faisant cohabiter des codes narratifs opposés et qui, au lieu de s’entrechoquer dans un joyeux bordel, parviennent à se marier de manière harmonieuse et à en faire surgir un sentiment d’émerveillement permanent. Ainsi, cette histoire qui se revêt de l’apparat d’un conte ou d’une épopée merveilleuse, teintée de morale et de magie, se retrouve à partager quelques pas de danse avec un propos cruellement réaliste, emprunt de cynisme et d’un ton vulgaire provocant et choquant.

Les dessins de Fiona Staples participent une nouvelle fois grandement à l’ambiance de ce titre et à la richesse de son univers. La dessinatrice canadienne a tendance à focaliser son attention sur des plans serrés capturant l’essence des récits de Brian K. Vaughan, à savoir les dialogues et les interactions entre les différents protagonistes, portant son regard sur les expressions corporelles et la retranscription de leurs sentiments, au détriment souvent de décors dépouillés. Ces arrière-plans quelque part assez vides dégagent toutefois un certain charme et une impression d’émerveillement tout à fait adéquat à ce type de récit grâce à un effet de profondeur très réussi et à une colorisation lumineuse, surréaliste et très éclatée.

© Urban Comics

Brian K. Vaughan et Fiona Staples justifient avec ce quatrième album le succès critique et les chiffres de vente faramineux de leur saga romanesque spatiale, en conférant à leur histoire un nouveau souffle de fraîcheur et des intrigues qui rehaussent l’intérêt et élèvent les enjeux. Une réussite sur toute la ligne et une conclusion difficilement soutenable qui en fera frémir d’excitation plus d’un !

(par Marco ZANINI)

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