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Saint Germain, T1 : Le Comte des Lumières - Par J.F. Bergeron & Thierry Gloris - Glénat

  • Noble épicurien le jour, voleur de gemmes la nuit, la vie du comte Maximilien est loin d'être commune. Mais voilà que Louis XV le fait convier pour mettre à profit ses dons d'alchimiste. Encore un formidable mélange des genres du scénariste du Codex Angélique. Romantique et étrange à la fois.

Paris, sous l’ancien régime. Le babillard, qui désigne la pie en argot, est le surnom d’un monte-en-l’air spécialisé dans le vol de brillantes pierres précieuses. Derrière le masque, un certain Maximilien de Saint-Germain, noble jouisseur et imprévisible bretteur, dont les vols servent un étrange projet aux mêlant science et alchimie, orchestré par le mystérieux Monsieur Goupil.

Mandé en personne par le roi Louis XV qui ignore tout de ses activités de malandrin mais rien de ses talents d’alchimiste, Saint-Germain va être appelé au chevet du Maréchal de Saxe, victime d’un empoisonnement dont les royaux médecins ne parviennent pas à trouver l’antidote. Le salaire de Saint-Germain pour son travail ? Rien moins que « Le Régent », plus gros diamant du trésor royal. Voilà qui devrait plaire à Monsieur Goupil... Mais Saint-Germain ne se doute pas qu’il fait son entrée dans une étrange partie d’échecs politique où tous les coups sont permis...

Saint Germain, T1 : Le Comte des Lumières - Par J.F. Bergeron & Thierry Gloris - Glénat

Thierry Gloris est un scénariste à suivre de près. Après avoir magnifiquement conclu le Codex Angélique, il s’attaque de nouveau à l’Histoire, en la contant d’une manière innovante et espiègle à la fois. Tel son héros Saint Germain, il passe de l’humour au roman picaresque, des marivaudages au fantastique, tout en laissant toujours une importante part de mystère dans son récit. Le lecteur est donc constamment à l’affut des petits indices qui sont semés, tout en suivant les ébats malicieux de ce soi-disant alchimiste, dont on ne sait en définitive que très peu de choses.

L’ambiance fantastique est rehaussée par d’étranges scènes où se disputent des enfants, symboles des nations européennes, devant un échiquier qui rassemble les personnages de l’intrigue. Les lecteurs impatients d’en savoir plus sur cette mise en abîme singulière, pourront trouver quelques réponses complémentaires sur le site de la série

A tout seigneur, tout honneur, c’est le dessinateur J-F Bergeron qui eut l’idée de cette vision originale du XVIIIe siècle. C’est ici sa première série sous son vrai nom : il dessine le Crépuscule des Dieux, et de Tokyo Ghost sous le pseudo de Djief, et réalisa de nombreuses couvertures chez Soleil. Son dessin réaliste et ses couleurs donnent une illusion de théâtre. Tout peut être pris à la légère, et si certaines scènes sont plus violentes, c’est pour rapidement revenir à un ton coquin, où l’espièglerie n’est jamais loin. Seul petit regret : le dos de la jaquette pour les 40 ans de Glénat aurait pu être plus travaillée.

Une fois de plus, Thierry Gloris parvient à se mettre parfaitement au diapason de son dessinateur. L’album est très homogène, et transporte le lecteur dans un récit très prenant, tout en demeurant assez énigmatique. Une fois de plus, on espère que ce subtil équilibre ne sera pas rompu dans le second tome.

(par Charles-Louis Detournay)

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