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Saint-Pétersbourg rend hommage à la BD de témoignage et à… Tintin !

  • Pour sa 3ème édition, le Festival Boomfest de Saint-Pétersbourg (24 et 25 septembre 2009) rend hommage à la bande dessinée de témoignage et/ou autobiographique. Au menu, Joe Sacco, Emmanuel Guibert, Keiji Nakazawa, Niklolay Maslov… Mais aussi, ironie ? : Tintin au Pays des Soviets d’Hergé montré pour la première fois aux Russes !
Saint-Pétersbourg rend hommage à la BD de témoignage et à… Tintin !
Une image de l’anthologie de Comix finlandais GLOMP
(C) Glomp.

On connaît désormais, Boomfest, le Festival de bande dessinée de Saint-Pétersbourg animé par Dmitry Iakovlev que nos lecteurs ont déjà rencontré. Cette année encore, Il se distingue par une programmation particulièrement riche et intelligemment programmée.

En particulier, une belle brochette de bandes dessinées de témoignage, un genre devenu majeur ces dernières années, est à l’affiche :

- Palestine, une nation occupée de Joe Sacco (Vertige Graphic) qui retrace le séjour du journaliste-dessinateur en Palestine lors de la Première Intifada.

- Le Photographe d’Emmanuel Guibert Didier Lefèvre et Frédéric Lemercier (Dupuis) qui offre un fabuleux témoignage sur l’Afghanistan en 1986, en pleine guerre contre les Soviétiques. Un album, comme on le voit, célébré de part et d’autre de l’ancien Rideau de fer...

- Gen d’Hiroshima de Keiji Nakazawa (Vertige Graphic), l’incroyable témoignage dessiné d’un rescapé d’Hiroshima.

- Une Jeunesse soviétique de Nikolaï Maslov (Denoël Graphic) qui raconte la grisaille de son enfance sous le régime communiste.

Cette expérience sera mise en lumière par une conférence de Thierry Groensteen sur ce sujet.

D’autres participants touchant ce thème, comme l’auteure belge Dominique Goblet (Faire semblant, c’est mentir à L’Association) seront également présents.

Katja Tukiainen, dessinatrice finlandaise exposée à Saint-Petersbourg
(c) Katja Tukiainen

La Finlande invitée

La voisine Finlande est l’invitée du Festival cette année au travers du bicentenaire des relations entre Saint-Pétersbourg et ce pays. L’occasion de découvrir quelques-uns des fondateurs du 9ème art finlandais et quelques nouveaux talents de la BD locale mais aussi Katja Tukiainen, le peintre GLOMP, avec une master-class de bibliothécaires et de spécialistes de la BD finlandais. On remarquera la présence de Ville Ranta.

Un festival russe ne saurait ne pas se prévaloir de ses artistes locaux et là, les surprises ne manquent pas avec des artistes éblouissants comme Polina Petrouchina, Askold Akishin, Edik Kathikin… dont on entendra très certainement parler un jour en France.

La très talentueuse auteure russe Polina Petrouchina
(c) Polina Petrouchina

Une exposition Lorenzo Mattoti met en avant les travaux de cet artiste italien d’exception.

Les Slovènes de Stripburger que les Français connaissent puisqu’ils ont été primés à Angoulême, ont également droit aux cimaises.

Tintin au Pays des Russes !

La cerise sur le gâteau est certainement la présence à Saint-Pétersourg d’un hommage rendu aux 80 ans du Tintin de Hergé dont le premier album, Tintin au Pays des Saviets, inspiré du séjour d’un diplomate belge, Joseph Douillet qui produisit en 1923 un pamphlet anticommuniste intitulé Moscou sans voiles, intéressera particulièrement les Russes, en particulier ceux de Saint-Pétersbourg où démarra la Révolution d’octobre en 1917. Sans doute, le biographe d’Hergé Benoit Peeters, présent au festival, éclairera-t-il les visiteurs russes du contexte de cette publication.

Pour ceux qui aiment prendre leurs vacances hors saison, voici une belle destination le temps d’un week-end.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Festival Boomfest : Les 24 et 25 septembre 2009.

Loft Project Etagi (petit espace inclus dans le site d’exposition “Manege”), Le Musée Nabokov, La galerie Bulthaup, La galerie “100 svoikh”, l’Hôtel “Helvetia”, la galerie Saray, the Narva Triumphal arch, le cafe Washing of 40 degrees, le cafe ZOOM, etc.

Les expositions sont visibles du 4 septembre au 20 octobre 2009.

Le site du festival

 
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6 Messages :
  • Polina Petrouchina est également étudiante à l’Ecole supérieure des arts décoratif de... Strasbourg !
    (ce qui n’enlève naturellement rien à son grand talent, bien au contraire)
    Vous pouvez suivre son travail sur son blog :

    Voir en ligne : Boublik

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  • Saint-Pétersbourg rend hommage à la BD de témoignage et à… Tintin !
    28 juillet 2009 22:23, par de Hadoque (Chevalier)

    Bonsoir à toutes et à tous !

    Enfin ! Enfin, Hergé entre en Russie par la Grande Porte ! Enfin, ce stupide Consul de Belgique en Russie est remis à sa place ! Ce Doucet à sali la Russie de l’époque au grand bonheur des curés du monde entier et plus particulièrement du curé Wallez ! Notre gamin de Hergé n’avait à sa disposition que ce seul ouvrage pour décrire le communisme de l’époque, ce danger mondial !!! Normal, les crève-la-faim avaient liquidé les immensément riches et comme en plus il n’y avait que deux classes sociales, le problème a été vite réglé !
    ...et Hergé de traduire en dessins ce fameux "Moscou sans voiles".
    Bravo Monsieur Dmitry (mon petit-fils s’appelle... Dimitri !) pour le courage et l’audace que vous avez eue de présenter Hergé en Russie. Il vous a fallu beaucoup de diplomatie pour y arriver, j’en suis certain.
    Quant à moi, c’est très simple, je suis non pas tintinophile, mais tintinolâtre ! Je crois que vous l’avez senti dans mon commentaire, mais surtout, j’essaie de replacer les albums d’Hergé dans leur contexte politique lorsqu’ils ont été dessinés. Et si les pays européens se sont permis de critiquer le "bolchevisme", ils feraient ,mieux d’observer leur propre comportement dans le Lotus Bleu, lorsqu’ils étaient en Chine : ils ne devraient pas se vanter et se permettre de critiquer la Russie parce que les Américains l’ont décidé ! "Balayez devant votre porte", Messieurs les membres des concessions chinoises avant de critiquer les Russes de l’époque.
    Je vous souhaite beaucoup de succès dans votre entreprise et dans celles à venir.
    André

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    • Répondu par Flocon le 30 juillet 2009 à  12:09 :

      Bof ! moi je préfère "Spirou à Moscou" de Tome et Janry : beaucoup plus drôle et bien mieux dessinné, scénarisé,colorisé, bien mieux heu oui disons le bien mieux TOUT...

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    • Répondu par jacques langlois le 30 juillet 2009 à  16:52 :

      Petite précision : l’ex-consul de Belgique à Rostov sur le Don, inspirateur d’Hergé à l’époque, s’appelait Douillet (et non Doucet, comme il est écrit par erreur dans l’article et dans ce commentaire).

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      • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 30 juillet 2009 à  21:06 :

        Vous avez tout à fait raison, mon cher Jacques. Merci pour cette précision, corrigée.

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    • Répondu par Artisan le 12 août 2009 à  09:43 :

      Tintin chez les Soviets (et non "en Russie") détonne par sa politisation dans l’oeuvre de RG, certes. On connait l’orientation du petit XXe en outre. Mais et alors ? A défaut d’intellectualisme, quelle verve ! L’oeuvre en Amérique est aussi justement peu flatteuse des USA en réalité, mais plus intellectuelle.

      Certes, capitaine je comprends votre irritation "historique" qui justifierait l’appareil soviet par les exces du tsarisme. Mais permettez moi de rejeter un peu aussi cette analyse dialectique fataliste. Doit on se figurer que tous les paysans furent regicides, tous les Allemands des Nazis tous les anti-tsaristes des bolcheviks !?

      En revanche l’analyse historisante du Lotus bleu n’est guère honteuse à mes yeux. Le rôle agressif du Japon qui y est stigmatisé est d’avantage associé avec la complaisance criminelle des Anglais "dealer" ce qui montre bien une fine clairvoyance.

      Dupont et Dupond sont aussi le symbôle d’un pompeux esprit policier occidental en faillite à mon avis et il peut ôter le besoin impérieux de "balayer à notre porte" dans l’oeuvre très ironique du maître.

      Plus plus dérangeant reste le manque de conscience du fameux "Congo" dans lequel la banalisation du drame de civilisation Africain frise parfois le sarcasme.

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