Sakura-gari, T1 - Par Yuu Watase - Tonkam

13 mars 2010 0
  • Le premier essai de la célèbre dessinatrice de shojô dans le monde du yaoi s'avère très concluant. Malgré l'emploi de quelques clichés, elle offre ici une œuvre à la fois cruelle et romantique, quelque peu différentes de ses précédents travaux.

En 1920, le jeune Tagami Masataka a 17 ans et souhaite intégrer une grande université japonaise. Il quitte alors sa famille pour se rendre à Tokyo et y trouver un travail et un logement avant de commencer ses études. Une fois sur place, il propose ses services à Soma Saïki, un jeune baron aux affaires fleurissantes qui l’accepte à ses côtés.

Mais son maître est un homme mystérieux qui séduit toutes les personnes de son entourage, hommes ou femmes, parfois même sans le vouloir. Les secrets et les cadavres vont alors commencer à s’amonceler autour de Tagami qui prend peur, malgré son attirance certaine pour le jeune maître.

Sakura-gari est la première incursion de Yuu Watase dans le yaoi et le moins qu’on puisse dire est que cette entrée est remarquable. Avec ce manga, elle nous propose en effet quelque chose de très différent de ce à quoi les lecteurs étaient habitués, aussi bien sur le fond que sur la forme. Exit les décors abondants et le souci du détail. Malgré un format plus grand et donc plus d’espace, la mangaka a choisi la sobriété. Elle mise sur les gros plans et l’expressivité du regard, ce qui ajoute une certaine tension dans la narration. Car cette œuvre s’apparente plus à un drame qu’à une série fantastique où la jolie héroïne pouvait compter sur sa bande d’amis pour la soutenir. Ici, tous les personnages sont seuls et cachent une part d’ombre.

Bien que les scènes d’amour manquent de sensualité, Sakura-gari a l’avantage de bénéficier d’un scénario plus complexe que la majorité des œuvres de ce genre. Après plus de 20 ans de carrière, Yuu Watase nous montre qu’elle a plus d’une corde à son arc et qu’elle peut faire ben plus que du shojô et de manière plutôt brillante.

Espérons que son incursion dans le shônen connaisse la même réussite.

(par Stéphanie Francqueville)

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