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Salon du Livre 2012 : Naruto en numérique, Hachette contre Amazon et AveErotix

  • Si le Salon du Livre 2012 a des petits airs de Japan Expo cette année c'est que l'édition nipponne est l'invitée cette année. Kana en profite pour lancer sa version numérique de Naruto, afin de couper court au "scantrad" (offre numérique pirate). Mais l'offre légale pose également problème à l'industrie de l'édition et le Groupe Hachette commence à montrer les dents, tandis qu'Aquafadas lance AveErotix, une offre de BD coquines.

Les mangas sont très présents au salon du Livre cette année puisque le japon est l’invité d’honneur comme nous l’avions raconté voici quelques jours.

C’est l’occasion d’effets d’annonce : "Naruto, la série la plus téléchargée illégalement, arrive enfin avec une offre légale, clame victorieusement un communiqué de Kana. La série phénomène, au plus de 110 millions d’exemplaires vendus dans le monde, lancée par l’éditeur japonais Shueisha, sera disponible très prochainement ! Cette série sera présente sur toutes les principales plateformes de ventes d’ebooks et librairies virtuelles, ainsi que sur Iznéo."

Salon du Livre 2012 : Naruto en numérique, Hachette contre Amazon et AveErotix
A l’occasion des 10 ans de Naruto, une exposition a lieu au Salon du livre de Paris 2012

Une "Loi Lang" des pixels ?

Mais dans les convergences de communication dont un événement comme le Salon du Livre a le secret, c’est plutôt une interview d’Arnaud Nourry, PDG d’Hachette Livres, à la revue économique Challenges qui interpelle.
Deuxième éditeur du monde, propriétaire de Pika, distributeur de Glénat et d’autres structures éditoriales de BD, l’homme qui a racheté Albert René à Albert Uderzo et à Anne Goscinny et réussi à convaincre Uderzo de continuer Astérix y compris après sa mort, est inquiet par la montée en puissance d’Amazon, le premier libraire mondial en ligne qui vient de faire une percée notable dans les tablettes numériques avec son Kindle Fire.

Arnaud Nourry, PDG de Hachette Livres, inquiet par la montée en puissance des libraires en ligne comme Amazon

Il lui reproche notamment d’être derrière les perquisitions faites en mars 2011 par les enquêteurs de la Commission européenne dans les plus grandes maisons d’édition parisiennes. Leur objectif ? Prouver une entente entre les éditeurs français et notamment Apple aux fins de fixer un prix du livre numérique, une sorte de Loi Lang des pixels, mais au niveau mondial. Dans la patrie du libéralisme sauvage, cela dérange...

Nourry montre du doigt une profession qui s’est tue sur la question, s’écrasant devant les intimidations des tycoons numériques américains : "La solidarité professionnelle a nettement trouvé ses limites, témoigne Arnaud Nourry à Challenges. Ils ont senti les balles siffler. C’est oublier que le numérique connaît mal les frontières."

La bataille fait rage et le sexe est, comme souvent sur la toile, le premier vecteur de la diffusion sur ces plateformes. AveComics et Aquafadas l’on bien compris qui lancent à l’occasion du Salon du Livre une plateforme de BD coquine intitulée AveErotix : Songes Coraline de Dodson & Fillipi (Humanoïdes Associés), Les Yeux de Pandora de Manara & Cerami (Humanoïdes Associés) ou Happy Sex de Zep (Delcourt) sont au programme...

Face à la pruderie mâtinée de censure de Apple et des autres opérateurs américains, parangons du Politiquement Correct, c’est encore un autre combat qui se mène, mais finalement pas trop éloigné du premier, car liberté de création et diversité de la diffusion marchent ensemble.

Aquafadas lance AveErotix
Capture d’écran

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Le programme Manga du Salon du Livre
Salon du Livre - du 16 au 22 mars 2012 - Porte de Versailles (Paris)

En médaillon : Arnaud Nourry - Photos : D. Pasamonik (L’Agence BD)

 
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4 Messages :
  • "est inquiet par la montée en puissance d’Amazon, le premier libraire mondial en ligne qui vient de faire une percée notable dans les tablettes numériques avec son Kindle Fire."

    Et donc, sa réaction (avec celle de Delcourt et Glénat) concernant la BD (puisque c’est ce qui nous intéresse ici) n’est pas de se lier à Iznéo mais de créer une alternative, c’est cela ?
    Didier, faut que tu m’expliques la logique capitaliste qui se cache derrière parce que vraiment, je ne comprends pas. C’est quoi la stratégie ?
    Ne vaudrait-il pas mieux que tous les éditeurs français de BD se rassemblent sous une même bannière avec un projet commun pour lutter contre Amazon et peser sur ITunes. Là, j’ai l’impression d’un affaiblissement.

    Si tu pouvais nous expliquer mieux, développer un peu. Merci !

    f*

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    • Répondu par Job le 19 mars 2012 à  07:00 :

      Je plussoie avec F*, pour amazon and co, pas besoin de diviser pour mieux régner, les éditeurs font ça très bien eux même ????

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  • Bonjour,
    je suis étonné (ou alors je suis passé à côté sur votre site) de ne voir aucun article sur la revue BD NAG qui vient de sortir en application Appstore gratuite, téléchargeable sur Iphone ou Ipad. Cette initiative est la première du genre et on la doit à un AUTEUR (Pierre-Yves Gabrion). Je vous invite à écouter son interview sur la page de l’émission de radio consacrée à la BD : RADIOGRAPHIX

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    • Répondu le 19 mars 2012 à  11:47 :

      Même pas une brève, il me semblait pourtant avoir vu une brève... non ?

      En tous cas, pas d’article. Et cet oubli montre bien le fossé qui sépare l’édition papier de l’édition numérique.
      Oui, la rédaction va dire "si vous voulez d’autres articles venez les écrire"

      Certains diront "ça manque encore d’iPad chez les journalistes BD..."

      En tous cas, une info sur le piratage ou sur la communication numérique d’un gros groupe a beaucoup plus de chances de passer.

      Quand les éditeurs vendent plus cher un livre numérique qu’un poche, on a de gros doutes sur la volonté des éditeurs de développer le secteur. L’autre matin sur France Inter, aucun journaliste n’a posé la question à Antoine Gallimard qui se positionne maintenant en parangon du numérique...

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