Santetsu - 11 mars 2011 - Après le cataclysme - Par Koji Yoshimoto - Glénat

3 avril 2013 1
  • Koji Yoshimoto rend hommage à ces hommes et ces femmes qui, tout de suite après le tsunami qui a frappé le Japon en mars 2011, ont essayé envers et contre tout de rétablir la communication avec les zones sinistrées.

11 mars 2011. Une date qui restera graver dans les mémoires japonaises. Et mondiales. Un gigantesque cataclysme s’abat sur la côte Est du Japon, une vague immense engloutit tout sur son passage. Un tremblement de terre qui engendre un tsunami et c’est tout un pays qui vacille. Des milliers de morts et de disparus, des déplacés par centaines, une partie du territoire ravagée et cette désormais célèbre centrale nucléaire qui fait peser un fardeau de destruction massive sur la tête de la nation. Tout le monde a pu voir cela dans les journaux, ces images de destruction diffusées en instantané sur Internet, ... Mais dans ce manga, ce documentaire plus exactement, c’est une autre histoire qui se joue.

Au-delà de ce qui a marqué les esprits, Koji Yoshimoto nous conte la solidarité et la force de volonté de ces Japonais qui ne se sont pas effondrés face à la catastrophe. Aberrant anéantissement qui a fait plier la population mais ne l’a pas fait rompre et qui avec une réaction typiquement japonaise veut se relever. Il décrit la détermination à rétablir le chemin de fer dans cette zone complètement sinistrée. Sobre, il se place dans un veine réaliste pour retranscrire les sentiments et les efforts déployés par les employés des trains et par leurs passagers.

Ce récit, le premier du genre à être publié en France, se veut comme un témoignage célébrant ce courage et cette constance. Basé sur les déclarations des participants, il se veut la juste retranscription des événements, complété par des cartes, des photos et les paroles des survivants.

Certes utile, le récit pâtit néanmoins de tous ces visages souriants, de ces personnages figés qui, dans leur attitude de pose, entrent en contradiction avec le caractère nécessairement vivant du documentaire. Ce faux pathos entraîne le lecteur dans un pays où tout est beau, où tout est joli, image d’Épinal du Japon et de ses habitants. Les avaries physiques et les disparitions n’entraînent pas d’accroche chez celui qui les lit, qui passe dessus comme sur le nombre de morts recensé chaque soir dans les journaux télévisés. Un certain manque d’empathie que l’auteur essaie de compenser en se mettant en scène dans de remarquables postures de surprise. Faisant fi de son graphisme, il finit simplement par n’être que la stricte chronique des faits et n’arrachera à son lecteur qu’un sentiment béât pour le caractère héroïque des acteurs de cette singulière tragédie, sans vraiment de recul critique.

(par Vincent GAUTHIER)

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1 Message :
  • Ce manga-documentaire est un excellent portrait de la mentalité japonaise. Là où Vincent Gauthier voit du pathos, se trouve justement les traits particuliers de cette mentalité (qui est encore plus criante de vérité en campagne). Par exemple, le fait de répondre en souriant est avant tout une marque de timidité et de retenue au Japon où mettre en exergue ses émotions est considéré comme de l’impolitesse. Ce qui nous paraît figé dans les attitudes, fait partie intégrante de la manière de s’exprimer là-bas.
    Je conseille vivement la lecture de ce manga qui pourra donner une image certes déconcertante pour ceux qui ne connaissent presque rien au Japon, mais une image juste et surtout un récit véridique. On y dresse un portrait qui peut sembler flatteur ou valorisant (voire héroïque), mais c’est une fausse impression car le ton reste toujours juste et surtout typiquement japonais...
    À lire...

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