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Sara Lone, T1 : Pinky Princess - Par Arnoux & Morancho - Sandawe

  • Alliant l'expérience d'Erik Arnoux et la maturité d'un dessinateur espagnol confirmé, cette nouvelle série de Sandawe bastonne grave : ça va faire mal !

USA. Fin des années 1950. Les événements se bousculent dans la vie de Joy Carruthers, gogo-danseuse d’une boîte de striptease de la Nouvelle-Orléans. Alors qu’elle vient d’apprendre le meurtre sauvage de son père dans sa ville natale de la côte Est du pays, elle doit affronter les élans brutaux de son patron alors qu’elle vient chercher sa paie.

Partie sur un coup de tête, elle est accusée d’un meurtre qu’elle n’a pas commis et se trouve secrètement recrutée par un mystérieux organisme fédéral. Il lui faut démêler les fils d’une double intrigue : l’assassinat de son père et la disparition de documents compromettants qu’elle a dérobés. Elle n’a pas le choix : c’est ça ou la chaise électrique pour l’assassinat de son patron…

Sara Lone, T1 : Pinky Princess - Par Arnoux & Morancho - Sandawe

Le tome deux est déjà entièrement financé : l’avenir semble clair pour cette série déjà confirmée !

D’emblée, l’expérience d’Erik Arnoux fait pencher la balance du bon côté, même si son scénario n’évite pas quelques clichés et des grosses ficelles : l’intrigue est bien orchestrée et avance suffisamment vite pour qu’on ne s’attarde sur ces quelques points faibles. On glisse sur les quelques récitatifs parfois trop bavards, pour se laisser prendre au jeu de cette héroïne à qui tout tombe sur la tête en même temps.

La maturité de la mise en scène d’Arnoux profite directement au dessinateur David Morancho : en dépit de quelques défauts anatomiques, il réalise ici un premier album (pour le marché francophone) presque parfait, grâce précisément à son expérience acquise sur le marché espagnol ! Les ambiances sont très travaillées et apportent une reconstitution crédible de l’époque. Les personnages sont campés avec une grande authenticité, en particulier l’héroïne dont la fragilité et une certaine force de caractère suscitent automatiquement l’empathie du lecteur.

Les lecteurs ne s’y sont d’ailleurs pas trompés, car le deuxième tome de Sara Lone est déjà complètement financé. Il paraîtra donc à l’automne 2014. Il nous en dira plus sur la mystérieuse mission pour laquelle la jeune tireuse a été recrutée.

Sara Lone recèle tous les ingrédients d’un excellent polar : une ambiance savamment campée, un dessin aussi rigoureux qu’évocateur, une héroïne charismatique, des méchants prêts à tout, une limbe de mystère autour d’un commanditaire obscur, le tout enveloppé un climat poisseux à souhait. Un excellent divertissement qui devrait se distinguer en librairie.

(par Charles-Louis Detournay)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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3 Messages :
  • @ CLD : Juste pour me permettre de rebondir sur une phrase, concernant les récitatifs. C’est un procédé scénaristique bien connu, une voix off qui permet de pouvoir intensifier une ambiance, de rajouter des ressentis, contribuer à créer une atmosphère, et il me semble - de mon point de vue évidemment - que c’est un gain pour la compréhension du récit. On ne parle pas ici (enfin j’espère) de redondance comme jadis dans les BD de notre enfance mais davantage de focus, surlignant une image en en dessinant d’autres contours.

    Merci pour cet article de fond qui met en avant le travail de David Morancho, dessinateur surdoué avec qui il est très agréable de travailler.

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    • Répondu le 4 janvier 2014 à  20:26 :

      en avant le travail de David Morancho, dessinateur surdoué

      Il faut arrêter avec les adjectifs Surdoué et Virtuose. On a vu tellement de bras cassés, semi-amateur pas doué publier des albums, que les dessinateurs qui savent dessiner, faire leur boulot (c’est quand même un minimum non ?) se voient qualifier de Génie, Virtuose, Surdoué, Tueur (beuark) etc... Alors que ce sont de bons dessinateurs qui savent faire leur travail, c’est déja beaucoup.

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      • Répondu le 6 janvier 2014 à  00:55 :

        Cette inflation d’épithètes est simplement révélatrice du ghetto dans lequel la bande dessinée patauge encore. Si les ouvrages s’émancipent et les créateurs évoluent le lectorat lui reste infantile. Prêt à l’admiration univoque, à la contemplation béate au pied des chapelles. Il y a très très peu de surdoués en bande dessinée, encore moins de génies. Mais il y a beaucoup de créateurs intéressants. Conserver un esprit critique, connaitre son histoire de l’art permet de s’orienter et aussi de s’exprimer avec pertinence.

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