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Secret Six : les Vilains les plus intéressants de DC débarquent enfin en France !

3 octobre 2016 0 Comics par Aurélien Pigeat
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  • Surfant sur la vague de la très populaire "Suicide Squad", Urban Comics sort de ses cartons une autre équipe de Vilains, moins connue mais particulièrement estimée par les fans : les Secret Six, modernisés et développés par la prolifique Gail Simone. L'occasion de découvrir, si besoin était, un univers, des personnages et une saga des plus atypiques.
Secret Six : les Vilains les plus intéressants de DC débarquent enfin en France !
Les Secret Six, pour l’heure seulement quatre...
Secret Six © DC Comics

C’était le moment ou jamais. Le programme éditorial déployé par Urban Comics ces derniers mois avait enfin posé les jalons permettant d’introduire les intrigues des Secret Six, comme nous l’annonçait il y a déjà deux ans François Hercouët, directeur éditorial d’Urban Comics. L’équipe, dans sa version moderne imaginée par Gail Simone, avait été introduite dans le tome 2 Infinite Crisis, et le personnage de Deadshot présenté via le très beau récit de John Ostrander.

Surtout, les "vilains" de DC viennent d’être mis à l’honneur cet été avec une adaptation cinématographique de la Suicide Squad réservant une place de choix au personnage de Deadshot, justement. Une fenêtre de tir idéale pour proposer la série consacrée aux Secret Six, en ajoutant, argument marketing en tête, le nom de Deadshot pour attirer un lectorat dépassant le cadre des inconditionnels de l’univers DC.

D’où viennent les Secret Six ?

Deadshot en action
Secret Six © DC Comics

Car les Secret Six ne sont guère populaires, même s’ils sont estimés par les amateurs, finissant à la quatrième place d’un récent classement des meilleurs runs [1] de la dernière décennie [2]. Créée à la fin des années 1960, en plein Âge d’argent des comics, l’équipe peinera à s’imposer, malgré quelques fugaces tentatives pour la relancer dans les années 1970 et 1980.

Mais en 2005 Gail Simone s’empare du nom, tout en modifiant de manière conséquente le concept initial. Si la scénariste conserve dans un premier temps la présence d’un "Mockingbird" à l’origine de la réunion des différents membres du groupe, elle s’en débarrasse à l’issue de la première intrigue vécue par celui-ci. Surtout, elle décide de faire des Secret Six une réunion non pas de héros mais de vilains de deuxième voire troisième zone qui plus est, récupérant certains personnages oubliés ou désuets, en inventant d’autres au besoin.

Séance de torture : nous avons bien affaire à des vilains, quand même...
Secret Six © DC Comics

Voilà qui lui octroie une liberté de ton, mais aussi de développement, car elle peut ainsi faire vivre - et mourir - ses personnages comme elle l’entend. Les intrigues font dès lors la part belle aux trahisons, aux retournements de veste comme de situation. Tandis que les personnages s’inscrivent d’emblée dans des marges que leurs aventures permettent de cultiver et d’approfondir.

Alors bien sûr, nous avons affaire là à des vilains au grand cœur, mis au ban de la société - super-héroïque ou tout court - souvent pour de mauvaises raisons. Mais la folie qui les anime et les pulsions qui les dominent constituent bien le moteur de l’action et les repoussent toujours in fine du côtés des parias et de l’ombre dont ils ne parviennent jamais vraiment à s’extraire. Belles figures bravaches et tragiques, nos Secret Six traversent le monde des super-héros de manière tonitruante et maladroite, mais avec un charme indéniable.

Maternité et paternité, un des thèmes récurrents de la série et concernant plusieurs membres du groupe : Deadshot et sa fille, Catman devenu père de l’enfant de Cheschire et maintenant Vandal Savage voulant un héritier de sa fille Scandale, lesbienne
Secret Six © DC Comics

Un premier volume hybride

La Doom Patrol comme adversaire !
Secret Six © DC Comics

Ce premier gros volume dédié à nos anti-héros se compose de deux développements distincts. Nous avons tout d’abord les débuts de la série propre à l’équipe, puis une affaire des Birds of Prey dans laquelle les Secret Six sont partie prenante. Gail Simone se permet là une sorte de cross-over [3] entre deux séries qu’elle scénarise.

Si la seconde partie du volume demeure sympathique et permet de découvrir nos vilains dans un autre contexte, développant des interactions avec d’autres personnages de l’univers DC, c’est surtout le premier récit qui emporte le morceau : violent, déjanté, inattendu, dans son déroulement comme dans son dénouement, ces "Six Degrés de dévastation" offrent définitivement quelque chose de différent dans la littérature super-héroïque.

Nouvelle recrue !
Secret Six © DC Comics

Pourchassés, agressifs, versant constamment dans la paranoïa, les Secret Six se défendent tout autant qu’ils se déchirent. Et on voit là apparaître clairement la dynamique profonde d’une équipe qui balance constamment entre secours porté à ses membres en danger d’une part (la scène inaugurale apparaît de ce point de vue quasiment programmatique), et la prise de distance, le rejet, la trahison et, conséquence logique, le recrutement d’autre part.

Car si, par définition, les Secret sont bien six, l’équipe se renouvelle néanmoins continuellement, par la force des choses. Et c’est un des attraits de la série que de découvrir, au fil des événements, de nouvelles têtes qui rejoignent, bizarrement, une équipe pourtant a priori peu engageante comme le fera remarquer Harley Quinn elle-même.

Secret Six constitue donc à nos yeux une valeur sûre du comics super-héroïque à côté de laquelle il serait dommage de passer. Jouant des marges à tous les niveaux - personnages, thèmes abordés, ton employé - cet univers détone dans un paysage souvent, et parfois à juste titre, considéré comme lisse et standardisé. Un titre qui mérite indéniablement que l’on s’y attarde.

(par Aurélien Pigeat)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Deadshot et les Secret Six T1 : "Six Degrés de dévastation". Par Gail Simone (scénario), Brad Walker et Nicola Scott (dessin). Traduction Mathieu Auverdin. Contient Secret Six #1-6 et Birds of Prey #104-109. Urban Comics, collection DC Nemesis. Sortie le 9 septembre 2016. 264 pages. 22,50 euros.

Autour des Secret Six, sur ActuaBD :
- Découvrir les Secret Six dans le tome 2 d’Infinite Crisis
- Relire l’interview de François Hercouët où la série était évoquée
- La Cible de Deadshot
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[1Run : période durant laquelle un auteur -plus souvent le scénariste - est en charge d’un titre. Le terme est utilisé notamment pour distinguer les différentes époques des grands super-héros et équipes de héros des comics mainstream.

[2Classement établi en 2012 par IGN, et détaillé ici.

[3Crossover : ici entendu au sens de rencontre entre des héros venus d’univers ou titres distincts.

 
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