Sergent Mastock-T1 : le péril roux - Par Hennebaut et Bétaucourt - Edition Bamboo

22 décembre 2007 0 commentaire
  • Tout le monde connaît le célèbre film de Robert Altman « M.A.S.H. », Palme d’Or en 1970, qui racontait la chronique d’un hôpital de campagne pendant la Guerre de Corée, allusion à un conflit plus présent : celui du Vietnam ! Les auteurs de "Sergent Mastock" n’ont peut-être pas autant d’ambition mais leur série renvoie irrésistiblement à ce type de production.

L’action se déroule en 1942 sur une île du Pacifique, la dérision et l’humour noir y affleurent à chaque page. L’histoire reste conforme aux lois du genre : psychologie des personnages parfaitement typée et identifiable (la « nouvelle recrue », le « dur » , les supérieurs brutaux et méprisants , l’état major « borné et obtus »… Ils sont tous là !). La mission confiée à cette section hétéroclite est évidemment impossible et désespérée ! Le décor étouffant et moite à souhait est truffé de méchants « Japs » prêts à en découdre !

Parodie des films ou des BD de guerre du genre Sgt Rock, Two-Fisted Tales ou Frontline Combat, cette nouveauté a le mérite de réexplorer quelques sentiers (boueux et surchauffés) délaissés par la BD francophone de ces dernières années. Si l’humour et les allusions cinématographiques ou scénaristiques rappellent à certains les planches de Buck Danny ou celles d’un Milton Caniff (toutes proportions gardées évidemment), le graphisme habile et fluide de Dominique Hennebaut s’accommode parfaitement aux ambiances et au ton indispensable à ce genre de séries. Déjà remarqué pour un précédent album (Bouclier Humain chez Bamboo) ce jeune dessinateur au trait souple et nerveux donne à cette histoire un ton et un rythme dynamique.

Le scénario de Xavier Bétaucourt, (qui a déjà signé Noir métal chez Delcourt) accumule les clichés inhérents à un genre satirique et décalé qu’on pourrait lire dans certaines revues fluides et glaciales ! Attention tout de même cette profusion de stéréotypes qui pourrait à terme, lasser le lecteur et nuire à un récit prévu sur plusieurs albums.

Enfin signalons l’habillage de l’album qui, à travers une maquette et des effets de mise en page de la couverture joue sur la nostalgie d’un genre plus proche du magazine de gare ou de la série B (voire B moins !) et qui renvoie aux comics précités. Sergent Mastock survivra-t-il à un second album ? Le suspense reste entier !

(par Patrice Gentilhomme)

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