Seven Short Stories - Par Nakaba Suzuki - Pika Édition

25 avril 2016 0 commentaire
  • Un recueil d’histoires de l’auteur de la série à succès « Seven Deadly Sins » qui nous propose une sympathique plongée son univers. L’occasion parfaite pour découvrir un grand mangaka de shônen resté trop longtemps inconnu en France.

Nakaba Suzuki a débuté sa carrière en 1994 avec une histoire courte simplement nommée Revenge. Puis, en 1998, il publia sa première série longue, Rising Impact, en 17 tomes. Longtemps inconnu en France, ou presque, c’est après une longue carrière, durant laquelle il fit le tour des grands éditeurs japonais [1], que le mangaka a fini par s’imposer avec Seven Deadly Sins, débuté en 2012 au Japon, arrivé chez nous en 2014, et qui eut droit à une première série animée de vingt-six épisodes entre 2014 et 2015.

Si publier un recueil d’histoires courtes s’avère une opération classique lorsqu’un auteur devient un peu connu, le parcours de Nakaba Suzuki a rendu cet exercice particulièrement compliqué. En effet, notre cher mangaka ayant été édité chez pas moins de quatre éditeurs jusqu’à présent, les droits de ses histoires étaient restés dispersés !

Seven Short Stories - Par Nakaba Suzuki - Pika Édition
© 2014 / KODANSHA

C’est ainsi, non sans humour, que Nakaba Suzuki rappelle ce « petit problème » en ouverture du tome, et il semble bien que nous devions remercier son responsable éditorial du moment d’avoir décidé de relever ce challenge !

Depuis le début de la publication de Seven Deadly Sins en France, nous n’avons pas tari d’éloge sur la série et sur ce mangaka, redécouvrant une fraîcheur, un trait et un sens de la narration nekketsu [2] qui nous a ramené avec bonheur dans les années 1990, tout en proposant un récit extrêmement scénarisé, selon les standards et les attentes d’aujourd’hui.

Ces Seven Short Stories nous proposent de retrouver sept histoires de Nakaba Suzuki, écrites à différents moments de sa carrière, qui comptabilise déjà une vingtaine d’années ! L’ensemble se révèle représentatif de la diversité de son travail, dont se dégagent trois axes : l’action, la romance et le souci du mouvement.

Le tome s’ouvre, comme il se doit, sur le pilote de Seven Deadly Sins. Il s’agit en structure de la même histoire que celle du chapitre 1, avec pour delta des caractères bien différents chez le couple principal, sans oublier une « forteresse » inédite.

Si cette histoire se montre plaisante, elle offre néanmoins un intérêt limité au lecteur de la série originale. C’est avec les deux suivantes cependant, Agneaux Égarés (1) et (2), que nous retrouvons l’une des singularités du mangaka, qui a certainement surpris les lecteurs de Seven Deadly Sins sur la durée : son intérêt pour la romance.

Il s’agit ici de deux histoires d’amour adolescent, jouant sur les interprétations biaisées de l’autre, tour à tour mignonne et touchante, où le mangaka travaille aussi bien les situations que les corps qui s’unissent.

Nous enchaînons ensuite avec Cowgirls et Soucoupes Volantes. Tout se trouve dans le titre : une série B assumée, carrément barrée et très fun. Nous retrouvons ici le goût du mangaka pour les récits sans temps mort et qui marquera, sans aucun doute, le lecteur de Seven Deadly Sins car l’héroïne principale s’avère être le portrait craché d’Ellaine... qui se bat à coups de fusil à pompe !

© 2014 / KODANSHA

Suivent deux histoires au statut particulier : le pilote de Blizzard Axel, la série de patinage artistique de Nakaba Suzuki, et Memory of the Moon, un prologue de sa série Ultra Red, sur le thème des arts martiaux. Outre leur qualité narrative, c’est deux histoires offrent un aspect important de l’art du manga : une qualité inégalée dans le découpage des mouvements.

Enfin la septième et dernière histoire est un court récit de quatre pages, de type gag aussi idiot qu’hilarant pour peu qu’on apprécie un certain humour japonais bas de pantalon !

Un recueil de qualité d’un mangaka de talent, indéniable maître en shônen-nekketsu, dans sa forme la plus traditionnelle mais ô combien efficace et entraînante, aussi bien dans sa narration que dans son dessin toujours très appliqué, soigné et réalisé sans aucun assistant !

La variété des histoires proposées permet également de prendre la mesure d’un univers riche, entre tendresse, malice et castagne, qui donne furieusement envie de découvrir l’œuvre d’un auteur important qui n’avait eu jusqu’à présent que peu de reconnaissance en France !

© 2014 / KODANSHA

(par Guillaume Boutet)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Seven Short Stories. Par Nakaba Suzuki. Traduction Fédoua Lamodière. Pika Édition, collection "Shônen". Sortie le 6 avril 2016. 256 pages. 8,05 euros.

Commander ce livre chez Amazon ou à la FNAC

Seven Deadly Sins sur ActuaBD :
- Lire la présentation de la série,
- Lire la chronique des tomes 4&5,
- Lire la chronique du tome 9,
- Lire la chronique du tome 13.

Concernant les autres œuvres de Nakaba Suzuki :
- Lire la chronique des tomes 1 & 2 de Kongoh Bancho,
- Lire la chronique du tome 3 de Kongoh Bancho,
- Lire la chronique du tome 11 de Kongoh Bancho.

[1La carrière de Nakaba Suzuki :

Chez Shûeisha :
- Rising Impact (1998-2002, 17 tomes) : golf (les noms de personnages sont issus de la légende Arthurienne)
- Ultra Red (2002-2003, 4 tomes) : arts martiaux
- Boku to Kimi no Aida Ni (2004-2006, 3 tomes) : aventure

Chez Shôgakukan :
- Blizzard Axel (2005-2007, 11 tomes) : patinage artistique
- Kongô Banchô (2007-2010, 12 tomes) : furyo/fantastique

Chez Akita Shoten :
- Chiguhagu Lovers (2011-2012, 2 tomes) : arts martiaux/romance

Chez Kôdansha :
- Seven Deadly Sins (2012-encours, 20 tomes) : aventure/nekketsu

Seules deux de ses œuvres ont été éditées en France : Kongô Banchô, chez Kana, et Seven Deadly Sins, chez Pika.

[2Nekketsu : signifie « sang bouillant », ce vocable désigne un type de récit au traitement exacerbé et exagéré dans ses situations et dans la manifestation des émotions.

  Un commentaire ?