Shandy, un Anglais dans l’Empire - T2 : Le Dragon d’Austerlitz - par Matz & Bertail - Delcourt

8 mars 2006 0 commentaire
  • Mensonges et trahisons se profilent dans ce deuxième tome qui fait la part belle au génie stratégique militaire de Napoléon. Un vent romanesque souffle sur un haut fait militaire dont le bicentenaire a été fêté en décembre dernier: la bataille d'Austerlitz.

Août 1805. Le jeune anglais Shandy Ratcliffe s’engage dans la Grande Armée de Napoléon. La mort d’Agnès l’a profondément marqué et il se jette à corps perdu dans une guerre qui le révèle comme un combattant d’exception. Mais Dorigo, qu’il croyait mort, réapparaît comme aide de camp de l’Empereur ! Démasqué, Shandy n’a plus qu’à briller à la bataille d’Austerlitz pour prouver sa bonne foi.

Après un premier opus prometteur mais sans plus, Le Dragon d’Austerlitz est une heureuse surprise. Cet album se remarque d’abord pour son graphisme puis pour son contexte historique, le début du XIXème siècle, période assez peu exploitée en bande dessinée. Dominique Bertail réussit l’exploit de mettre en scène la bataille d’Austerlitz, appelée "bataille des 3 empereurs". Le 2 décembre 1805 marqua l’histoire militaire par la victoire éclatante de Napoléon sur les troupes coalisées russo-autrichiennes. L’empereur démontrait son insolente supériorité tactique grâce notamment à la mobilité de ses troupes. Pour les neuf dernières planches à Austerlitz, le dessinateur nous offre un superbe final à la hauteur de l’événement. La progression colorimétrique, du blanc vers le noir, pour accompagner la bataille de l’aube à la nuit, est très judicieuse. Par contre, les ambiances verdâtres de certaines séquences le sont moins. Le découpage et les cadrages sont efficaces, voire spectaculaires sur certaines cases décrivant la vie militaire sous le Premier Empire. Une riche documentation épaule le dessin.

Côté scénario, Matz (Le Tueur, Du Plomb dans la tête) s’oriente vers la fresque historique sur fond d’intrigue romantique. Ses personnages manquent encore parfois de charisme et l’auteur se laisse aller, par deux fois, à un raccourci fâcheux : Shandy a une capacité et une facilité déconcertantes à écouter aux "portes" des tentes pour comprendre ce qui se trame... L’intrigue reste toutefois très agréable à lire et la fin laisse une grande liberté au scénariste pour les prochains récits. À noter que cet album, tout en faisant partie d’une série, se lit très bien sans connaître le premier tome.

Voir en ligne : Story-board complet de l’album

(par Laurent Boileau)

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