Sherlock, T1 : Révélations - Par Didier Convard, Eric Adam & Jean-Louis Le Hir - Glénat

13 février 2008 0 commentaire
  • Revisitant la jeunesse du mythique Sherlock Holmes, cette nouvelle série prend d'heureuses libertés, pour renouer avec un suspense bienvenu. Le style graphique pourra malgré tout en laisser plus d'un au bord de la Tamise.

Égypte, 1877. Sherlock Matthiews est un jeune archéologue fantaisiste et indiscipliné. Une lettre en provenance d’Angleterre lui annonce le suicide de sa mère. Une terrible nouvelle qui a de quoi faire grandir brutalement le plus insouciant des adolescents... Terrassé par le chagrin, Sherlock retourne donc au manoir familial afin d’y rendre les derniers hommages à celle qu’il aimait par-dessus tout, et dont il ne parvient pas à comprendre le geste. Et pour cause, car si sa mère est bel et bien morte la corde au cou, certains détails semblent montrer qu’elle ne se l’est pas passée toute seule... Sherlock décide alors de mener l’enquête. Sans deviner qu’il va ainsi donner naissance à un mythe, celui du plus incroyable de tous les détectives, dont l’œil habile et les déductions affûtées n’ont pas fini de fasciner les foules.

Sherlock, T1 : Révélations - Par Didier Convard, Eric Adam & Jean-Louis Le Hir - Glénat

Présentée comme la première enquête du plus célèbre des détectives [1] , cette nouvelle adaptation de Sherlock Holmes profite pleinement de l’expérience de Didier Convard et d’Éric Adam. Si ceux-ci prennent certaines libertés avec les personnages créés par Conan Doyle, ce premier tome n’en réserve pas moins de surprises au lecteur, qu’il soit déjà adepte ou non du résident du 221b, Baker Street. Ainsi, on s’amusera à suivre les premiers raisonnements de Sherlock, tout en notant les éléments de sa personnalité qui se mettent en place un par un : son goût pour les sciences et en particulier la chimie, son célèbre chapeau, son violon, sa manie pour la cocaïne,etc.

Jean-Louis Le Hir a déjà prouvé dans la Voix des ténèbres qu’il décrivait au mieux les ambiances glauques du Londres victorien. Ses personnages anguleux et ses mines sombres servent particulièrement bien le cadre de l’histoire. Face au style très personnel de Le Hir et à l’étrange couverture tendance Adèle Blanc-Sec, on ne peut que conseiller au lecteur dubitatif de faire confiance au sérieux de Didier Convard pour pénétrer dans un univers baroque, mais néanmoins intéressant. Il est vrai que les couleurs vives du début d’album contrastent fort de l’univers habituel de l’auteur. Les amateurs du genre pourront alors se pencher sur l’excellent Une nuit chez Kipling [2] où l’auteur donne en noir et blanc toute la mesure de son art en développant une ambiance glauque donc on se délecte.

Une mise en bouche captivante, qui profite au mieux des qualités de ses auteurs. Si la chute finale de ce premier tome se révèle indigne du schéma classique de Conan Doyle, elle n’en surprend pas moins positivement, et on se plaît déjà à assister aux futures enquêtes de ce Sherlock Holmes jeune homme.

(par Charles-Louis Detournay)

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Toutes les illustrations sont © Convard/Adam/Le Hir/Glénat

[1Chronologiquement, elle vient pourtant se placer après Le Secret de la Pyramide, film produit par Steven Spielberg, et le Gloria Scott, nouvelle originale de Sir Arthur Conan Doyle.

[2Paru en octobre dernier, chez Vents d’Ouest, cet ouvrage de 92 planches en noir et blanc reprend le premier tome de la Voix des Ténèbres, et synthétise vraisemblablement les tomes 2 et 3 (inédits et intitulés respectivement Dragon et La Lance de l’Archange), en un second tome clôturant le récit. Si le scénario est parfois indigeste, on se prend rapidement au jeu de dénicher la multitude foisonnante de références camouflées par l’auteur : Conan Doyle, Corto Maltese, Dracula et Bram Stoker, Oscar Wilde, Aberline et tous les protagonistes de Jack l’éventreur, Hergé, Jacobs, Adèle Blanc Sec, Hannibal Lecter et le Silence des Agneaux, Dr Jekyll et M Hyde, Elephant Man, Henri Vernes et la Marque Jaune, Rimbaud, Théodore Roosevelt, Sanctuaire, etc.

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