Shimon de Samarie - T2 - Fred Le Berre & Michel Rouge - Les Humanoïdes Associés

4 décembre 2006 0
  • L'impression ressentie à la lecture du premier tome se confirme, pour ce volume qui conclut la première enquête du juge du Sanhédrin : intrigue prenante, mais personnages peu développés.

Les choses se corsent pour Shimon de Samarie : si le mystère entourant le mort découvert dans le premier tome semble se résoudre, l’implication d’une secte de fanatiques religieux ne simplifie pas l’affaire du juge du Sanhédrin. Il ne lui reste plus qu’à les infiltrer, au péril de sa vie et de celle du jeune homme qui l’accompagne.

Fred Le Berre ficelle de belle façon son polar antique. Mine de rien, il touche à nombre de problèmes liés à l’occupation de la Palestine par les Romains (et donc, à toute occupation par une puissance même bienveillante) : choc des cultures dans cette ville cosmopolite, attitudes plus ou moins sincères des uns et des autres, ce qui rend inconfortable la position de ceux qui, comme Shimon, essaient de garder la tête froide, manipulation du pouvoir d’occupation par les moins scrupuleux, etc. Le côté politico-historique est donc bien mené et amène le lecteur à une certaine réflexion sur la situation d’alors, et ses parallèles avec celle de notre époque. Dommage donc que les personnages ne bénéficient pas du même soin. Si les relations entre les personnages sont au centre de l’intrigue, les quelques éléments personnels jetés çà et là en pâture au lecteur tombent un peu comme un cheveu sur la soupe. Ou peut-être faudra-t-il encore attendre le tome suivant pour que cet aspect des choses prenne un peu plus d’importance.

Le travail du dessinateur Michel Rouge est tout aussi agréable : détaillé mais jamais lourd, il redonne vie à cette époque si lointaine semble-t-il avec facilité et l’on sent le soin apporté à la reconstitution. Pourtant, un problème nous semble empêcher un plaisir de lecture sans partage : à plusieurs moments, et surtout vers la fin, la narration présente des coupures que l’on met un moment à comprendre. Les auteurs ont-ils eu des problèmes pour caser leur histoire dans les 46 planches ? S’agit-il de choix du scénariste ou du dessinateur ? En tout cas, la différence avec d’autres séquences très lisibles est frappante.

Le bilan est donc un peu mitigé, mais globalement positif. Espérons que pour les prochains tomes, les auteurs apporteront autant de soin aux quelques points moins convaincants qu’ils en ont apporté au reste.

(par François Peneaud)

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