Shogakukan et Shueisha confirment leur intention de publier directement en Europe

25 août 2008 8 commentaires
  • L’agence [Nikkei->http://www.nikkei.co.jp/news/sangyo/20080823AT1D2300C23082008.html] vient de publier un communiqué confirmant les intentions des éditeurs Shogakukan et Shueisha de joindre leurs forces pour publier eux-mêmes directement en Europe, à commencer par la France dès l’automne 2009.



Rien d’étonnant à cela : Les deux sociétés d’édition, elles-mêmes filiales du groupe Hitotsubashi, avaient déjà co-fondé une filiale commune, Viz Media Europe, pour défendre leurs intérêts sur le continent européen. Après la France, la Grande-Bretagne, l’Espagne et d’autres pays européens sont visés.

Viz Media Europe, relocalisée sur Paris depuis janvier 2007, supervise à ce titre toutes les activités pour l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient. Elle avait organisé à Japan Expo le 40ème anniversaire de Shônen Jump, le magazine-phare de Shueisha qui a publié Dragon Ball Z, Naruto ou Death Note et qui vend chaque semaine 3 millions d’exemplaires au Japon. Une publication également éditée aux États-Unis.

Shogakukan et Shueisha confirment leur intention de publier directement en Europe
L’impressionnant stand de Shueisha lors de Japan Expo en juillet 2008
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

On se souvient de la présence marquante de Shueisha lors de la dernière édition de Japan Expo. Leur stand mettait en avant leur terminal électronique qui permettait dès maintenant de lire en français leurs principales séries sur des supports comme le téléphone portable, la console de jeu et les ordinateurs.

Dans nos pages, le président de Viz Media Europe , M. John Easum, avait diplomatiquement évité de préciser la portée de leurs intentions. Il va falloir maintenant qu’il se découvre en raison de cette annonce officielle.

Les nouveaus médias seront le fer de lance de l’expansion européenne de Viz Media en Europe
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

Si ces éditeurs venaient à publier directement leurs mangas en France, cela affecterait plus que probablement les éditions Kana, Glénat (et notamment Glénat Espana), Panini et Tonkam. Encore qu’il soit possible qu’ils préservent leurs intérêts en montant des coéditions ou une joint-venture qui permettrait aux Japonais de s’appuyer sur une structure commerciale performante et préexistante.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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En médaillon : Naruto, une licence de Shueisha. Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

 
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8 Messages :
  • Si ça se confirme,c’est tout de même une véritable catastrophe pour Glénat,Dargaud(Kana)et d’autres maisons comme 12bis(qui voulait se développer en partie par la publication de mangas) !?!
    C’est sans doute la nouvelle la plus importante depuis un bon moment dans le petit monde de la BD,je suis étonné qu’il n’y ait pas plus de réactions...

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    • Répondu par François Pincemi le 25 août 2008 à  22:23 :

      Ils ont été les premiers à imposer les mangas aux States vers 1988.
      Cela risque de faire un peu d’animation, dommage que cela arrive à un moment où la surproduction est déjà présente.
      A part ça, les éditeurs français qui ont fait de la traduction au kilo, sans une véritable politique éditoriale de qualité risquent de sentir le vent tourner.

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      • Répondu le 26 août 2008 à  08:00 :

        ... la diffusion. qui va les diffuser ? quels commerciaux de terrain, quel boss ? quelqu’un retournera sa veste ou vont-ils monter une nouvelle structure, avec qui ? et puis qui les distribuera ?

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        • Répondu le 26 août 2008 à  10:01 :

          Trèèèèès bien vu :)
          Anguille sous roche ?

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          • Répondu par Sébastien Célimon le 26 août 2008 à  11:48 :

            Les prochaines annonces à attendre concerneront sans doute les embauches que cette structure ne manquera pas de faire.
            D’un point de vue culturel, je serai curieux de voir comment les japonais vont appréhender en direct les publics européens et français, notamment dans la représentation et la présence des auteurs. L’interview du dessinateur de Death Note est exemplaire et révélatrice d’ailleurs.
            Enfin, est-ce que les éditeurs japonais auront la bonne idée d’encourager les synergies entre créateurs maison et nouveaux talents européens ? Ca voudrait dire qu’ils développeraient une activité éditoriale de création et non seulement de diffusion, ce serait vraiment bien.

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  • Croyant faire leur beurre en se servant du manga, les éditeurs français n’auront finalement servi qu’à forger le lectorat qui entrainera leur perte.

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  • Le public adolescent a été négligé par la BD locale pendant toutes ces années "licences Manga"... Il va falloir désormais en récupérer une partie.

    Ceci en s’inspirant de la réelle méthode japonaise qui n’est pas un dessin particulier ni des thèmes formatés, mais des histoires fortes, pas chères, à épisodes pour procurer de l’événementiel et de l’attente... bref, une sorte de compromis entre le magazine et l’album.

    Les auteurs et éditeurs franco-belges, trop chouchoutés par un milieu culturel figé et peu populaire, vont-il savoir le faire ? ;-)

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  • il faut continuer l’investigation en posant des questions au editeurs (Dargaud/Kana ; Glenat ; Delcourt ; Panini...) mais aussi au representant locaux de Shogakukan et Shueisha. peut etre un tableau detaille qui montre chez qui sont publier les manga Shogakukan et Shueisha ?

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