Shueisha lance MANGA Plus : et si le "scantrad" vivait ses dernières heures ?

30 janvier 2019 4 commentaires
  • Combien de lecteurs de mangas ont commencé en lisant des "scantrads" , ces copies pirates de mangas lisibles en ligne ? Beaucoup. Cette pratique illégale, car ne respectant pas les droits d'auteur, a cependant permis une large diffusion de la bande dessinée japonaise auprès de jeunes qui n'avaient pas les moyens d'y accéder. Est-ce en somme le même problème qu'avec le téléchargement des films et des séries, un mal pour un bien ?

Mais alors que le cinéma et les séries ont leurs plateformes de streaming tel que Netflix, Amazon Prime ou encore Disney Plus - à venir fin 2019 - qui pour un moindre coût permettent d’avoir à disposition un nombre conséquent de contenus, on se demandait quand le 9e Art y aurait lui aussi le droit.

Le marché semble en tout cas se diriger vers un modèle similaire, et on a pu voir en France le lancement de plateformes comme Izneo, Delitoon ou Webtoon, même si nous sommes loin d’un « Netflix de la bande dessinée. »

Shūeisha, la plus importante maison d’édition japonaise de mangas a lancé lundi dernier MANGA Plus, une application disponible sur IOS et Android, totalement gratuite, elle permet de lire les trois premiers et les trois derniers chapitres d’un manga. Il n’est donc pas possible de lire l’intégralité d’une série sur l’application, mais des liens vous permettent d’acheter les volumes complets dans votre langue.

Shueisha lance MANGA Plus : et si le "scantrad" vivait ses dernières heures ?
© Shūeisha

La chose intéressante est que les séries en cours de parution connaîtront une sortie quasi-simultanée avec le Japon. On se dirige ainsi de plus en plus vers une publication globalisée à l’international, ce qui mettrait forcément du plomb dans l’aile des scantrads, même si l’on est encore loin d’une alternative.

Concernant les séries disponibles, elles sont nombreuses et on y retrouve des classiques tels que Dragon Ball, Death Note, Naruto, One Piece ou My Hero Academia.

Attention cependant : l’application est en anglais - l’espagnol arrive dans les prochaines semaines - et il vaut donc mieux maîtriser la langue de Shakespeare pour s’y risquer, même si une version française devrait finir par voir le jour.

Il faudra donc attendre de voir si l’application fonctionne et trouve son public, mais c’est en tout cas une bonne solution pour découvrir de nouvelles séries. Une chose est sûre, le marché du 9e Art se digitalise de plus en plus, et le délai de publication entre pays risque par conséquent de se réduire à peau de chagrin. À quand une plateforme mondialisée d’accès à la bande dessinée avec publication en simultanée ? Les Japonais ont semble-t-il prix une longueur d"avance...

Même si le marché des albums a encore de beaux jours devant lui, et heureusement !, en raison d’un réseau dense de librairies il faudra anticiper cette nouvelle donne technologique et économique.

© Shūeisha

(par Vincent SAVI)

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4 Messages :
  • Coool ! Il faut soutenir la culture du manga et de la bande dessinée ! même si ça coute cher ^^’

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  • Comme toujours dans ce genre d’annonce, qu’il s’agisse de la création de nouvelles plates-formes légales ou des débats sur le problème du fansub/scantrad, on oublie une frange particulière des consommateurs de traductions pirates : les amateurs de patrimoine du manga. En d’autres termes, si votre intérêt pour la BD japonaise remonte au-delà du siècle présent, les solutions restent les mêmes : quelques recueils par ci, par là, édités au prix fort par des petits éditeurs parfois médiocrement distribués (suivez mon regard - > Black Box) ; des scantrads majoritairement anglophones ; la production italienne, nettement mieux servie que la nôtre au chapitre des mangas des années 70 ; et enfin apprendre le Japonais, ce qui n’est pas donné à tout le monde. L’hebdo Shonen Jump n’a pas lancé que Dragon Ball, Ken le Survivant et les Chevaliers du Zodiaque dans les années 80 : il y a une horde de mangas, shonen ou autres, qui figurent au catalogue de Shueisha sur cette période, mais je doute que Manga Plus nous permette de les découvrir pour un bénéfice certainement marginal (et en supposant que tous les droits ne soient pas revenus aux auteurs). Dans ce cas de figure, le scantrad reste certainement l’option la plus réaliste, je suppose. Dommage pour les auteurs et ceux qui aimeraient bien acheter leurs œuvres tout simplement.

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    • Répondu par Henri Khanan le 4 février à  22:57 :

      Un fort réseau de libraires, certes. Mais pas vraiment sympa parfois. Miel et sourire avec le client régulier qui lâche cent euros par semaine, ou avec l’auteur pro du quartier, mais assez désagréable, suspicieux et envahissant vis à vis du quidam. Il y a des libraires sympas, bien sûr, mais il y en a d’autres, où des vendeurs spécialisés (franco-belge, comics, mangas) vous suivent et vous harponnent dés que vous feuilletez un livre : "Bonjour Monsieur, est ce que je peux vous renseigner ?". Un peu lourd...Vu à Paris chez certains Canal BD.

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      • Répondu par jo le 10 mai à  18:19 :

        Un vendeur vous dit bonjour, souhaite vous renseigner et vous trouver cela lourd ?
        N’oubliez pas qu’ils sont là pour gagner leur vie (et durement croyez moi) et aussi vous conseiller. Un simple "non merci" suffira, pas besoin d’être bougon...

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