Sidekick T1 - Par Strazynski & Mandrake - Delcourt

2 mars 2015 0 commentaire
  • Un super-héros qui décède, son adjoint qui tente d'assurer la relève, mais qui sombre à son tour... "Sidekick" propulse ses personnages, mais également le lecteur, vers une descente aux enfers mêlant cynisme et chaos.

Pensez-vous que les super-héros, ces êtres qui paraissent intouchables, à l’abri de la maladie ou de la mort, peuvent mourir ? C’est pourtant le cas de Red Cowl qui meurt, abattu de deux balles...

Sans ce justicier pour défendre tout un chacun, la ville va-t-elle devenir une cible pour la gangrène ? Fort heureusement, l’adjoint du super-héros tente de reprendre le flambeau, mais à quel prix ? Car dans un premier temps, Barry Chase (alias Flyboy) va toucher le fond, baisser l’échine et observer que tous les gens qui l’entouraient tentent de le dénigrer, de l’ignorer, voire de le maudire.

Sidekick - Descente aux enfers réunis six épisodes indissociables, centrés sur Flyboy, le partenaire du super-héros habituellement dans l’ombre. Comme son titre le stipule fort bien, le récit propulse Flyboy, le partenaire de Thomas Winchester, vers le côté obscur. Petit à petit, il s’écroule dans cette pente descendante où chaque vice va lui coller à la peau. En sombrant, sa fierté lui permet de se façonner un autre visage. Il devient dès lors Sidekick, prêt à tout endurer, à tout sacrifier, afin de devenir plus puissant que jamais. Mais il n’est pas évident pour Barry Chase de devenir la vedette du jour au lendemain.

Nous voyons ainsi évoluer, ou plutôt chuter vers les bas-fonds, un anti-héros accumulant les tracas, les catastrophes, les coups bas de ses anciens proches. Red Cowl ayant tout dilapidé lors de son vivant, le pauvre Flyboy n’en mène pas large, vivant reclus dans un appartement miteux, fréquentant des prostituées pour s’offrir du bon temps. Melody, l’assistante de Red Cowl a mis les voiles et les heures semblent passer mieux et plus rapidement avec une bouteille de gnôle à la main... Bref, les temps sont durs.

Concrètement, le lecteur ressent de la frustration. Barry Chase accumule les conneries, affiche un comportement naïf et peine à se remettre en question. Dans un second temps, il parvient néanmoins à faire la part des choses et affronter son quotidien avec une certaine rage au cœur. Les auteurs ont tenté de montrer les failles que pouvait ressentir un justicier, une fois désemparé et livré à lui-même. Le résultat reste en dents de scie, efficace par moments, vaguement ennuyeux par ailleurs.

Au scénario, Joe Michael Straczynski, diplômé en psychologie et sociologie, débute entre autres sur des scénarios pour la télévision (Captain Power et Arabesque), sans oublier, son œuvre majeure : Babylon 5 (série comprenant 110 épisodes se déroulant en 2258 et relatant les conflits entre différentes races). Parmi les créations du célèbre scénariste, Marvel fait appel à son talent sur Spider-Man ainsi que sur Les Quatre Fantastiques.

Sidekick appartient au label Joe’s Comics, notamment connu pour Rising Stars. Nous y trouvons également le titre atypique Ten Grand... aux commandes avec le phénoménal Ben Templesmith, auteur à succès de Woormwood ( l’histoire d’un asticot qui vit en enfer, entouré par des protagonistes hideux et déconcertants qui passent leurs journées à boire de la bière, et à dégommer des monstres hideux...).

Au dessin, nous retrouvons Tom Mandrake, relativement connu chez DC Comics depuis les années quatre-vingt. Il a notamment travaillé sur Batman et Superman. Son style brutal et enragé le place sur un piédestal dans le genre horrifique dont entre autres, sa série Creeps qui a reçu un feedback plus que positif des lecteurs. Ceux qui raffolent des belles brunes aux formes envoûtantes et aux lèvres siliconées, seront amplement satisfaits avec celles qui évoluent dans Sidekick. Tom Mandrake les façonne comme il l’entend, chaque détail méticuleusement travaillé. On pourra cependant regretter certains protagonistes qui affichent des traits odieux, voir grotesques,et qui manquent cruellement de panache... ce qui affecte encore davantage le manque de cohérence d’une page à l’autre, mais soit, de manière générale, le trait affiché s’acclimate avec son concept.

Remercions le studio HiFi pour sa mise en couleurs, sa palette affichant un éventail de couleurs d’une luminosité resplendissante. La couverture, quant à elle, exprime toute la profondeur et la froideur de Sidekick, condamné et jugé par son entourage, visages cyniques qui vont le pousser dans ses retranchements... vers la folie furieuse et le meurtre sadique.

Sidekick s’adresse à un public adulte. Sa noirceur à outrance, son style décalé accentué d’une touche de perversité et d’ironie poussent le super-héros à flancher... Divin pour certains, effrayant pour d’autres.

Suite et fin prévue pour juin 2015.

Sidekick T1 - Par Strazynski & Mandrake - Delcourt
©Tom Mandrake / Delcourt
Lorsque son Mentor était vivant, Flyboy dégageait une assurance et une confiance presque attachante. Une fois seul, son rôle bascule vers une agonie progressive...

(par Marc Vandermeer)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Sidekick T1. Par Michael Straczynski et Tom Mandrake. Editions Delcourt. Sortie prévue le 21 janvier 2015. 160 pages. 15,95 euros.

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