Silas Corey - Le Réseau Aquila 2/2 - Par Pierre Alary et Fabien Nury - Glénat

8 avril 2013 6 commentaires
  • Silas Corey va devoir se débarrasser de tous ceux qui lui collent aux basques. Pour ça, quoi de mieux que de foncer dans les bras ouverts d'Aquila. Un second tome en forme d'affrontement mortel entre un héros incontestablement voyant et un fantôme sinistre et tristement célèbre.

Silas Corey a échappé à la tentative de meurtre dont il fut la cible. Le piège a claqué sur ses talons. La course-poursuite avec l’agent allemand le plus célèbre et le plus dangereux de la Première Guerre mondiale est engagée. Non pas pour servir la patrie en danger, libre de ses enrôlements successifs, mais par curiosité et orgueil, il veut retrouver ce journaliste à la solde de Clemenceau qui aurait accumulé des preuves de la trahison du gouvernement français.

Il prend contact avec Casella pour organiser la livraison du timbre. Mais il devra combattre et vaincre Aquila, qui le suit telle une ombre malfaisante, dans une lutte de haute volée qui pourrait bien lui être fatale.

Petit piment supplémentaire, il s’échine à court-circuiter ses employeurs avant qu’eux-même ne le fassent...

Silas Corey - Le Réseau Aquila 2/2 - Par Pierre Alary et Fabien Nury - Glénat
Silas Corey - Le Réseau Aquila 2/2
Pierre Alary et Fabien Nury - Glénat ©

Le personnage crée par Fabien Nury garde sa classe et son arrogance. Plein de panache et rempli de morgue, il est l’exemple de l’espion subtil et félin, tout à fait à son aise dans ce récit dynamique à l’atmosphère prenante dans lequel dialogues savamment orchestrés et scènes d’action rythmées font mouche.

Les multiples intervenants et combinaisons mettent en permanence les protagonistes dans des situations délicates. On ressent toutefois une dommageable frustration de ne pas voir se creuser un peu plus la personnalité du héros. L’exploration de son caractère est abandonnée alors que tous les germes du rôle marquant étaient rassemblés. Silas Corey perd une partie de la noirceur acquise précédemment. Un abandon non négligeable qui réduit la force de frappe de cet escroc de haut vol.

Silas Corey - Le Réseau Aquila 2/2
Pierre Alary et Fabien Nury - Glénat ©

En ressort une histoire d’espionnage assez classique à l’intrigue complexe mais qui ne se densifie pas, malgré une tension palpable à chaque instant et des hostilités qui se succèdent sans respiration.

L’excellent travail de Pierre Alary contribue énormément à l’impact de cet album qui mise sur le rendu de scènes pleines d’ardeur et d’énergie. Mais l’exploitation rabotée du contexte historique simplifie l’impact de ce diptyque.

Une lecture plaisante dont on attendait encore plus, surtout construit par un scénariste comme Nury. Légère déception donc...

(par Vincent GAUTHIER)

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6 Messages :
  • Silas Corey est pour moi une excellente surprise dans la pléthore de bd bien souvent vides et interchangeables qui encombrent l’étal des libraires.
    Pour répondre à la critique finale, je pense qu’une bd ou une oeuvre de fiction ne doit pas être un essai, scientifique ou historique. Elle doit être, quand elle ne se veut pas uniquement un enchevêtrement de rebondissements sur une intrigue plus ou moins originale, une introduction qui donne envie d’aller voir plus loin.
    En ce sens, ce diptyque répond parfaitement à ce que j’attends d’une bd, une belle distraction qui me donne à réfléchir

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    • Répondu le 8 avril 2013 à  11:47 :

      Ce dyptique souffre du même mal que les derniers Largo Winch (pas les premiers) :
      Très bon premier tome, dense, laissant espérer de multiples ramifications et puis second tome qui n’est qu’une suite de courses poursuites. Silas Corey souffre déjà du mal d’une vieille série. Aïe !
      Ceux qui aiment débrancher leur cerveau seront ravis (et ils sont de plus en plus nombreux malheureusement !)

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  • Je profite de ce sujet pour placer un petit coup de gueule.

    Chers éditeurs, pourquoi publier 2 tomes en quelques mois (ou le même mois) alors que vous auriez pu le publier directement en intégrale ou volume unique ?!

    C’est la pratique à la mode en ce début 2013 :

    - Silas Corey chez Glénat (janvier et mars 2013)
    - Death Mountains chez Casterman (2 tomes publiés en mars 2013)
    - Klaw chez Le Lombard (mars, mai et août 2013)
    - World War X chez Le Lombard (février, avril, juillet 2013)
    - Le Convoi chez Dupuis (mars et avril 2013)

    Imaginez-vous un jour le nouveau Nothomb sortir à moitié en août et l’autre moitié en septembre ? Ou pire les deux moitiés le même mois ?

    Ou bien est-ce soi-disant pour répondre au besoin des lecteurs d’avoir la suite tout de suite comme pour les séries tv américaines ?
    Mais c’est oublier que ce qui fait le succès des séries tv ce sont leurs qualités narratives nouvelles. Leurs scénarios ! Pas le fait qu’il y ait écrit "saison" (terme que vous aimez tant coller maintenant sur les albums alors que vous galvaudez le mot).

    Chers éditeurs, vous perdez des lecteurs chaque années et vos tentatives désespérées de continuer à faire du chiffre ne seront bientôt plus payantes.

    Le lectorat bd est mâture et veut être traité comme tel. Pas comme un idiot ayant besoin de sa dose (qui coûte un max comme les bds en fait).

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    • Répondu le 9 avril 2013 à  11:19 :

      bonjour , une petite reponse a ce "coup de gueule" que je peut comprendre . la raison de sortir une histoire en deux volumes et aussi fait pour penser un peu aux auteurs (un peu s’il vous plait). en effet , par respect du lecteur(et oui !) et du prix du livre , des qu’une bande dessinée depasse un certain seuil en terme de pagination, nous entrons dans ce que nous appelons des albums "au forfait". albums qui se doivent de garder une certaine équité prix page/prix public. dans ce cas , c’est l’auteur qui prend sur lui de voir considerablement reduire son prix a la page( qui , je le rappelle est le même que vous y passiez 2 heures ou 2 mois, et qui n’est pas synonymes de droits d’auteurs a suivre) . ainsi pour qu’un album reste a un prix abordable malgré sa grosse pagination, l’auteur accepte que son prix page soit 2 a 3 fois moins que pour un format "normal" de 46/60 pages.nous aimerions tous faire de beaux , gros albums , en un beau volume. mais pas a ce prix là . alors ..pour faire plaisir aux lecteurs ...on split....maintenant. quand il faut attendre 8 mois/1 an entre deux tomes d’une aventure , tout le monde rale , alors , je dit ..il faut se mettre d’accord.le compromis ideal pour sortir UNE aventure coupée en deux parties , semble quand même être celui de sortir les deux parties de façon tres rapprochées, non ?

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      • Répondu le 10 avril 2013 à  00:25 :

        On pourrait aussi envisager de limiter un peu le pourcentage de droits d’auteurs pour les gros succès (par exemple à 8% au delà de 50.000 ex) et mieux payer les auteurs en deçà...

        Mais, bien souvent, les auteurs ne sont "socialistes" que lorsqu’ils ne vendent pas beaucoup. Et de toutes façons, les éditeurs n’ont aucun intérêt à encourager le socialisme.

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        • Répondu le 10 avril 2013 à  12:01 :

          Un scénariste débutant touche 70 euros en moyenne à la planche chez un grand éditeur. Pour un 46 planches classique cela fait une avance sur droits de 3220 euros.
          Maintenant, savez-vous combien gagne un auteur débutant à la remise de son manuscrit (roman) de 200 pages chez Gallimard jeunesse ?
          2300 euros (Cherchez une itw de Christophe Mauri).

          L’herbe n’est peut-être pas si rousse pour les auteurs bds.

          Et je pense qu’avec un auteur star comme Nury, l’éditeur peut se permettre de sortir un "gros volume" plutôt que deux albums (Les Quai d’Orsay font 102 et 98 pages par exemple).

          Mais bon, encore une fois à toute doléance de lecteur on répond : pensez aux artistes ! J’ai l’habitude. En fait les auteurs ne produisent plus pour les lecteurs, juste pour eux.

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