Slow News Day - Andi Watson - Éditions çà et là

19 novembre 2005 0
  • La rencontre de personnages issus de deux milieux différents est un des moteurs classiques des comédies romantiques. Andy Watson l'emploie ici avec finesse et légèreté.

Katharine est une jeune américaine qui vient faire un stage de journalisme en Angleterre, dans le journal local d’un bled un peu paumé. Elle va y travailler avec Owen, un journaliste à la vie bien - et même un peu trop - rangée. Mais le journalisme n’est pas l’intérêt principal de Katharine : elle écrit avec son petit ami resté aux USA un projet de sitcom mettant en scène un Anglais très typique - belle occasion donc pour donner un peu de « vraisemblance » à son personnage. Ce qui ne plaît pas vraiment à Owen, qui voit d’un mauvais œil l’arrivée de cette pimprenelle bien sûre d’elle-même. Il va pourtant lui trouver un hébergement chez sa copine, qui travaille elle aussi au journal et avec qui il n’arrive pas à se décider à habiter : comment quitter le confort de chez papa, qui s’occupe si bien de lui. Forcés de faire bureau commun, Katharine et Owen vont souvent trouver matière à discussion, leurs visions du monde étant quelque peu opposées...

Voici donc un nouvel album de l’Anglais Andi Watson, après son Breakfast After Noon, traduit en France chez Casterman en 2002. Son sens du dialogue et son talent pour camper des personnages crédibles sont encore une fois à l’œuvre : les répliques fusent, souvent amusantes mais sans facilité, et les relations entre les personnages ont un goût doux-amer qui rend les aspects romantiques d’autant plus touchants.

Slow News Day - Andi Watson - Éditions çà et là

La construction de l’histoire est elle aussi intéressante : Watson prend son temps pour placer ses personnages, les faire évoluer dans leur vie professionnelle et personnelle - Katharine et Owen avancent souvent d’un pas l’un vers l’autre pour aussitôt reculer de deux, et les 150 pages de l’album sont utilisées à bon escient pour garder un rythme soutenu mais finalement assez réaliste dans le développement d’une relation amoureuse dont les deux protagonistes sont pris dans l’urgence de leurs vies respectives.

Le dessin de Watson est à l’image de son histoire : frais et plein de vie. Les lecteurs français ne devraient pas être trop dépaysés par ce style qui apparente l’auteur aux autres chroniqueurs de la vie (presque) ordinaire que sont Dupuy & Berbérian ou J.-P. Peyraud. Les visages des personnages sont croqués en quelques traits expressifs et la narration est variée et solide.

Dans Slow News Day [1], Andi Watson évite intelligemment les clichés opposant Américains et Européens, pour se concentrer sur les caractères spécifiques de ses personnages. Le ballet que dansent Katharine et Owen est donc un mélange d’éléments de comédie (quelques-unes des péripéties sont plutôt tirées par les cheveux) et d’étude de caractères qui donnent toute sa saveur à ce conte moderne.

(par François Peneaud)

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[1Pour les non-anglophones, signalons que le titre signifie quelque chose comme « un jour sans nouvelle importante ».

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