Snikt ! - Tutsomu Nihei - Marvel France, Marvel Graphic Novel - Panini comics

13 mai 2004 0 commentaire
  • Un crossover décoiffant où l'auteur de "Blame" fait rentrer Wolverine dans son monde. Logan y est toutes griffes dehors : "Snikt" est le bruit que font ses lames pour sortir de ses poings-fourreaux. Vous ne lirez ce son qu'une fois.

Alors qu’il se faisait une petite promenade digestive dans New-York, Wolverine se fait aborder par une jeune fille, Fusa. Petit brin de conversation décousu : il est question de génocide et de dernier espoir... À peine Logan lui touche la main qu’il se retrouve téléporté dans un monde inconnu. Un univers en plein combat, sans pitié aucune, qu’il faudra débrouissailler à la griffe d’amadantium avant d’avoir une chance de pouvoir comprendre dans quel futur il est tombé.

SNIKT !

C’est une onomatopée caractéristique. Un bruit de 5 lettres, signature d’un personnage unique de la planète BD, l’un des super-héros du comics des plus mystérieux et des mieux travaillés : le mutant Wolverine. Et ce bruit, c’est celui de ses griffes d’adamantium qui quittent son avant-bras pour surgir littéralement de son poignet en taillant la peau. Une grosse douleur qui souvent le rend littéralement fou-furieux (berserk), suivie d’une épidémie de charcutage pour les gros méchants en face.

Cauchemar d’architecte

Tutsomu Nihei est un mangaka atypique : Architecte de formation, il décide de se lancer seul dans la BD alors que la norme au Japon veut que tout dessinateur travaille avec une foule d’assistants dans son studio afin de tenir les démentielles cadences de publication.

Dès sa première série, il pond un chef-d’œuvre magnifique et cauchemardesque : un univers urbain devenu fou, une mégapole en ruine, cannibale, qui chasse de l’humain avec ses mortelles silicates. Un dernier combat qu’il illustre d’un trait jeté, texturé de hachures où les protagonistes et leurs corps biomécaniques luisent d’un noir suintant et leur visage d’une pâleur morbide. Ces spectres sont enveloppés dans les brumes de nanomachines qui leur donnent un air encore plus surnaturel.

Blame (traduit et édité en Français chez Glénat, collection poche manga) est une série angoissante, crispante, dans la vague post-apo nipponne (comme dans les mangas Dragon Head, Spirale, la série Serial Experiments Lain et le premier film Ring). Des mondes tellement extrèmes qu’ils obligent les protagonistes à ne vivre que par leurs instincts. Sans être sûrs d’être encore vivants.

Crossover exceptionnel

L’escapade du dessinateur chez un éditeur américain lui permet de tâter de la couleur (hélas, pas parfaitement réussie, certains tons dénotent dans l’univers monochrome de Nihei). Lors de son passage au Festival d’Angoulême, il nous confiait qu’il était surpris de l’incroyable geste que lui permet Marvel : Faire balader un de leurs personnages dans sa série. Crossover rarissime dans l’industrie mainstream américaine. Mais pour ne pas trop dévoiler l’univers de sa propre série, Nihei a la politesse d’y faire des modifications subtiles.

Snikt ! est un choc. Tutsomu Nihei risque bien d’imprimer sa marque sur Logan, comme a pu le faire un certain Frank Miller...

(par Xavier Mouton-Dubosc)

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