Spider-Man 3 : Le rouge et le noir

30 avril 2007 0 commentaire
  • Avec son troisième Spider-Man, Sam Raimi doit tenter d’égaler, sinon de dépasser, les scores mirifiques des deux premiers opus. Il le fait déjà, en terme de budget, le plus important jamais consacré à un film à Hollywood. Reste l’effet de surprise ménagé au spectateur, condition nécessaire pour relancer la machine. Pour cela, les scénaristes sont allés chercher le « côté obscur de la force » du personnage.

Spider-Man, inventé par Jack Kirby, puis imaginé par Stan Lee et Steve Ditko en 1962, a été , avec quelques-unes des autres créations de Stan Lee pendant cette période : Fantastic Four, les X-Men, Hulk, Thor, Iron-Man,…, une providence pour relancer une industrie du comic-book quelque peu essoufflée dans les années soixante. L’originalité du comic-book Spider-Man est qu’il s’appuie sur une définition du personnage qui correspond parfaitement, est-ce une intuition, est-ce un hasard ?, aux préoccupations des adolescents américains de son époque, mal dans leur peau, maladroit avec les filles, traînant leur spleen dans les campus. A cela s’ajoute une inquiétude vis-à-vis du progrès scientifique qui n’était pas présente chez les fondateurs de la geste super-héroïque qui avait accouché de Batman et de Superman : les super-pouvoirs du jeune Peter Parker, 16 ans, lui sont inoculés par une araignée radioactive !

Avec les ans, les scénarios épousent fidèlement les événements qui secouent la société américaine dans les années 70 et 80. Ils prennent le lecteur à témoin : la guerre du Vietnam, le combat pour les droits civiques, la drogue, la cause des femmes… sont des sujets désormais traités sans trop de tabou, en dépit d’un Comic Code qui mentionne clairement qu’ils sont interdits. Il est impossible de résumer ici les 40 ans de la carrière de Spider-Man mais ce troisième scénario habille notre jeune héros d’un costume noir qui n’est autre qu’un symbiote extraterrestre qui parasite l’humain qui le porte.

Spider-Man 3 : Le rouge et le noir
Spider-Man 3 : Le super-héros rouge rencontre son double maléfique
© Gaumont Columbia Tristar Films

Dans cet épisode, Sam Raimi sort Peter Parker de sa gangue d’adolescent empoté. Une série d’événements vont lui apprendre à être de plus en plus adulte, ce qui n’est pas pour déplaire à sa fiancée. Là encore, on retrouve un des ressorts symboliques de la série : le mal-être de l’enfant en train de grandir, son entrée dans l’âge adulte. La sexualité joue son rôle, bien entendu. Certes, Peter Parker a enfin une « relation » avec sa fiancée dans cet épisode, mais Spider-Man, quant à lui, se sent littéralement de plus en plus « mal dans sa peau ».

Sam Raimi compte sur un budget record pour atteindre, sinon dépasser les profits mirifiques des films précédents, lesquels ont engendré 821 M$ de recette pour le premier épisode, pour un investissement de 139M$, et 784 M$ pour le second, pour un investissement de 200 M$. Avec cette fois une mise de 258m$ sur la table de poker, le plus important jamais réalisé dans le cinéma mondial, il va falloir que Spider-Man abatte un sacré jeu. Les acteurs sont les mêmes que ceux qui ont entamé la saga il y a cinq ans. On ne change pas une équipe qui gagne. Ils affrontent cependant un brelan de trois « méchants » redoutables. Sacrée manche ! Le match retour est d’ores et déjà programmé puisque les producteurs annoncent qu’un quatrième film est en cours de développement.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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Dans toutes les salles en France à partir du 1er mai 2007.

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