Newsletter ActuaBD

Spider-Man fête ses 50 ans (3/4) : De John Romita Senior à Todd Mcfarlane... La vie tourmentée de Spidey

  • À la suite de Steve Ditko, John Romita Senior reprit les aventures de Spider-Man, prolongeant le mythe. Derrière lui, Gil Kane ou encore Todd McFarlane le portèrent à des sommets encore inexplorés.
Spider-Man fête ses 50 ans (3/4) : De John Romita Senior à Todd Mcfarlane... La vie tourmentée de Spidey
L’intégrale Spider-Man T6
Ed. Panini

Il y eut, comme souvent dans l’exploitation des super-héros, des dizaines de dessinateurs qui prirent en charge les aventures du tisseur de toile pendant les cinq décennies de son existence. Nous en retiendrons trois qui, pour des raisons diverses, ont marqué son existence. Libre à nos lecteurs de signaler les autres grands animateurs de Spidey.

- John Romita Senior. Doté d’une solide expérience dans les comics sentimentaux qui connurent un véritable âge d’or dans les années 1950-1960, Romita Sr fit ses armes en encrant le solide dessin de Jack Kirby et fut amené à reprendre la série juste après Ditko. il s’appliqua à lui rester fidèle pendant quelques numéros mais très vite, il déploya son talent dans l’animation de personnages féminins, en particulier l’inoubliable Mary Jane, la petite amie de Peter Parker, grâce à laquelle il s’employa à creuser le caractère sentimental du jeune arachnide, jusqu’ici confronté à une pléiade de super-vilains aux profils un peu répétitifs. Ce coup de neuf relança complètement l’intérêt du public pour la série. Le propre fils de John Romita Sr, John Romita Junior assura plus tard le dessin de la série, conquérant à son tour le cœur des fans.

Le dessin sobre et efficace de John Romita Sr sut cependant introduire une once de romance dans les aventures "hard boiled" du tisseur de toile
L’Intégrale Spider-Man T6
Ed. Panini

- Gil Kane. Succédant à John Romita Sr au début des années 1970, ce dessinateur au trait souple et séduisant a marqué l’histoire de Spider-Man et de la même façon celle du comic book en proposant en 1971 trois épisodes (The Amazing Spider-Man #96 à #98) bravant un interdit majeur imposé par le Comics Code Authority, cette commission de censure éditoriale qui garantissait la moralité des BD vis-à-vis des pouvoirs publics : la représentation de la drogue dans une BD.

Les auteurs avaient des arguments à faire valoir : ces histoires étaient basées sur les actions de prévention anti-drogue initiées par le gouvernement de l’époque. En conséquence de quoi, pour la première fois depuis 1954, un éditeur s’abstint de faire apparaître le fameux timbre du CCA sur une de ses publications. L’accueil du public fut triomphal : les ventes de Spider-Man s’envolèrent aussitôt.

Cet épisode marque donc un tournant dans l’histoire de l’industrie car les éditeurs commencèrent à résister aux oukases du CCA, jusqu’à l’abandonner ces dernières années.

Il conforte une ouverture à un certain nombre de thématiques qui étaient soigneusement écartées jusqu’ici : les questions raciales et/ou politiques, de même que certaines revendications sociétales comme l’homosexualité par exemple.

Spider-Man par Gil Kane. Avec ce dessinateur, les thèmes devinrent plus sociétaux, jusqu’à braver la censure de la Comics Code Authority

- Todd McFarlane. Le flamboyant dessinateur canadien a marqué l’histoire de Spider-Man en lui conférant un je-ne-sais-quoi de plus arachnéen que ses prédécesseurs, en particulier dans les épisodes qu’il dessina et scénarisa lui même. Impulsant une atmosphère morbide et crépusculaire qu’il développera plus tard dans Spawn, il reste celui qui réussit à porter les ventes de l’Homme-araignée à des tirages atteignant jusqu’à 2,5 millions d’exemplaires par numéro. Même si ce succès est pour partie lié à une spéculation qui a complètement déstabilisé l’industrie du comics dans les années 1990, elles constituent un sommet inégalé à ce jour.

Le Spider-Man de Todd McFarlane suscita des ventes tellement extraordinaires que ce dessinateur put aller créer avec quelques-uns de ses collègues les plus notoires une nouvelle maison d’édition, Image Comics, sur la seule base de sa réputation.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

 
Participez à la discussion
5 Messages :
  • Il y a un dessinateur que je trouve marquant et mésestimé sur Spider-man c’est Ross Andru !Un dessinateur brillant "dans la ligne" et pourtant avec une vraie personnalité.Créateur graphique du Punisher et du sergent Rock -excusez du peu-

    Un de ceux qui ont donné une silhouette originale et particulière au tisseur de toile, avec cette manière tout de suite identifiable de bouger.Un dessinateur marquant incontestablement.Dessinateur également du Superman contre Spider-man de 1979.

    Sur le personnage de Spider-man,on se doit de citer immanquablement aussi Sal Buscema (frère de John et aussi mythique pour son passage sur le personnage Hulk)particulièrement après son changement de style qu’il avait modernisé ;et aussi John Byrne qui sur la série où Spider-man croisait un autre super-héros et affrontait le vilain du mois,a marqué le cœur de bien des lecteurs !

    Et tiens, puisque on parle de comics et pour rester dans un esprit, un peu étranger chez nous ;citons les encreurs marquants sur le personnage : Mike Esposito,Jim Mooney,et le controversé Al Milgrom.

    Ce sont des acteurs capitaux du monde des comics.On ne doit surtout pas mésestimer leur importance !

    Mac Farlane est connu pour un retour du personnage plus dans la veine Ditko ,avec une belle capacité à masquer ses approximations anatomiques et de dessin dans des effets de styles -les hachures entre autres- ce qui est la marque de fabrique de sa génération dîtes "Images Comics".Et surtout sa célèbre toile spaghetti.Il est aujourd’hui golden boy dans le toys.Pas le jouet pour dame,le modeste ne doit pas être loin de penser que sa personnalité capiteuse leur suffit:mais bien les figurines.

    Répondre à ce message

  • Pour moi, SpiderMan c’est resté pour toujours Romita Sr. Justement le côté romance, le trait classique fabuleusement maîtrisé, tout en retenu. Et les intrigues qui justement à cette époque prenaient un tour de plus en plus terre à terre. Je trouvais le mélange détonnant : ces super-vilains costumés et ces bastons épiques mêlées à des séquences dignes de "Juliette de mon coeur". Mais je n’oublie pas Gil Kane qui sut, tout en douceur et très intelligemment faire évoluer la série.

    Par contre je trouve que la contribution de Ditko, bien qu’historique, est très très loin en dessous des possibilités techniques et artistiques de ce créateur qui pourtant était à l’époque déjà en pleine maîtrise de son art. On sent le travail fait à la va-vite. J’ai exactement la même impression sur les premiers X-Men. Kirby avait aussi déjà des centaines et des centaines de pages derrière lui pourtant. Or ces 2 artistes créent des héros majeurs dans un style bien en dessous de leurs capacités et de leurs ambitions affichées. Cela me bluffe totalement, cette magie de se trouver au bon endroit au bon moment avec le bon "produit". Tout est synchronisé et parfait alors qu’ils ne travaillent qu’à 10% de leurs capacités. Grand Mystère !

    Répondre à ce message

    • Répondu par Michel Dartay le 19 août 2012 à  11:54 :

      Bonjour Alex. Je vous reponds de l`etranger, d `ou de nombreuses fautes. Quand Kirby et Lee ont cree les X-Men, ils ne s attendaient pas a ce que cela devienne une enorme franchise mondiale. Et la Marvel en 1963 etait en phase de recovery. Kirby qui dessinairt depuis plus de vingt ans, alignait sans faillir pas loin de cent pages par mois, donc il est normal que ses pages ne soient pas trop detaillees. Au fur et a mesure que Marvel eut du succes, il reduisit sa production, restant en general au rythme de soixante pages par mois (trois comics, donc)

      Répondre à ce message

      • Répondu par Alex le 22 août 2012 à  00:13 :

        J’en suis bien conscient Mr Dartay. Ce que je voulais dire c’est que Kirby depuis ses débuts a été un dessinateur puissant et productif (très productif) mais pas particulièrement virtuose. En 63 il travaillait pourtant bien en-dessous de ses "faibles" capacités (j’assume ces mots mais le temps me manque pour développer). Il y a une énorme différence entre "King Kirby" et les X-Men. Une période charnière ? Que sais-je... Mais en fait, pour revenir au sujet, je voulais dire que sur ces personnages Ditko ou Kirby travaillaient bien en-dessous de leurs capacités : Golden ou Silver-Age. Vu le succès encontré c’est assez confondant...

        Répondre à ce message

  • Je me permets de signaler, entre Kane et Mac Farlane, les travaux de Ross Andru et Keith Pollard.
    Ces deux dessinateurs passent souvent à la trappe principalement car ils ont péché par excès de modestie mais en aucun cas par absence de talent.
    Je n’ ai hélas pas la capacité de concision dont vous faites preuve pour résumer leurs prestations mais, au moins Andru, mériterait quelques lignes pour avoir, avec Gerry Conway, été à l’ origine de ce que l’on a appelé plus tard la saga des clones.

    Répondre à ce message

Newsletter ActuaBD