Spirou Hebdo perd son rédacteur en chef

1er novembre 2007 13 commentaires
  • Nous apprenons le départ d’ {{Olivier Van Vaerenbergh}} de la rédaction de {Spirou Hebdo}. Celui-ci avait intégré le journal peu de temps après la démission de [Thierry Tinlot->1828], en tant qu’adjoint de {{Patrick Pinchart}}, alors rédacteur en chef.

Olivier Van Vaerenbergh, qui s’était fait remarquer auparavant dans les pages du quotidien belge Le Soir, puis de l’éphémère Pepper Plug, prit les rennes du journal quelques mois plus tard. Il n’a eu de cesse d’en conserver le côté expérimental. Pendant deux ans, le rédacteur en chef réussit à fédérer une équipe et à insuffler un « esprit Spirou » en organisant avec les auteurs de nombreux brainstormings sur l’évolution du journal.

Au fil des mois, Olivier Van Vaerenbergh avait proposé bon nombre de numéros originaux, comme les Spirou internationaux de l’été 2006, ou plus récemment des numéros entiers consacré à la lutte contre le racisme ou en faveur de l’écologie.

Même si Spirou se défendait bien dans le contexte difficile du marché des magazines pour la jeunesse, il semble que les ventes n’aient jamais atteint les chiffres escomptés par l’actionnaire Média-Participations, du moins ceux qui avaient été promis par l’ancienne direction de Dupuis lors de la refonte du journal en janvier 2006.

D’après nos informations, la direction de l’hebdomadaire sera assumée par un trio : Le propre directeur éditorial de Dupuis, Sergio Honorez, son adjoint, Benoît Fripiat et l’éditeur Frédéric Niffle, ce dernier effectuant depuis quelques mois une mission d’analyse et de réflexion sur certaines activités des éditions Dupuis, notamment celle concernant le journal de Spirou.

La direction de Dupuis entérine une nouvelle organisation, semble-t-il dans le but d’obtenir une meilleure réactivité entre les équipes belges et françaises. Un espace destiné à la rédaction de Spirou devrait s’ouvrir à Bruxelles. On imagine qu’il sera situé dans le « Building Tintin » de l’avenue Paul-Henri Spaak, à deux pas de la gare du Midi. La proximité avec les auteurs bruxellois, et français -via le Thalys- permettrait à la rédaction d’être encore plus un organe d’ouverture et d’échange. Si tel est le cas, ironie du sort, elle devrait œuvrer sur le lieu même où fut édité jadis le journal de Tintin, aujourd’hui disparu.

Cette décision, par sa volonté de rapprocher Marcinelle des autres entités du groupe Média-Participations, marque un développement inédit dans la stratégie des éditions Dupuis qui s’apprêtent à fêter les 70 ans de l’hebdomadaire dans la bonne humeur en avril 2008. Au prix d’un profond bouleversement, un de plus !

Spirou Hebdo perd son rédacteur en chef
Sergio Honorez et Olivier Van Vaerenbergh aux 60 ans du Lombard en septembre 2006. Le premier n’était pas encore le patron du second.
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD).

(par Nicolas Anspach)

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Photo en médaillon (c) Nicolas Anspach

 
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13 Messages :
  • Spirou Hebdo perd son rédacteur en chef
    1er novembre 2007 10:14

    je ne suis plus le nombre de "réorganisations" chez Dupuis... Il se sont vraiment plantés à ce point il y a deux ans ??
    Je serais curieux de connaître les ventes du journal.

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    • Répondu par m.h le 1er novembre 2007 à  14:39 :

      Les chiffres de tirage et diffusion CIM (Belgique) et OJD (France) sont communiqués au public (déclarations sur l’honneur pour les chiffres les plus récents) : Sur un an (2eme tri 06-07) le journal a perdu plus de 2000 abonnés et près de 2500 ventes en librairies (pour un petit tirage de 30.000).
      En France, le tirage avait beaucoup augmenté suite aux nouvelles orientations du journal, mais la diffusion payée (kiosques et abonnés) n’a pas suivi (30.000 exemplaires en plus pour... 3000 nouveaux lecteurs séduits). Depuis, le tirage à de nouveau baissé (beaucoup) et les ventes avec...

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      • Répondu par horto le 2 novembre 2007 à  08:30 :

        merci pour ces infos très intéressantes.
        Malgré tout le bien que je pense d’OVV, je peux aussi comprendre la direction qui doit faire quelque chose pour relancer l’hebdo, s’ils croient en ce support.

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      • Répondu par danielsansespace le 5 novembre 2007 à  15:20 :

        Spirou a toujours été un journal difficile à trouver en France. Déjà quand j’étais petit, il y a 30 ans, je le faisais acheter par un copain à l’autre bout de ma ville. La situation est pire maintenant, je me souviens l’année passée avoir raté un numéro en kiosque malgré de nombreuses recherches sur plusieurs villes. Mais c’est pareil pour la diffusion même des albums Spirou (la série Spirou) : la semaine dernière je n’en ai pas trouvé un seul à Carrefour. C’est assez inimaginable (il n’y avait que les Petits Spirou, mais pas les grands...).

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      • Répondu par Vanva le 9 novembre 2007 à  18:58 :

        Pour pouvoir vendre un produit, la majorité des entreprises mettent en place des plans marketing, une campagne publicitaire en lien avec sa stratégie. Quelle a été la stratégie de communication de vente de Spirou ? Quels sont les moyens que la Direction a mis en place ? il est facile de reprocher à un produit de ne pas être bon parce qu’il ne se vend pas... Se reprocher de s’être planté dans son plan marketing est évidemment plus difficile pour une Direction...
        Frangin, tu as fait un super boulot, avec les moyens du bord, dans l’esprit spirou des origines. Quand je relis ton mémoire, les anciens rédac en chef auraient été fiers de toi (pas tous mais quelques uns lol). Jta

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  • Spirou Hebdo perd son rédacteur en chef
    2 novembre 2007 11:34, par Hum...

    Niffle, brillant explorateur de l’histoire de la BD belgo-belge ! Peut-il apporter un sens à un hebdo jeunesse, laquelle jeunesse est abreuvée de culture mondialisée ? Ca sonne comme une erreur de casting. A moins qu’il ne soit là que pour rassurer les amateurs d’archives poussiéreuses...

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    • Répondu par RLancelot le 2 novembre 2007 à  12:41 :

      Olivier,
      bonne chance pour la suite.

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  • à quand un magazine Spirou qui ouvrira ses colonnes aux productions des autres labels de la maison ? (Lombard, dargaud)....l’indépendance éditoriale est une chose, certes, mais en ces temps difficiles pour les nouveautés qui ont du mal à trouver leur public, n’est-ce pas une idée raisonnable ?

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    • Répondu le 3 novembre 2007 à  01:31 :

      En voilà une idée stupide. Spirou est forcément intimement lié aux productions Dupuis. Il permet certes de prépublier un certain nombre d’albums mais c’est aussi surtout un support rare et essentiel qui permet de créer des rubriques, des strips et des histoires de quelques pages qui ne seront pas repris par la suite sous une autre forme. C’est un moyen formidable pour les jeunes auteurs de se "faire la main" ou pour les auteurs "confirmés" de s’essayer à autre chose de manière courte et ponctuelle.Balancer dans ce magazine la production d’autres maisons d’éditions le transformera en un catalogue de prépublication terne et dénué d’intérêt. J’apprécie les albums de Dargaud ou du Lombard, mais je ne vois pas l’intérêt de les inclure dans Spirou... A charge de ces éditeurs de créer le support nécessaire à la visibilité de leur catalogue.

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      • Répondu par Balthazar le 3 novembre 2007 à  10:34 :

        Bien d’accord. Je remercie d’ailleurs publiquement Olivier d’avoir été le premier à m’avoir fait confiance et à me permettre de me "faire les dents" et la plume sur des histoires courtes.

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      • Répondu le 6 décembre 2007 à  21:00 :

        pourquoi pas en augmentant le nombre de pages ?

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  • Spirou Hebdo perd son rédacteur en chef
    6 décembre 2007 18:28, par Sebouille

    On assiste de plus en plus chez Dupuis à une mise en place qui ressemble plus à du copinage qu’à un réel désir de rebooster le magazine...
    Depuis le départ de Claude Gendrot à la direction éditorale, tout se barre en couille... Il est temps que Media-Participations se ressaisisse et tienne ses engagements.

    C’est un héritage de 70 ans qu’on assassine impunément.

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    • Répondu le 6 décembre 2007 à  22:59 :

      à sébouille : pouvez-vous développer ? ce n’est pas très clair...

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